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Études prospectives hydrologie, climat et eau potable

Bassin concerné

La démarche portée par l’EPTB Vienne couvre l’ensemble du bassin versant de la Vienne, incluant ses principaux sous-bassins tels que le Clain, la Creuse, la Vienne ou la Vienne Tourangelle, dans le périmètre Loire-Bretagne.

Enjeux

Les travaux conduits par l’EPTB Vienne mettent en évidence plusieurs défis structurants pour le territoire. Le premier concerne la sécurisation durable de la ressource en eau face à la hausse des températures et à l’augmentation de l’évapotranspiration, dans un contexte de précipitations qui n’augmente pas de manière significative. Le second enjeu porte sur la densité très importante des plans d’eau sur le bassin, dont l’impact cumulé renforce les phénomènes d’évaporation et fragilise les équilibres hydrologiques naturels. Enfin, l’augmentation des demandes en eau, liée aux usages domestiques, agricoles et industriels, impose une réflexion collective sur la hiérarchisation des usages et l’adaptation des modes de consommation.

Articulation avec la planification et les politiques territoriales

Les résultats issus de la prospective et des études HMUC alimentent directement la stratégie d’adaptation de l’EPTB Vienne, les SAGE, ainsi que les documents de planification territoriale tels que les PLU et les politiques intercommunales de l’eau. En 2024, l’EPTB a publié un guide d’adaptation au changement climatique à destination des collectivités, visant à traduire les diagnostics en actions concrètes : sobriété, gestion des milieux, aménagement du territoire, protection des captages, organisation de la gestion de crise.

Valeur ajoutée de l’approche bassin

Le portage à l’échelle du bassin constitue un choix stratégique fort. Il permet d’intégrer les solidarités amont-aval, d’éviter des réponses strictement locales à des problématiques globales, et de construire une vision partagée de la ressource. L’EPTB Vienne joue ainsi un rôle d’ensemblier, en mutualisant les connaissances, en structurant le dialogue entre acteurs et en donnant de la lisibilité aux décisions à prendre pour faire face aux défis climatiques.

Déroulé et gouvernance

L’EPTB Vienne est le maître d’ouvrage de cette démarche prospective, réalisée dans le cadre du projet LIFE Eau&Climat avec l’appui d’un bureau d’études spécialisé. La gouvernance repose sur une mobilisation large des collectivités, des services de l’État, des gestionnaires de réseaux, des acteurs socio-économiques et des usagers afin de garantir l’appropriation des résultats et leur traduction dans les politiques publiques locales. Cette logique de partenariat permet d’inscrire les connaissances produites dans une dynamique opérationnelle, directement utilisable par les communes et les intercommunalités.

Une stratégie structurée dès 2019

Dès 2019, l’EPTB Vienne a formalisé une stratégie d’adaptation au changement climatique fondée sur une double ambition : renforcer la connaissance scientifique et accompagner le passage à l’action. Cette stratégie repose d’une part sur le développement d’études prospectives territoriales capables de qualifier les évolutions à venir du climat et de la ressource, et d’autre part sur le déploiement d’actions concrètes sur le terrain, notamment en matière d’économies d’eau, de préservation des milieux et d’accompagnement des collectivités.

L’étude prospective menée entre 2021 et 2022 s’applique à l’ensemble de ce territoire afin d’analyser les impacts du changement climatique sur la ressource en eau, en intégrant à la fois les évolutions climatiques, hydrologiques, piézométriques, les usages et le fonctionnement des milieux aquatiques. L’objectif est d’anticiper les tensions à venir sur la ressource, en particulier pour l’alimentation en eau potable, dans un contexte de changement global affectant durablement les équilibres naturels.

Résultats

L’étude prospective conduite entre 2021 et 2022 a permis d’analyser l’évolution passée des températures, des précipitations et de l’évapotranspiration, de modéliser les dynamiques hydrologiques futures et d’évaluer la vulnérabilité des nappes et des cours d’eau face au changement climatique. Les résultats montrent une augmentation moyenne des températures de près de +1,9°C depuis les années 1950, avec une augmentation projetée d’environ +2°C à l’horizon 2050. Dans certains secteurs, en particulier en tête de bassin, les simulations hydrologiques font apparaître des baisses potentielles de débits pouvant atteindre jusqu’à 50 %, entraînant un risque accru de tension sur la ressource, aussi bien pour les usages humains que pour les milieux aquatiques.

Afin de rendre ces résultats accessibles, l’EPTB Vienne a produit 22 fiches synthétiques permettant aux élus et techniciens de s’approprier les enjeux liés à la ressource en eau dans un contexte de réchauffement climatique. Ces supports pédagogiques constituent désormais un socle commun de compréhension à l’échelle du bassin.

Les études HMUC : déclinaison territoriale et opérationnelle de la prospective

En parallèle de cette étude globale, l’EPTB Vienne déploie des études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) à l’échelle de plusieurs sous-bassins, dont le bassin du Clain. Menée entre 2019 et 2024, cette étude spécifique a mobilisé plus de 30 partenaires autour d’un objectif commun : caractériser les ressources disponibles, analyser les usages et définir des règles de gestion partagées.

Sur le bassin du Clain, l’étude HMUC a permis d’objectiver les déséquilibres existants, d’établir des volumes prélevables compatibles avec la préservation des milieux aquatiques et de définir des seuils de gestion adaptés aux situations de tension. Les résultats constituent aujourd’hui la base technique des futures orientations du SAGE Clain, en structurant à la fois la gestion de long terme et les dispositifs de gestion de crise. Les résultats obtenus constituent un appui direct pour adapter la gestion de l’eau et améliorer la résilience du bassin, avec plusieurs bénéfices immédiats :

  • Définition de volumes prélevables compatibles avec le maintien des milieux aquatiques.
  • Proposition de seuils de gestion de crise (sécheresse) pour anticiper les situations tendues.
  • Meilleure connaissance des usages : répartition des prélèvements entre AEP, irrigation, industrie, etc.
  • Identification des lacunes de connaissances : hydrologiques, pression usages, suivi piézométrique.
  • Outil de gouvernance : la base technique issue de l’étude servira à orienter les décisions du SAGE Clain et des CLE.

Enseignements

La démarche prospective menée par l’EPTB Vienne dote le territoire d’un socle scientifique robuste pour éclairer la décision publique. En objectivant les évolutions futures du climat, de l’hydrologie et des usages, elle renforce la capacité collective à anticiper les crises, à planifier les usages et à préserver les milieux aquatiques. Elle marque un changement de posture majeur : passer d’une gestion fondée sur l’urgence à une stratégie de résilience de long terme, indispensable pour sécuriser durablement l’alimentation en eau potable et préserver la ressource pour les générations futures.

Les travaux conduits dans le cadre des études HMUC montrent que seule une approche intégrée, combinant hydrologie, milieux, usages et climat, permet de comprendre finement les mécanismes à l’œuvre et d’identifier les leviers d’action pertinents. La croisée des volets scientifiques offre une lecture globale des tensions et permet d’éviter des décisions sectorielles déconnectées de la réalité hydrologique.

La large association des acteurs du territoire (collectivités, services de l’État, usagers) constitue un facteur clé de réussite. Elle renforce la légitimité des analyses, favorise l’appropriation des résultats et facilite leur traduction dans les politiques locales. Cette gouvernance partagée est déterminante pour construire des trajectoires d’adaptation acceptées et réalistes.

Enfin, la définition de volumes prélevables et de seuils de gestion constitue un outil structurant pour la gouvernance de l’eau. Elle permet d’anticiper les situations de tension, d’organiser la répartition des usages sur des bases objectivées et de passer d’une gestion réactive à une gestion préventive et structurée, capable d’intégrer les incertitudes climatiques dans la planification territoriale.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Sources

« Le projet LIFE Eau&Climat » : page de description de l’étude prospective du bassin de la Vienne sur le site EPTB Vienne :https://eptb-vienne.fr/ameliorer-la-connaissance

 « Stratégie d’adaptation au changement climatique » : présentation de la stratégie d’EPTB Vienne (réchauffement observé, baisse des débits, piliers d’action) :https://eptb-vienne.fr/adaptation-au-changement-climatique

Le guide « Ressources en eau et changement climatique : solutions d’adaptation » (2024), destiné aux communes et intercommunalités du bassin de la Vienne. https://eptb-vienne.fr/wp-content/uploads/2024/02/Guide-adaptation-chgt-climatique_web-150dpi.pdf

Rapport / fiche « Scénario tendanciel » (2024) : document de modélisation des effets du changement climatique sur le bassin de la Vienne (hausse des températures, projections, etc.) https://eptb-vienne.fr/wp-content/uploads/2024/02/Scenario_tendanciel_VF.pdf

Information relative aux études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) : rapport du bassin du Clain, pour la connaissance fine du fonctionnement hydro-géologique, des usages, des milieux et des projections climatiques.https://www.vienne.gouv.fr/Actualites/Le-rapport-HMUC-Hydrologie-Milieux-Usages-Climat-du-bassin-du-Clain

Page “Actions opérationnelles” de l’EPTB Vienne : mention des services d’accompagnement à la sobriété de l’eau, guides économies d’eau, adaptation, etc.https://eptb-vienne.fr/actions-operationnelles

Actualité “Vidéo didactique de l’EPTB Vienne révélant l’impact quantitatif des plans d’eau sur la ressource en eau”, met en lumière la pression des plans d’eau sur la ressource (près de 24 500 plans d’eau recensés) et les enjeux associés. https://www.gesteau.fr/actualite/video-didactique-de-leptb-vienne-revelant-limpact-quantitatif-des-plans-deau-sur-la

Annonce des séminaires “Changement climatique et ressource en eau sur le bassin de la Vienne” (2021, 2022, 2024) comme temps de restitution et de diffusion des connaissances auprès des acteurs du territoire. https://eptb-vienne.fr/seminaires-eau-et-climat

Article sur le projet global LIFE Eau&Climat : guide d’analyse et de recommandations à l’échelle nationale, montrant le cadre institutionnel plus large dont l’étude du bassin fait partie. https://www.oieau.org/actualites/projet-life-eau-climat-mobilisation-des-acteurs-publication-d-un-guide-d-analyse-et-de-recommandations

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Le Pôle Érosion de l’AMEVA : une mission mutualisée pour maîtriser le ruissellement et lutter contre l’érosion des sols

Infos, chiffres clés

  • 82 sous bassins expertisés représentant 54 000 ha à aménager
  • Près de 5000 ouvrages d’hydrauliques douce programmés (haies, fascines, bandes enherbées)

Soutiens

Agence de l’Eau, FEDER, FPRNM

Enjeux et contexte

Le territoire est régulièrement exposé à des épisodes de ruissellement et de coulées de boue, dont la gestion s’avère particulièrement complexe. Les collectivités peinent à agir seules sur un phénomène qui combine à la fois des enjeux hydrauliques, des activités agricoles à forte valeur ajoutée et des contraintes réglementaires. Cette situation rend indispensable un accompagnement structuré, mutualisé et cohérent à l’échelle des bassins versants afin d’apporter une réponse efficace et partagée.

Face à ce constat, l’objectif porté par l’EPTB est de lutter durablement contre le ruissellement et l’érosion des sols en intervenant à des échelles hydrographiques cohérentes, grâce à une expertise mutualisée combinant hydraulique et agronomie. La démarche vise également à accompagner les collectivités dans la conception et le pilotage de leurs programmes, tout en adaptant les stratégies aux effets du changement climatique et à l’intensification des pluies extrêmes. Elle repose enfin sur une meilleure adhésion des propriétaires et des exploitants agricoles, condition essentielle pour assurer l’efficacité et la pérennité des aménagements.

Déroulé, gouvernance et méthode

Mis en place en 2017, le Pôle Érosion repose sur une coopération étroite entre l’AMEVA et SOMEA, permettant d’articuler expertise hydraulique et agronomique au service des collectivités. Le dispositif s’appuie sur un fonctionnement partagé, où l’EPTB pilote l’animation de bassin versant, la coordination des études et l’accompagnement réglementaire, tandis que SOMEA intervient auprès des exploitants pour travailler sur les pratiques agricoles et la mise en place de mesures agronomiques, levier indispensable pour réduire durablement le ruissellement.

Cette gouvernance partagée, structurée autour d’un comité de pilotage réunissant financeurs, partenaires techniques et services de l’État (DDTM, Agence de l’eau…), permet d’assurer une cohérence des actions menées et d’ajuster en continu la stratégie d’intervention selon les enjeux du territoire.

A partir de 2023, le dispositif vise à renforcer son efficacité en engageant une concertation plus précoce avec les agriculteurs, afin de co-construire les programmes et favoriser leur adhésion. Il s’appuie également sur des animations agricoles ciblées sur les bassins prioritaires pour encourager l’évolution des pratiques agronomiques, ainsi que sur une nouvelle priorisation des territoires où le ruissellement impacte fortement les milieux aquatiques. Enfin, il accompagne les collectivités dans l’entretien régulier des ouvrages existants, indispensable pour garantir leur bon fonctionnement.

  • AMEVA (EPTB Somme) : expertise hydraulique, animation territoriale, suivi des ouvrages.
  • SOMEA : expertise agronomique, accompagnement des exploitants, adaptation des pratiques agricoles.

Résultats & impacts

Le Pôle Érosion produit aujourd’hui des résultats concrets et mesurables à l’échelle du bassin. En 2023, 18 programmes sont suivis, couvrant près de 55 000 hectares, ce qui témoigne de l’ampleur de la démarche et de la montée en puissance progressive du dispositif. L’accompagnement a permis l’émergence de maîtrises d’ouvrage publiques désormais actives sur les deux tiers du bassin, condition essentielle pour agir efficacement et durablement à l’échelle des versants.

Cette structuration renforce la cohérence territoriale des interventions et améliore la capacité des collectivités comme des exploitants à comprendre, prévenir et gérer le ruissellement. Le travail étroit mené avec la DDTM contribue également à optimiser les procédures réglementaires, facilitant l’instruction et la mise en œuvre des projets. Par ailleurs, l’entretien régulier et accompagné des ouvrages (noues, fossés, bassins) garantit une meilleure efficacité hydraulique et prolonge la durée de vie des aménagements. Enfin, la nouvelle priorisation des actions engagée avec l’Agence de l’eau permet de concentrer les efforts sur les bassins versants où le ruissellement impacte le plus fortement les milieux aquatiques, renforçant ainsi la portée environnementale du dispositif.

Enseignements

  • La mutualisation AMEVA–SOMEA est un levier essentiel pour agir efficacement sur un phénomène multi-facteur, qui impacte les biens et les personnes (près d’une commune sur deux ayant fait l’objet d’un arrêté CATNAT), mais aussi la fonctionnalité des milieux aquatiques ainsi que le capital sol
  • L’adhésion agricole est une condition clé de réussite : d’où la nécessité d’une concertation plus précoce.
  • Le changement climatique impose de renforcer continuellement animation, priorisation et entretien.
  • Le Pôle Érosion devient progressivement un outil structurant de gestion du territoire, au croisement de l’hydraulique, de l’agriculture et de l’environnement.
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Pour en savoir plus :
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Le bassin de la Somme, un territoire d'eau

EPTB Somme – La préservation de la ressource en eau au travers d’outils mutualisés 

Infos clés

  • Sur le bassin versant de la Somme, 370 captages pour l’eau potable sont exploités.
  • 169 services assurent la production et distribution de l’eau potable, via des communes, syndicats ou intercommunalités.
  • L’EPTB intervient également sur l’assainissement : en 2025, 194 communes sont assainies collectivement par 107 stations d’épuration, couvrant environ 426 500 habitants – soit 75 % de la population du département.
  • L’assistance technique départementale (eau potable & assainissement) fait l’objet d’un budget annexe dont les dépenses représentent environ 430 000 €/an, pour l’accompagnement de 70 stations d’épuration et de tous les captages d4eau potable.

Enjeux et contexte

Le travail mené par l’EPTB vise à répondre à plusieurs enjeux majeurs :

  • Assurer une eau potable de qualité et en quantité suffisante pour tous les usagers du bassin, face à des pressions croissantes sur la ressource (pollutions diffuses agricoles ou urbaines, fuites, dysfonctionnements d’assainissement, fragilité des captages) face au changement climatique et 0 l4augmentation des prélèvements agricoles.
  • Préserver les nappes souterraines (notamment nappe de la Craie) alimentant exclusivement l’alimentation en eau potable.
  • Réduire les pollutions (nitrates, pesticides, micropolluants) et éviter un recours excessif aux traitements coûteux, en agissant à la source – notamment via la restauration ou la protection des zones d’alimentation des captages.
  • Maintenir et restaurer le bon état des milieux aquatiques (cours d’eau, zones humides), essentiels à la régulation naturelle, à la biodiversité, à la qualité de l’eau, mais aussi à la résilience du territoire face aux aléas climatiques.
  • Garantir la cohérence d’ensemble des politiques d’eau, d’assainissement, de milieux aquatiques et de prévention des inondations, en évitant les actions isolées et fragmentées.

En somme, le projet cherche à répondre à un besoin de gestion durable, intégrée et solidaire de l’eau, face à des défis de qualité, de quantité, de pression anthropique et de changement climatique.

L’action de l’EPTB s’inscrit dans les schémas de planification à l’échelle du bassin versant, via les SAGE Haute Somme et SAGE Somme aval et Cours d’eau côtiers , qui couvrent l’ensemble du bassin versant. Ces documents-orientations, mis en œuvre respectivement depuis 2017 et 2019, définissent les priorités en matière de gestion de la ressource en eau, de préservation des milieux et de sécurité de l’alimentation en eau potable.

Le portage par un syndicat de bassin comme l’EPTB Somme – AMEVA présente plusieurs atouts : il permet une vision globale et cohérente du territoire (amont-aval, rural-urbain, captages-milieux naturels), de mutualiser les compétences et les moyens, de diffuser l’expertise technique, juridique et administrative, et d’assurer une animation collective durable. Cela garantit que les actions ne restent pas isolées dans une commune ou un contexte, mais s’inscrivent dans un projet partagé, équilibré et solidaire pour l’ensemble du bassin.

Déroulé, gouvernance et méthode

Le travail de l’EPTB commence par un diagnostic global du territoire : identification des captages, des aires d’alimentation, des pressions potentielles (pollutions diffuses, usage des sols, fuites, etc.), bilan des services d’eau potable et d’assainissement, état des milieux aquatiques. Ce diagnostic est réalisé via le pôle eau potable / assainissement (SATEP), et en s’appuyant sur les données des collectivités, des exploitants, des agences de l’eau, du BRGM, etc.

Lorsque des captages sont identifiés en difficulté ou menacés, l’EPTB peut déclencher une démarche d’Opération de Reconquête de la Qualité de l’Eau (ORQUE). L’EPTB accompagne alors les collectivités dans la délimitation des aires d’alimentation, l’inventaire des pressions, la définition d’un plan d’actions (pratiques agricoles, traitements, restauration des milieux, zones tampons, etc.), l’animation de la concertation territoriale, et la mobilisation des partenaires (élus, agriculteurs, usagers, agences de l’eau, services de l’État).

Sur le plan de l’assainissement, l’EPTB apporte une assistance technique et administrative (AMO, ATD) pour concevoir, rénover ou améliorer les systèmes d’assainissement – collectif ou non collectif – en lien avec les collectivités locales. Cela contribue à limiter les rejets polluants, à sécuriser les captages, et à améliorer l’état des milieux aquatiques.

La gouvernance adoptée est collective et partagée : l’EPTB fédère collectivités, syndicats, EPCI, services publics, agences de l’eau, exploitants, usagers, et garantit la cohérence des actions à l’échelle du bassin, avec une coordination centralisée et des appuis techniques mutualisés.

Résultats et impacts

Le rôle de l’EPTB dans la préservation de la ressource en eau est essentiel et se situe à plusieurs niveaux :

  • La majorité des habitants de la Somme (environ 75 %) bénéficient d’un assainissement collectif performant, ce qui contribue à la qualité des eaux rejetées et à la préservation des milieux.
  • L’existence de 370 captages, exploités par 169 services d’eau potable, montre que l’infrastructure de distribution d’eau est dense, ce qui nécessite de sécuriser l’approvisionnement.
  • Par l’animation d’ORQUE et l’assistance technique, l’EPTB permet aux collectivités de prendre en main la protection et la gestion de leurs captages, anticipant les risques de pollution et réduisant la dépendance à des traitements lourds.
  • La restauration et l’entretien des cours d’eau et des zones humides, ainsi que la restauration de la continuité écologique, contribuent à maintenir les fonctions naturelles – recharge des nappes, régulation des écoulements, biodiversité —, favorisant la résilience du bassin face aux sécheresses, aux variations climatiques et aux crues.

Par ailleurs, le fait que l’EPTB assure une assistance mutualisée – technique, juridique, administrative – garantit un accompagnement professionnel, même pour des petites collectivités sans ressources propres, ce qui augmente l’équité d’accès à l’eau potable et à l’assainissement sur l’ensemble du territoire.

  • Contribution à la résilience du territoire face au changement climatique

Les actions de l’EPTB renforcent la résilience du bassin dans plusieurs dimensions. D’abord en sécurisant l’alimentation en eau potable – en protégeant les captages, en limitant les pollutions, en garantissant la maintenance des réseaux – l’EPTB anticipe les risques de raréfaction lors des épisodes de sécheresse ou de variations hydrologiques.

Ensuite, la restauration et la préservation des milieux aquatiques et humides maintiennent les services écosystémiques (recharge des nappes, régulation des crues, filtration naturelle, biodiversité), ce qui contribue à amortir les effets des extrêmes climatiques (inondations, sécheresses).

Enfin, la gouvernance globale et la planification via les SAGE permettent d’adapter les prélèvements, les usages, les renouvellements d’infrastructures et les pratiques agricoles ou urbaines selon l’évolution des contraintes climatiques, ce qui constitue un levier de long terme pour une gestion durable et équilibrée de l’eau.

Enseignements & perspectives

L’expérience de l’EPTB Somme – AMEVA montre l’intérêt d’une gouvernance de bassin coordonnée : mutualiser les compétences techniques, administratives et financières, c’est permettre aux collectivités, quelle que soit leur taille, d’accéder à des expertises, d’engager des diagnostics, des plans d’action, des concertations, et des travaux. Cela réduit les inégalités territoriales en matière d’eau potable et d’assainissement.

Le modèle d’ORQUE – articulation entre diagnostic, concertation, planification et action – apparaît efficace pour prévenir les pollutions diffuses, protéger les captages et réduire les besoins de traitement. Cela souligne l’importance de l’anticipation et de l’action collective

En savoir plus
Isère Amont

Le Projet Isère amont, une démarche intégrée à l’échelle du bassin versant

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet « Isère amont » concerne la vallée de l’Isère située entre Pontcharra et Grenoble, à l’aval du Grésivaudan, dans le département de l’Isère. Il s’inscrit sur le linéaire de la rivière Isère avant son entrée dans l’agglomération grenobloise. Ce secteur constitue un point sensible du bassin versant, historiquement exposé aux crues majeures de l’Isère et fortement artificialisé par des ouvrages de protection successifs depuis le XIXe siècle.

Structures concernées

Le projet est porté par le SYMBHI, syndicat mixte compétent en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations à sur 40% du bassin versant de l’Isère. Il bénéficie du soutien financier de l’État et de l’Agence de l’eau dans le cadre d’un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). De nombreuses collectivités locales (communes et intercommunalités), les services de l’État, le Département de l’Isère, la Chambre d’agriculture de l’Isère ainsi que plusieurs partenaires scientifiques sont associés à la mise en œuvre.

Chiffres clés

Le projet Isère amont représente un investissement total de 135 millions d’euros, financé conjointement par le SYMBHI, l’État et l’Agence de l’eau, dans le cadre du PAPI. Il concerne 29 communes et environ 300 000 habitants à l’échelle du territoire protégé.

Seize champs d’inondation contrôlée ont été aménagés, représentant près de 3 500 hectares, avec une capacité globale de stockage des crues estimée à 35 millions de mètres cubes. Ces aménagements permettent de réduire significativement le pic de crue à l’entrée de l’agglomération grenobloise.

En cas de crue comparable à celle de 1859, les études estiment que les travaux réalisés permettraient d’éviter environ 1 milliard d’euros de dommages matériels.

Enjeux / contexte

Diagnostic initial

Avant les travaux, le territoire cumulait plusieurs fragilités :

  • une exposition très forte au risque d’inondation, avec des dommages potentiels estimés jusqu’à 1 milliard d’euros pour une crue bicentennale ;
  • une artificialisation quasi totale du lit endigué entre Pontcharra et Grenoble, entraînant une rupture des échanges entre la rivière et ses milieux annexes ;
  • des dysfonctionnements morphologiques liés à l’accumulation de sédiments et à l’incision localisée du lit ;
  • une absence de valorisation paysagère des berges, malgré un fort potentiel d’usages de proximité.

Objectifs du projet

Face à ce constat, le projet poursuit trois objectifs principaux :
D’abord, réduire durablement le risque d’inondation en atténuant les débits de pointe à l’aval, grâce à une capacité importante de stockage des crues dans les champs d’inondation contrôlée.
Ensuite, restaurer le fonctionnement écologique de la rivière, en reconnectant les milieux naturels, en rétablissant la continuité piscicole et en reconstituant des forêts alluviales fonctionnelles.
Enfin, renforcer l’attractivité du territoire en développant des aménagements paysagers et récréatifs permettant aux habitants de se réapproprier les berges.

Lien stratégie / planification

Le projet s’inscrit dans le cadre d’un PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations). Il s’appuie également sur les orientations du SDAGE et sur les stratégies locales de gestion des risques d’inondation. Il constitue un projet démonstrateur en matière de gestion intégrée des cours d’eau, associant sécurité, écologie et cadre de vie dans une même logique territoriale.

Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage du projet par le SYMBHI garantit une cohérence d’intervention à l’échelle hydrographique, bien au-delà des limites administratives. Il permet d’articuler la prévention du risque, la restauration écologique et l’aménagement du territoire dans un pilotage unique. Cette organisation favorise également la mobilisation des financements nationaux, la sécurisation foncière et la coordination des multiples partenaires.

Déroulé et gouvernance

La gouvernance du projet repose sur une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs locaux. Un accord-cadre a été conclu avec la Chambre d’agriculture de l’Isère et le Département afin de définir un système d’indemnisation en cas de dommages subis par les exploitations agricoles lors des crues. Les représentants agricoles ont été pleinement intégrés à la conception des champs d’inondation contrôlée.

Le Comité consultatif Isère amont joue un rôle central. Il réunit plus de 80 partenaires (collectivités, services de l’État, experts, associations) et s’est tenu régulièrement jusqu’à la fin des travaux. Cette instance accompagne chaque phase du projet : études, travaux, suivi écologique et bilan annuel.

Résultats et impacts

Le projet a permis une transformation radicale du fonctionnement fluvial :

  • 14,3 km de digues ont été effacés et 6 km ont été reculés ;
  • plus de 300 hectares de forêts alluviales ont été reconnectées ;
  • trois gravières ont été mises en relation directe avec l’Isère ;
  • quatre bras fluviaux ont été réouverts, représentant 2,5 km de bras en eau courante, 600 m de bras phréatiques et 13 hectares de milieux restaurés.
  • Suivi écologique

Le suivi scientifique met en avant la Petite massette, plante bioindicatrice des rivières alpines. En partenariat avec des équipes de recherche, cinq protocoles de transplantation ont été testés. Les résultats montrent :

  • un triplement des populations entre 2009 et 2018 ;
  • une augmentation de 35 % entre 2021 et 2024 ;
  • une dynamique jugée stable à moyen terme.

Enseignements

Le projet Isère amont incarne un changement de paradigme majeur : accepter de redonner à la rivière des espaces de débordement naturels pour protéger durablement les zones urbaines. Il démontre qu’un projet de prévention des risques peut aussi devenir un projet de restauration écologique et de développement territorial. Il met également en lumière l’importance de la solidarité territoriale, notamment vis-à-vis du monde agricole, grâce à des mécanismes d’indemnisation clairs.

Les prix qui consacrent le projet Isère amont

Le caractère pionnier du projet a été reconnu à l’échelle nationale par plusieurs distinctions majeures :

Grand Prix national du Génie Écologique – 2024
Attribué au projet Isère amont pour la qualité de sa restauration écologique, son exemplarité en matière de solutions fondées sur la nature et l’intégration de la biodiversité dans un projet de gestion des risques.

Grand Prix National de l’Ingénierie – catégorie “Adapter l’existant au changement climatique” – 2025
Récompense l’excellence technique du projet, sa conception innovante et sa capacité à associer protection des populations, écologie et aménagement durable.

Prix Previriq inondations – 2016

Met à l’honneur les meilleurs projets sur le thème de l’intégration des politiques publiques en matière de gestion des risques d’inondation.

Ces prix confirment qu’Isère amont n’est pas seulement un projet local : c’est aujourd’hui une référence nationale.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

Dossier REX du SYMBHI :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2022/10/fiche-synthese-a3-2.pdf
Livre bleu — projet Isère amont :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2023/03/livre-bleu_complet_gravure_2023_page.pdf

lot2050

Lot 2050 : prospective pour une gestion concertée et résiliente de l’eau sur le bassin du Lot

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet Lot 2050 concerne l’ensemble du bassin versant de la rivière Lot, territoire transversal des départements de la Lozère, du Cantal, de l’Aveyron, du Lot et du Lot-et-Garonne, structuré autour d’enjeux hydriques complexes entre usages humains, agriculture, biodiversité et risques climatiques.

Structures porteuses

Lot 2050 est porté par le Syndicat Mixte du bassin du Lot (SMBL ou EPTB Lot).

Infos clés

Le projet se décline en une étude prospective des impacts du changement climatique sur les besoins en eau, les ressources et les milieux aquatiques, avec l’objectif de construire une stratégie d’adaptation et un programme d’actions à l’échelle du bassin du Lot d’ici 2050. La mission mobilise des expertises pour analyser l’évolution des usages et de la biodiversité afin d’orienter des réponses territoriales.

Enjeux et contexte

Le projet répond au besoin d’anticiper les effets du changement climatique sur les ressources en eau et les besoins du territoire (agriculture, eau potable, milieux aquatiques, etc.). Dans un contexte où les saisons sont plus contrastées et les tensions sur la ressource plus fréquentes, Lot 2050 cherche à poser les bases d’une gouvernance de l’eau adaptée au long terme, capable d’équilibrer les usages, de préserver les écosystèmes et de soutenir la résilience territoriale.

  • Lien Stratégie / planification / programmation de Bassin

L’étude s’inscrit dans une logique de planification à long terme nécessaire pour répondre aux orientations du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne et à la nécessité de renforcer les démarches prospectives dans la gestion de l’eau. En associant diagnostic, prévisions climatiques et orientations stratégiques, Lot 2050 alimente les réflexions stratégiques des acteurs du bassin.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par l’EPTB Lot garantit une approche intégrée, amont-aval, rassemblant l’ensemble des acteurs du territoire (collectivités, usagers, services de l’État, Agence de l’eau) autour d’un diagnostic partagé et d’une vision commune pour l’avenir de l’eau. Ce cadre transversal facilite l’élaboration de solutions cohérentes aux défis hydriques, en dépassant les cloisonnements administratifs.

Déroulé et gouvernance

La démarche Lot 2050 se construit à partir d’un diagnostic prospectif, reposant sur l’analyse des évolutions des usages et de la biodiversité sous l’effet du changement climatique. Cette analyse doit être alimentée par des scénarios climatiques sur plusieurs horizons (jusqu’à 2050 et au-delà) afin d’identifier les tendances majeures et leurs conséquences. À partir de ce diagnostic, une stratégie d’adaptation est développée, puis déclinée en programme d’actions structurant pour le bassin.

Bien que les documents publics disponibles soient encore principalement des appels d’offre et des descriptions de mission, l’approche retenue implique concertation et mobilisation multi-acteurs, avec des expertises techniques mobilisées pour dégager des orientations adaptatives.

Résultats & impacts

Lot 2050 est attendu comme un outil stratégique de pilotage à long terme, permettant d’anticiper les évolutions de la ressource et de structurer des réponses adaptées aux défis climatiques. Il doit fournir aux acteurs du bassin des scénarios fiables, des orientations et des programmes d’actions. La feuille de route Gestion quantitative du bassin du Lot ainsi complétée, renforcera la capacité de résilience territoriale face au changement climatique, en soutenant une gestion équilibrée des usages. Bien que les résultats complets ne soient pas encore tous publiés au moment présent, la démarche elle-même constitue une avancée méthodologique importante, orientée vers la planification et la coordination.

Enseignements

L’initiative Lot 2050 illustre l’importance d’une approche prospective intégrée à l’échelle d’un bassin versant, combinant climat, usages et moyens d’adaptation. Elle contribue à renforcer la culture de la planification collective et de la concertation multi-acteurs, indispensables pour répondre aux défis hydriques croissants liés au changement climatique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus  

DRANSE MORZINE

Gestion intégrée de l’eau à l’échelle du bassin des Dranses

Bassin / sous-bassin concerné

Le retour d’expérience porte sur le bassin versant des Dranses et de l’Est lémanique, territoire de transition entre le massif alpin et le lac Léman. Ce bassin regroupe plusieurs sous-bassins structurants – Dranse de Morzine, Dranse d’Abondance, Dranse de Bellevaux et basse Dranse – aux dynamiques hydro-sédimentaires fortement interconnectées.
Les projets de restauration et de protection menés sur ces différents tronçons traduisent une volonté d’agir à l’échelle hydrologiquement pertinente du bassin versant, et non par interventions ponctuelles isolées.

Structures porteuses

Le Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Chablais (SIAC) est la structure porteuse du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique et exerce la compétence GEMAPI pour le compte des intercommunalités membres.
Il fédère les collectivités du territoire (Thonon Agglomération, en délégation de compétence, et CCHC / CCPEVA en transfert de compétence), en lien étroit avec les services de l’État, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et le Département de la Haute-Savoie.

Infos clés
  • Le bassin des Dranses et de l’Est lémanique représente plusieurs centaines de kilomètres carrés et plus de deux cents kilomètres de cours d’eau.
  • Le Contrat de rivières, signé initialement en 2017 puis prolongé par avenant, mobilise un programme d’actions pluriannuel de plusieurs dizaines de millions d’euros.
  • Le programme d’action inclue restauration hydromorphologique, gestion des risques d’inondation, protection des berges, continuité écologique et lutte contre les espèces invasives.
  • Les opérations menées sur la basse Dranse, la Dranse d’Abondance et la Dranse de Morzine s’inscrivent toutes dans cette enveloppe stratégique et financière commune.

Enjeux et contexte

Le bassin des Dranses a été profondément modifié par l’urbanisation, les infrastructures, les endiguements successifs et l’artificialisation des berges. Ces évolutions ont entraîné un appauvrissement des milieux aquatiques, une altération du transport sédimentaire et une augmentation de la vulnérabilité aux crues, révélée notamment lors d’épisodes récents.
Le défi n’est pas uniquement local : des dysfonctionnements en amont peuvent engendrer des impacts majeurs à l’aval, en particulier sur la basse Dranse et le secteur lémanique.
Les projets visent ainsi à réconcilier sécurité des habitants, fonctionnement naturel des cours d’eau et adaptation au changement climatique, dans une logique de solidarité amont-aval.

  • Lien Stratégie / planification / programmation bassin

Le Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique constitue l’outil central de planification.
Il formalise une feuille de route partagée, issue d’un diagnostic de bassin, intégrant les orientations du SDAGE et les objectifs de bon état des masses d’eau.
Les travaux menés s’inscrivent dans cette programmation, validée par un comité de rivière, et prolongée par avenants pour permettre l’achèvement des opérations structurantes.
La compétence GEMAPI exercée par le SIAC s’appuie directement sur ce cadre contractuel pour prioriser, financer et coordonner les actions.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC permet d’agir à l’échelle pertinente du bassin versant, là où les communes seules ne peuvent traiter ni les dynamiques hydrauliques ni les enjeux sédimentaires globaux.
La mutualisation des moyens financiers et techniques facilite la réalisation de projets lourds, sécurise les financements via des co-financements structurants et garantit une cohérence entre amont et aval.
Le syndicat joue également un rôle d’interface entre élus, services de l’État, financeurs et usagers, favorisant l’acceptabilité locale des projets et leur inscription dans la durée.

Déroulé et gouvernance

Les projets s’appuient sur une gouvernance structurée autour du comité de rivières, réunissant collectivités, services de l’État, partenaires institutionnels, usagers et associations.
Chaque opération découle d’un diagnostic technique et environnemental partagé, suivi d’une phase d’instruction réglementaire et de concertation locale.
Le SIAC assure la maîtrise d’ouvrage, le pilotage technique, la coordination des partenaires et le suivi post-travaux dans le cadre de la GEMAPI. Cette organisation garantit la continuité des actions au-delà des chantiers, notamment sur l’entretien, le suivi morphologique et la gestion adaptative.

Résultats et impacts

À l’échelle du bassin, les projets contribuent à restaurer plusieurs kilomètres de cours d’eau, à sécuriser des secteurs sensibles, et à redonner de l’espace aux rivières.
Les premiers effets observés ou attendus concernent une amélioration de la dynamique fluviale, une réduction de l’érosion localisée, une meilleure capacité d’expansion des crues et une reconquête progressive des habitats aquatiques.
Au-delà des résultats physiques, ces projets ont renforcé une culture commune de gestion intégrée de l’eau sur le territoire.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En privilégiant la restauration des processus naturels plutôt que des protections rigides systématiques, la stratégie de bassin portée par le SIAC améliore la capacité du territoire à faire face aux crues plus intenses, aux étiages sévères et aux évolutions morphologiques liées au changement climatique.
La reconquête des espaces de fonctionnement, la gestion sédimentaire et la continuité écologique constituent des leviers durables d’adaptation.

Enseignements

Ce retour d’expérience montre que :

  • la compétence GEMAPI prend tout son sens lorsqu’elle est exercée à l’échelle du bassin versant ;
  • le Contrat de rivières est un outil structurant, à la fois stratégique, opérationnel et fédérateur ;
  • la gouvernance multi-acteurs et la planification à long terme sont essentielles pour mener des projets complexes et coûteux ;
  • la cohérence amont-aval constitue un facteur clé de réussite, tant pour la sécurité que pour les milieux.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

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Trèbes : d’un projet hydraulique à un projet global d’Aménagement

Info et chiffres clés

Le projet est financé à 2,44 M€ (PAPI 3 de l’Aude) dont :

  • État : 50 %
  • Département : 19,75 %
  • Région : 10,25 %
  • EPTB : 20 %

Situation

Le territoire du SMMAR EPTB Aude s’étend sur :

  • 419 communes
  • 5 départements (11, 09, 34, 66, 81)
  • 16 EPCI ayant transféré intégralement la compétence GEMAPI à l’EPTB et qui lèvent tous la taxe GEMAPI

Le bassin de l’Aude est particulièrement vulnérable aux précipitations méditerranéennes avec 90 % du bassin exposé au risque inondation. Le 15 octobre 2018, le bassin connaît un événement particulièrement dévastateur avec :

  • 350 mm de pluie en moins de 10 h
  • une montée des eaux de 7 mètres en 8 h
  • 15 décès sur le bassin, dont 5 à Trèbes

Cet épisode dramatique déclenche une prise de conscience profonde : la technique seule ne suffit plus face à l’évolution des enjeux. Reconstruire « à l’identique » n’est ni souhaitable, ni durable.

Enjeux et Objectifs

L’enjeu central de l’opération consistait à dépasser une approche strictement hydraulique et technique de la gestion du risque pour engager un véritable projet global d’aménagement, fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique, le développement de nouveaux usages et la reconnexion entre les habitants et le fleuve.

Cette ambition se décline en plusieurs objectifs complémentaires. Le projet visait d’abord à redonner de l’espace au fleuve, condition indispensable pour réduire l’énergie des crues et atténuer leurs effets. Il s’agissait également, par des actions complémentaires portées par la Ville de Trèbes, de recomposer un quartier entier, en prenant pleinement en compte sa vulnérabilité et en repensant et adaptant ses usages. La restauration des continuités écologiques et des fonctions naturelles du lit majeur constituait un autre axe majeur, indispensable à la qualité des milieux et au fonctionnement hydraulique.

L’opération poursuit en parallèle la réduction du risque inondation pour les habitants, tout en créant des espaces publics attractifs et de reconnecter les habitants à leur fleuve. Enfin, l’ensemble de la démarche repose sur la volonté de bâtir un projet partagé, intégré et pérenne, qui englobe une approche de réduction du risque et de recomposition urbaine.

L’enjeu majeur est de passer d’une logique strictement hydraulique de prévention des inondations à un projet global d’aménagement fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique.

Déroulé et Gouvernance

Le projet se construit sur 7 ans, dans une dynamique entièrement collaborative. Le SMMAR – EPTB Aude joue un rôle moteur, assumant la maîtrise d’ouvrage et orchestrant cette opération en étroite collaboration avec la commune de Trèbes, impliquant élus, services municipaux et habitants à chaque étape.

De nombreux partenaires institutionnels ont contribué à la réussite du projet :

  • Le SMMAR EPTB Aude maître d’ouvrage et la Ville de Trèbes ont coconstruit le projet d’aménagement avec l’appui du maître d’œuvre SCE spécialisé en hydraulique fluviale et aménagement, et avec l’architecte Eric DANIEL-LACOMBE spécialisé dans la résilience inondation.
  • Carcassonne Agglo, le service risques de la DDTM de l’Aude, les services Eau du Département et de la Région Occitanie, ont accompagné le portage du projet via divers comités techniques.
  • L’EPF Occitanie a assuré une maîtrise foncière 100 % amiable.
  • L’Architecte des Bâtiments de France et le CAUE de l’Aude ont apporté leur expertise paysagère.
  • La DDTM (services risques, aménagement, agriculture et biodiversité) ont veillé à la conformité réglementaire.
  • L’Office Français de la Biodiversité, la Fédération de pêche et l’AAPPMA de Trèbes ont été des partenaires clés.
  • D’autres acteurs comme la police municipale, les services technique et urbanisme de la Ville, le SDIS ou encore la chambre d’agriculture ont également ponctuellement contribué au projet.

La démarche repose sur une méthode profondément ancrée dans la concertation. Tout au long du projet, habitants et élus ont été associés, via des temps d’échanges et des phases de définition collective des usages. Cette dynamique participative a permis de décloisonner totalement les approches — hydraulique, urbanisme, écologie, paysage — pour construire une vision commune et cohérente de l’aménagement.

Résultats et Impacts

Après plusieurs années, Trèbes bénéficie d’un véritable espace résilient, où le fleuve retrouve sa place et où les usages urbains se réinventent en harmonie avec le risque et en adéquation avec la nature.

L’acquisition de 13 hectares sur la traversée de Trèbes permet de rendre à l’Aude son espace de bon fonctionnement et de dissiper latéralement son énergie lors des crues.

L’école a été reconstruite en zone inondable, sur pilotis, mais dans des espaces de moindre vulnérabilité, et ce afin de conserver la vie du quartier.

La création d’un espace public de haute qualité a constitué un autre pilier du projet. L’aménagement paysager, conçu en concertation étroite avec les habitants, a fait l’objet d’une attention particulière. L’ambition était de produire un véritable « effet waouh » pour donner envie aux habitants de revenir au bord de la rivière et de se réapproprier ce paysage. Un verger citoyen, accessible en libre cueillette, enrichit ce nouvel ensemble et contribue à renforcer le lien social autour des espaces naturels.

La réussite du projet tient autant à l’aménagement final qu’au chemin parcouru : une profonde évolution des pratiques et des modes de pensée, rendu possible par un engagement politique déterminé.

Résultats techniques

  • Création de lits moyens permettant d’abaisser la ligne d’eau jusqu’à 50 cm en crue,
  • Suppression d’un ancien plan d’eau artificiel permettant d’éviter le prélèvement annuel de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau,
  • Aménagement de pentes douces, sols perméables, fossés humides de type noues, dans un souci permanent de perméabilité plutôt que de drainage,
  • Plantation de 250 arbres, création d’une forêt alluviale, avec une végétalisation par des essences méditerranéennes ne nécessitant pas d’arrosage.

Résultats institutionnels

  • Un modèle de recomposition urbaine inspirant et facilement reproductible pour d’autres collectivités,
  • Une opération reconnue : lauréat du Prix national Art Urbain 2025, mention environnement.

Enseignements

Cette opération montre qu’un EPTB est un véritable acteur de l’aménagement du territoire, capable de dépasser la simple gestion du risque pour impulser et coordonner des projets urbains innovants rendus indispensables par le changement climatique.

Parmi les principaux enseignements :

  • la volonté politique et le changement de culture sont déterminants,
  • reconstruire différemment est impératif dans un contexte de changement climatique,
  • décloisonner les pratiques (hydraulique / urbanisme / paysage / écologie) est la clé du succès,
  • la co-construction sur le temps long sécurise, enrichit et légitimise le projet.
Pour en savoir plus :

Pertes du Gardon à Cruviers Lascours

Gestion quantitative de la ressource en eau sur le bassin des Gardons – le rôle central de l’EPTB

Situation

Le projet concerne l’ensemble du bassin versant des Gardons, d’une superficie d’environ 2 000 km², sur 171 communes, depuis les Cévennes (Lozère/Gard) jusqu’à la plaine d’Aramon en aval.

Info et chiffres clés

  • Le bassin :  2 000 km², 171 communes, 203 000 habitants.
  • 6 stations hydrométriques installées par l’EPTB Gardons pour le suivi des étiages, 2 supplémentaires en projet
  • 23 stations piézométriques réparties sur 6 grands systèmes aquifères, pour le suivi des nappes

Partenaires et soutiens

L’initiative est portée par l’EPTB Gardons, syndicat de bassin, regroupant plusieurs intercommunalités (Alès Agglomération, Nîmes Métropole, et 6 communautés de communes).

La démarche s’inscrit dans le cadre d’un plan de gestion initié en 2007 et régulièrement réactualisés, élaboré avec la participation de la CLE des Gardons (Commission Locale de l’Eau).

Contexte, enjeux et objectifs

Le projet vise à résoudre un double problème : d’une part, le manque de connaissance fiable et fine de la ressource – notamment en période d’étiage ou dans les zones karstiques —, ce qui rendait la gestion incertaine. D’autre part, un déséquilibre entre disponibilité de la ressource et demandes croissantes (usages domestiques, agricoles, industriels, milieux aquatiques), particulièrement contraignant en contexte méditerranéen de sécheresse ou de basses eaux.

L’objectif global est d’optimiser la gestion quantitative de l’eau, de garantir les usages (eau potable, irrigation, activités économiques) tout en préservant les milieux aquatiques et la pérennité de la ressource, notamment face au changement climatique. Cela implique une gestion coordonnée, anticipée et adaptative.

–      Lien stratégie / planification / programmation bassin

Le projet s’inscrit dans le cadre du PGRE des Gardons, élaboré entre 2016 et 2018 par la CLE des Gardons assistée de l’EPTB puis validé par le Préfet en décembre 2018.
Le PGRE découpe le bassin en 15 sous-bassins, permet un bilan besoins/ressources pour chacun, et définit des débits-cibles ainsi qu’un volume « prélevable » pour garantir le bon fonctionnement des milieux et des usages.
La stratégie combine surveillance (stations hydrométriques / piézométriques), amélioration des connaissances (eaux souterraines, usages…), et accompagnement des utilisateurs (irrigation, AEP, ), et actions de gestion (optimisation des prélèvements, économies d’eau, suivi des usages).

–      Plus-value du portage par un syndicat de bassinLe fait que ce projet soit piloté par un syndicat de bassin – l’EPTB Gardons – garantit une approche locale, globale et intégrée en pleine concertation avec la Commission Locale de l’Eau dont l’EPTB est porteur : toutes les communes, intercommunalités et usagers du bassin sont réunis autour d’un même projet de gestion, ce qui permet de prendre des décisions collectives, concertées, adaptées au territoire.
Cette gouvernance favorise la cohérence des actions sur l’ensemble du bassin, la mutualisation des moyens (techniques, financiers), le partage des données, et une vision à long terme – conditions indispensables pour répondre aux défis liés au changement climatique.

Déroulé & Gouvernance

Le projet s’est construit d’abord par un diagnostic global (PGCR, puis PGRE) – recueil des données historiques, des usages, des prélèvements, des périodes de basses eaux, des caractéristiques géologiques et hydrogéologiques (karsts, nappes, etc.).
Puis une phase de concertation a été menée via la CLE des Gardons, réunissant collectivités, représentants des usages, associations, acteurs économiques, services de l’État… Ce travail collectif a conduit à un compromis entre les attentes du territoire et les besoins d’actions, et a permis l’adoption du PGRE.

La mise en œuvre technique a consisté à lancer de très nombreuses actions dont la création d’un réseau de suivi hydrologique – 6 stations hydrométriques pour l’étiage, piézomètres pour les nappes souterraines —,en partenariat avec le CNRS pour les eaux superficielles et le BRGM pour les eaux souterraines avec installation, suivi en temps réel, jaugeages, mesures piézométriques, etc.

Des plans locaux de gestion ont été définis sur des sous-bassins prioritaires (Gardon de Saint-Jean, la Salindrenque, Gardon de Mialet, Galeizon), déclinaison opérationnelle du PGCR avec accompagnement des gestionnaires de béals (canaux d’irrigation traditionnels) et plus généralement de préleveurs, accompagnement à la mise en conformité des prises d’eau, comptages, optimisation des prélèvements…

Résultats & impacts

Grâce au suivi et à la gestion mise en place par l’EPTB Gardons :

  • Il est désormais possible d’identifier plus précisément les périodes et secteurs de déficit quantitatif,
  • Le renforcement des données piézométriques et hydrométriques améliore la connaissance de la ressource en eau et plus particulièrement des interactions entre nappes souterraines et cours d’eau, des pertes en karst, des résurgences – base indispensable pour anticiper les tensions et adapter les prélèvements.
  • Ce travail contribue à la préservation des milieux aquatiques, en garantissant des débits-cibles qui permettent de maintenir les habitats aquatiques et la biodiversité, même en période d’étiage.
  • Indirectement, la gestion quantitative s’inscrit dans la réduction des conflits d’usage (irrigation, AEP, environnement)

En outre, ce cadre renforce la résilience du territoire face au changement climatique : en anticipant les faibles pluies, les sécheresses, les pertes liées aux karsts, le bassin dispose d’outils de suivi et de gestion pour améliorer l’adaptation des prélèvements et la régulation des usages, préserver la ressource, et limiter les impacts sur les milieux.

Enseignements

Le cas de l’EPTB Gardons montre qu’une gestion de l’eau intégrée, locale et concertée, fondée sur des données solides et un suivi rigoureux, est possible – même dans un contexte méditerranéen sujet à de fortes variations hydrologiques. C’est un modèle d’anticipation et de gouvernance collective, combinant exigences écologiques et usages humains.

Cela illustre aussi l’importance de la connaissance (suivi, observations, données), on ne peut difficilement gérer ce que l’on connait pas ou mal.. Le réseau hydrométrique et piézométrique constitue une base d’information indispensable pour des décisions éclairées, adaptatives, et partagées.

Pour en savoir plus

Localisation des nappes profondes de l’Adour et prélèvements (Source : Institution Adour)

Vers une gouvernance adaptée et une gestion intégrée des aquifères captifs de Gascogne

Situation

Au sud du bassin Aquitain, incluant le sous-sol du bassin de l’Adour, se trouve un ensemble d’aquifères profonds, dits aquifères captifs de Gascogne, distincts des bassins versants de surface sur lesquels l’Institution Adour est labélisée EPTB. Ces nappes constituent un véritable réservoir stratégique, mobilisé principalement pour l’alimentation en eau potable, mais également pour l’industrie, le thermalisme et l’agriculture.

Contexte et enjeux

Les suivis piézométriques montrent une diminution continue des niveaux des nappes captives, atteignant pour certains aquifères environ 20 mètres en quarante ans, sur une ressource dont le renouvellement ne s’opère pas à l’échelle de temps humain. Les enjeux sont multiples : préserver durablement la ressource quantitative, préserver les capacités d’exploitation sur le (très) long terme, éviter les risques de dégradation de la qualité liés à des intrusions d’eaux superficielles, et anticiper les évolutions futures des usages dans un contexte de changement climatique. Il s’agit notamment d’éviter un report massif et non encadré des prélèvements depuis les eaux de surface vers les eaux souterraines, alors que les tensions sur le quantitatif s’accentuent déjà sur les cours d’eau.

Déroulé et gouvernance

À la demande du comité de bassin Adour-Garonne, l’EPTB Adour a été sollicité pour porter une première démarche collective sur ces aquifères, en cohérence avec son périmètre d’intervention et son rôle d’animation territoriale.

Entre 2018 et 2020, une étude socio-économique a été conduite par le BRGM, avec le soutien de l’Agence de l’eau Adour-Garonne dans le cadre d’une convention recherche et développement. Cette étude visait à mesurer l’importance socio-économique des nappes profondes et à réunir l’ensemble des usagers concernés afin d’engager un dialogue structuré sur les usages et les perspectives de gestion.

Résultats et bénéfices

La démarche a permis de fédérer des acteurs aux intérêts parfois divergents autour d’un état des lieux partagé. Elle a mis en évidence les interdépendances fortes entre usages des eaux souterraines et des eaux de surface, ainsi que la nécessité d’une approche globale et intégrée.

Les travaux ont conduit à une prise de conscience collective des limites de la ressource et à l’interdépendance entre qualité et quantité de la ressource. Ces ressources captives, souvent profondes, ont un fonctionnement singulier qui nécessite une approche de gestion dédiée et spécifique. La démarche a permis d’envisager des leviers de gestion adaptés et à construire collectivement, tels que la définition de volumes maximaux de prélèvement par nappe et par secteur, la protection des zones de vulnérabilité, la fixation de niveaux limites de nappe en deçà desquels des risques de dénoyage des réservoirs compromettrait leur exploitation et induirait un risque d’intrusion d’eaux superficielles.

À l’issue de ce travail, et en s’appuyant sur les retours d’expérience existants en matière de gestion des eaux souterraines — notamment ceux du SMEGREG (EPTB des nappes profondes de Gironde), ainsi que des SAGE de la nappe Astienne et de la nappe des Grès du Trias inférieur dans les Vosges — l’EPTB Adour a accompagné les acteurs du territoire vers un consensus sur l’outil le plus adapté à la gestion durable de cette ressource stratégique.

Cette trajectoire s’est structurée de manière progressive, avec l’élaboration d’une charte de gouvernance, puis la définition d’un périmètre pertinent de SAGE, conduisant à son émergence en 2025.

En parallèle, afin d’asseoir sa légitimité et sa capacité d’action sur ce nouveau périmètre, l’EPTB Adour a sollicité et obtenu en 2025 la reconnaissance en tant qu’EPTB des aquifères captifs de Gascogne, renforçant ainsi son rôle dans la gouvernance et la gestion des aquifères captifs de Gascogne. Ceci permet une couverture cohérente et homogène des aquifères captifs du bassin Aquitain dans son ensemble, avec le SAGE des nappes profondes de Gironde et l’EPTB SMEGREG au nord et le SAGE des eaux souterraines de Gascogne et l’EPTB des aquifères captifs de Gascogne (Institution Adour) au sud.

Enseignements

Ce retour d’expérience montre qu’un EPTB, même historiquement centré sur les eaux superficielles, peut jouer un rôle clé dans la structuration de la gouvernance des eaux souterraines lorsqu’il dispose d’une légitimité territoriale et d’une capacité d’animation reconnue.

La réussite de la démarche repose sur la combinaison d’une expertise scientifique solide, d’un dialogue entre tous les usagers et d’une vision prospective intégrant les enjeux d’aménagement du territoire et de changement climatique. Elle illustre également l’importance de progresser par étapes, en construisant d’abord un socle commun de connaissances avant d’engager des outils de gestion réglementaires.

En savoir plus

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Étude de la gestion quantitative de la ressource en eau sur le bassin versant de la Moselle française

Structures porteuses
  • EPTB Meurthe-Madon (maître d’ouvrage)
  • Syndicat Mixte Moselle Aval
  • Syndicat Mixte Moselle Amont

Le projet est co-financé notamment par Agence de l’eau Rhin‑Meuse, la Région Grand Est, et avec le concours technique et financier de EDF sur certains volets.

Chiffres clés
  • Montant estimatif de l’étude : environ 573 000 €.
  • Début de l’étude : février 2025.
  • La réunion de lancement (COPIL) a eu lieu en avril 2025.
  • Une journée d’atelier a eu lieu en octobre 2025 dans le cadre de la première phase : collecte de données et état des lieux.

Contexte

Le contexte de ce projet est multiple :

  • La variabilité et la raréfaction croissante de l’eau en période d’étiage, accentuée par le changement climatique ; la nécessité d’assurer une allocation équilibrée entre usages concurrents (eau potable, agriculture, industrie, navigation, énergie, milieux aquatiques…).
  • La volonté de disposer de données fiables et actualisées (ressources, usages, débits de cours d’eau, prélèvements) pour anticiper les tensions et prendre des décisions éclairées.
  • Le besoin d’une gouvernance intégrée, cohérente à l’échelle du bassin complet – amont et aval – pour éviter des disparités, des conflits d’usages, ou des gestions fragmentées de l’eau.
  • Un enjeu international : la Moselle poursuit son cours en Allemagne et conflue avec le Rhin qui constitue la principale ressource en eau des Pays Bas. Il s’agit donc aussi à veiller au respect des accords internationaux tant sur les aspects quantitatifs que qualitatifs.
  • La conformité avec les exigences réglementaires nationales et européennes, notamment via le cycle de gestion défini par la Directive‑Cadre sur l’Eau (DCE) et les schémas de gestion à l’échelle des bassins (SDAGE / PDM).

–          Lien Stratégie / planification / programmation bassin

Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large du plan de gestion de l’eau du bassin Rhin-Meuse, et plus particulièrement de la stratégie de gestion globale pour la Moselle.

La gouvernance envisagée repose sur le partenariat entre les syndicats de bassin (amont & aval) et l’EPTB, avec l’appui des collectivités territoriales, de l’État, de l’Agence de l’eau, et de partenaires techniques comme EDF.

Ce cadre permet d’articuler :

  • une démarche de diagnostic et modélisation hydrologique globale ;
  • des concertations locales et territoriales (concertation multi-acteurs) ;
  • l’élaboration d’une stratégie de gestion quantitative (conciliation des usages, arbitrage entre usages, régulation en période de stress).

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le fait que le projet soit porté par un EPTB et des syndicats mixtes (Amont et Aval) garantit une approche cohérente à l’échelle du bassin entier, sans cloisonnement entre territoires amont/aval, ce qui est essentiel pour la gestion de l’eau (ressource commune) et des milieux aquatiques.

Ce portage inter-structurel permet également de mutualiser les compétences, les moyens techniques et financiers, de mobiliser des partenaires variés (État, collectivités, agences de l’eau, opérateurs, usagers) et ainsi d’assurer une vision intégrée et partagée.

Enfin, cela facilite la coordination avec les politiques de gestion des risques (inondation, sécheresse), de qualité de l’eau, d’aménagement du territoire et de développement durable, plutôt que des approches fragmentées.

Déroulé et gouvernance / méthode

L’étude a été conçue suite aux conclusions de l’étude quantitative menée par la Région Grand Est, publiées en 2022, qui mettaient en avant les secteurs en tension, notamment la Meurthe et Moselle Amont.

Un cahier des charges technique a été élaboré avec l’appui de la DREAL, de l’Agence de l’Eau, de la Région et des partenaires (y compris EDF pour le volet technique).

La démarche intègre également une dimension concertation / gouvernance : 5 ateliers territoriaux sont prévus, dont 1 a déjà eu lieu en octobre 2025. Ces ateliers permettront de partager des informations, recueillir des attentes, et échanger avec les différentes parties prenantes concernées.

Résultats & impacts attendus

À terme, cette étude devrait permettre :

  • de disposer d’un état des lieux fiable des usages de l’eau et des ressources disponibles sur l’ensemble du bassin ;
  • d’élaborer des scénarios prospectifs tenant compte du changement climatique (évolution des besoins, des usages, des stress hydriques) ;
  • de définir une stratégie de gestion équilibrée de la ressource, conciliant usages domestiques, agricoles, industriels, écologiques, de navigation, etc. ;
  • d’instaurer une gouvernance partagée entre tous les acteurs, facilitant les arbitrages lors des périodes critiques (sécheresse, étiage, forte demande, etc.) ;
  • d’améliorer la résilience du bassin face aux aléas climatiques et aux tensions sur la ressource, en garantissant la pérennité des usages essentiels (eau potable, agriculture, activités économiques, milieux aquatiques) ;
  • de contribuer à la préservation des milieux aquatiques et de la biodiversité, en optimisant le partage de la ressource sans compromettre les besoins écologiques.

–          Comment ces projets contribuent-ils à la résilience face au changement climatique

En anticipant les évolutions des usages et des ressources, en modélisant les débits et scénarios à venir, l’étude permet de mettre en place une gestion préventive et adaptative : en période de sécheresse ou de stress hydrique, les décisions pourront être prises en connaissance de cause, en concertation, avec des critères partagés entre usagers.

La gouvernance unifiée à l’échelle du bassin garantit aussi que les arbitrages soient cohérents et équilibrés, réduisant le risque de conflits d’usage et les effets négatifs sur les milieux aquatiques.

Enseignements et perspectives

  • La nécessité d’une approche bassin global : la Moselle ne peut pas être gérée en compartiments. La ressource est partagée, les enjeux multiples : un EPTB + syndicats offre un cadre adapté.
  • L’importance de données robustes et actualisées : sans diagnostic quantitatif, il est difficile d’arbitrer entre usages, d’anticiper les crises, ou de planifier des mesures raisonnables.
  • La valeur de la concertation et de la gouvernance partagée : impliquer tous les acteurs (collectivités, usagers, État, agences, opérateurs…) dès le début permet de légitimer les décisions, de favoriser l’acceptabilité, et de construire des stratégies durables.
  • L’intérêt d’articuler la gestion quantitative de l’eau avec les politiques de gestion des risques (étiage, sécheresse, inondation), de milieux aquatiques, et d’aménagement du territoire, pour une vision intégrée.
Pour en savoir plus

Epage HuCA

D’un contrat de rivière à un Projet Territorial de Gestion de l’Eau (PTGE)

Situation

Le bassin versant de l’Huveaune est confronté depuis plusieurs années à une pression croissante sur la ressource en eau. Les sécheresses répétées, autrefois exceptionnelles, sont devenues structurelles, entraînant des arrêtés sécheresse récurrents et durables, provoquant une fragilisation des milieux aquatiques. Dans ce contexte, les outils historiques de gestion globale, notamment le contrat de rivière, montrent leurs limites pour répondre aux enjeux spécifiques de partage quantitatif de l’eau et d’anticipation à long terme.

Le bassin versant de l’Huveaune subit depuis plusieurs années des périodes de sécheresses chroniques, qui sont devenues fréquentes et prolongées au point que les arrêtés sécheresse — autrefois réservés aux événements exceptionnels — deviennent des règles annuelles de gestion et de contrôle.

Cette situation remet en lumière les tensions croissantes, autrefois connues du territoire, entre la disponibilité limitée de la ressource locale très dépendante du climat, les besoins des milieux aquatiques, les usages domestiques, agricoles, industriels, souvent dépendants [les usages] de ressources importées.

 Enjeux et Objectifs

L’approfondissement des travaux sur le volet « ressource en eau » du Contrat de Rivière  via un Projet Territorial de Gestion de l’Eau s’inscrit dans un double constat. D’une part, la ressource disponible diminue sous l’effet du changement climatique, tandis que les usages – eau potable, agriculture, activités économiques, besoins écologiques – restent élevés, ce déséquilibre se faisant au détriment des milieux aquatiques. D’autre part, la gestion de crise par les seules restrictions ne permet plus d’apporter des réponses durables.

L’enjeu majeur du PTGE est de définir et mettre en œuvre une gestion durable, partagée et anticipative de la ressource en eau à l’échelle du bassin de l’Huveaune et de ses affluents. Cette démarche s’inscrit dans la logique des PTGE définis par le SDAGE Rhône-Méditerranée, qui visent à équilibrer les usages humains et les besoins des milieux, notamment dans un contexte de changement climatique et d’incertitudes croissantes sur la disponibilité de l’eau.  Pour se doter d’un tel projet de territoire, l’élaboration passe par plusieurs phases essentielles : établir un diagnostic précis de la ressource et des usages, évaluer les besoins spécifiques des milieux aquatiques constituant la limite à ne pas franchir si l’on veut vivre sur un territoire non désertique, associer les acteurs locaux pour définir des priorités d’actions, élaborer des scénarios prospectifs à moyen et long terme, et surtout bâtir un plan d’actions concerté garantissant une gestion équitable, durable et résiliente de l’eau.

Déroulé et Gouvernance

Le contrat de rivière a permis de structurer pendant plusieurs années l’action locale autour de la qualité des milieux et des aménagements hydrauliques. Toutefois, face à l’intensification des tensions quantitatives, l’EPAGE HuCA a souhaité approfondir le volet « ressource » engagé une transition vers un PTGE, outil plus adapté pour traiter les questions de volumes, de partage de la ressource et d’adaptation au changement climatique.

Cette évolution vise à compléter le travail du contrat de rivière d’un cadre stratégique sur les ressources disponibles et mobilisables partagé, fondé sur un diagnostic commun et des choix collectifs assumés.

L’EPAGE HuCA, en tant que structure porteuse, assure la coordination du PTGE, engage les partenaires et conçoit un cadre structurant pour la concertation et le pilotage. La démarche s’articule autour d’au moins deux grandes phases :

●      Une mise en lumière des tensions entre ressources disponibles et besoins,fondée sur des études techniques, des évaluations de volumes prélevables et une concertation avec les acteurs du territoire ;

●      la construction d’un programme d’actions partagé, qui se traduira par des mesures concrètes adaptées aux enjeux identifiés.  

La gouvernance repose sur un comité de pilotage multi-acteurs réunissant collectivités, services de l’État, acteurs économiques, associations et citoyens, afin d’assurer une représentation équilibrée des usages et perspectives du bassin. À ce cadre s’ajoutent des ateliers thématiques (agriculture, biodiversité, tourisme, etc.) permettant d’ancrer le dialogue et de nourrir les choix avec les attentes de terrain.  La démarche s’accompagne aussi d’un panel citoyen, constituant en quelque sorte une assemblée citoyenne locale, constitué de résidents tirés au sort, qui débat des orientations et propose des pistes d’actions, renforçant ainsi l’appropriation collective du projet.

Résultats et Impacts

Au-delà des actions opérationnelles qui en découleront, le PTGE a d’ores et déjà produit des effets positifs en matière de gouvernance. Il a contribué à renforcer le dialogue entre acteurs, à instaurer un climat de confiance et à faire émerger une culture commune du partage de l’eau à l’échelle du bassin versant. L’expérience menée par l’EPAGE HuCA illustre ainsi comment le passage d’un contrat de rivière à un PTGE peut constituer un levier structurant pour accompagner les territoires dans leur adaptation au changement climatique, en plaçant l’anticipation, la concertation et la solidarité amont-aval au cœur de l’action publique.

Sur le plan opérationnel, le diagnostic initial offre une lecture claire des déséquilibres actuels et des équilibres potentiels, notamment en période de basses eaux. Cette connaissance partagée est une base solide pour la planification des actions, leur priorisation et leur intégration dans les stratégies locales de gestion des eaux et d’aménagement du territoire.  

Enseignements

L’expérience du PTGE de l’Huveaune met en évidence plusieurs enseignements structurants pour la gestion territoriale de l’eau. D’abord, une démarche collective et concertée est indispensable pour aborder des enjeux complexes qui traversent les usages, les secteurs économiques et les perceptions sociales. L’intégration de citoyens dans la réflexion enrichit les perspectives et renforce les engagements locaux.

Ensuite, la combinaison d’études techniques rigoureuses et de dialogues participatifs permet de construire un diagnostic partagé qui dépasse les seules approches réglementaires ou spécialisées, pour intégrer des réalités sociales, économiques et écologiques. Enfin, la gouvernance multi-acteurs, portée par une structure de bassin, garantit la continuité et la cohérence des actions, tout en tenant compte des spécificités locales.

A ce stade plusieurs leviers sont identifiés et font l’objet de point d’attention particuliers :

  • Mieux connaître les prélèvements, notamment en ce qui concerne l’impact des forages particuliers
  • Accompagner les industries dans la diversification de la ressource : études des liens et impacts entre prélèvements dans les eaux souterraines et état des niveaux en surface
  • Connaître et surveiller le karst
  • Mieux prendre en compte les eaux souterraines dans l’aménagement du territoire (notamment les effets de rabattement des nappes)
  • Mieux appréhender le futur point des importations d’eau dans les principes de la solidarité interbassin

Aller plus loin

Le PTGE de l’Huveaune, prévu pour être finalisé courant 2026 et notifié au territoire fin 2026, constitue une étape structurante vers une gestion durable et partagée de la ressource en eau. Il permettra d’alimenter les politiques publiques locales et régionales, d’orienter les documents d’urbanisme et de soutenir les interventions opérationnelles en matière d’économie d’eau, de répartition des prélèvements et d’adaptation au changement climatique.

Sources :
observatoire eptb sevre nantaise

Suivi des étiages sur la Sèvre Nantaise : un dispositif open source pour une meilleure gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant

Enjeux

Sur le bassin versant de la Sèvre Nantaise, la gestion des étiages constitue un enjeu majeur pour préserver les milieux aquatiques et anticiper les tensions sur la ressource en eau.
Avec le changement climatique, les périodes de basses eaux deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses, affectant directement la biodiversité et les usages de l’eau.

Face à ce constat, l’EPTB de la Sèvre Nantaise a souhaité améliorer le partage d’informations et la coordination entre acteurs locaux en s’appuyant sur ses outils informatiques open source et mutualisés.

Les objectifs principaux étaient :

  • Valoriser les suivis d’écoulements réalisés par plusieurs structures partenaires ;
  • Faciliter l’accès aux données pour tous les acteurs de la gestion de l’eau et le grand public.

Déroulé et Gouvernance

Un diagnostic partagé et des partenariats renforcés

Tout au long de la période d’étiage, les observations visuelles sont réalisées par les agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), les techniciens de la Fédération de Pêche de Vendée et ceux de l’EPTB Sèvre Nantaise. Ces suivis concernent les petits cours d’eau du bassin versant, souvent les plus sensibles aux variations hydrologiques.

Jusqu’à présent, ces réseaux de suivi existaient, mais les données étaient dispersées et peu accessibles.
Le projet a donc consisté à centraliser, structurer et valoriser ces informations dans une base commune, grâce à deux outils open source développés par l’EPTB :

  • Sysma, pour la collecte des informations sur le terrain ;
  • OBS, pour la centralisation et la publication des données

La démarche a été conduite en concertation avec :

  • L’OFB,
  • La Fédération de Pêche de Vendée (Fédé 85),
  • L’EPTB Sèvre Nantaise,
  • Et en lien avec Téo – Observatoire Régional de l’Eau des Pays de la Loire.

Une attention particulière a été portée à la traçabilité et la distinction de l’origine des données, garantissant transparence et fiabilité.

Résultats & impacts

Des résultats concrets et mesurables

  • 68 stations de suivi ont été observées durant tout l’étiage.
  • Les écoulements ont été classés selon une typologie standardisée :
    1. Écoulement visible acceptable : continu et visible à l’œil nu ;
    2. Écoulement visible faible : courant faible, écoulement présent mais vulnérable ;
    3. Écoulement non visible : lit encore en eau, mais sans débit ;
    4. Assec : absence totale d’eau sur plus de 50 % de la station ;
    5. Observation impossible.

Ces observations, complétées par des photographies et métadonnées, alimentent une base de données publique et consultable sur le site de l’EPTB.

Des retombées positives pour le territoire

  • Facilitation de l’accès à la donnée pour les acteurs locaux, scientifiques et citoyens ;
  • Sensibilisation accrue du grand public à la fragilité des petits cours d’eau ;
  • Amélioration de la connaissance hydrologique, grâce à la constitution de chroniques de données d’étiage ;
  • Outil d’aide à la décision pour orienter les actions de préservation et de gestion de crise ;
  • Contribution à la résilience territoriale, par une meilleure anticipation des tensions sur la ressource.

Enseignements

Ce projet illustre la capacité d’innovation et d’adaptation des acteurs de la Sèvre Nantaise face aux enjeux climatiques.
  Mis en place rapidement à partir d’outils existants, le dispositif s’avère simple à déployer et réplicable sur d’autres bassins versants.

En s’appuyant sur des technologies libres et mutualisées, l’EPTB favorise la coopération, optimise les moyens et renforce l’efficacité collective dans la gestion de l’eau.
  Les outils Sysma et OBS sont aujourd’hui utilisés sur plus de 20 bassins versants en France, démontrant leur robustesse et leur intérêt à l’échelle nationale.

Les efforts de suivi et les observations de terrain sont ainsi valorisés, donnant une dimension concrète et visuelle à la problématique des étiages.

Pour en savoir plus
SMAVD

Fédérer les acteurs autour de la démarche prospective C3PO

  • BV 14.000 km2
  • 3.7 millions d’habitants desservis en eau potable
  • 110 000 hectares de terres irriguées (90% de PACA)
  • 2 GW de puissance hydroélectrique

Situation

La Durance et son bassin versant se caractérisent par un espace rivière et des milieux naturels remarquables à protéger et à reconquérir, mais aussi des infrastructures hydrauliques exceptionnelles qui apportent une ressource en eau d’une grande importance pour l’ensemble de la région PACA. En effet, les enjeux liés à gestion la ressource en eau du bassin versant de la Durance sont importants et vont bien au-delà de ses limites géographiques, du fait des grands transferts d’eau existants vers l’extérieur du bassin versant.

La hausse des températures induit une diminution et une fonte plus précoce du manteau neigeux, une intensification des sécheresses en fréquence et en intensité et une augmentation des besoins en eau des milieux et des cultures, mettant sous tension la gestion multi-usages.

Bassin, sous-bassin concerné : Durance + bassin déversant (Sud Vaucluse, Bouches-du-Rhône et Var).

Enjeux

Face aux demandes politiques et aux besoins des acteurs du territoire, l’EPTB Durance s’est doté d’un outil permettant de mettre en débat le partage de l’eau entre les différents usagers à la bonne échelle et de manière objectivée.

Objectifs principaux :

  • Reproduire le parcours de l’eau sur le territoire aménagé de la Durance et notamment prendre en compte l’impact des usages actuels (irrigation, eau potable, industrie, hydroélectricité) du stockage et des transferts d’eau sur la ressource
  • Simuler les effets du changement climatique sur la disponibilité et les usages de l’eau
  • Tester des leviers d’adaptation : économies d’eau, gestion de retenues, modernisation des réseaux…
  • Apporter un appui solide à la Commission Locale de l’Eau (CLE) pour la construction du futur SAGE Durance.

Donner aux élus une prise directe sur les choix stratégiques concernant le partage de l’eau.

Déroulé et Gouvernance

La démarche C3PO a reposé sur deux piliers : un développement technique robuste et une collaboration étroite avec les acteurs du territoire.

Éléments clés du déroulé :

  • Développement interne d’un outil numérique complexe, intégrant 30 ans de données hydrologiques et d’usages.
  • Modélisation du fonctionnement des grands ouvrages, des canaux, de la chaîne hydroélectrique et des usages agricoles et urbains.
  • Intégration des données d’hydrologie future du projet Explore 2
  • Partenariats formalisés avec EDF, les Chambres consulaires, le Canal de Provence, la Métropole Aix-Marseille, pour l’accès aux données et la prospective
  • Animation régulière auprès des acteurs pour les différentes étapes d’élaboration de l’outil (construction, calage, scéanrios) : comités, ateliers, présentations en CLE.
  • Saisine officielle du Conseil Scientifique de la Durance pour donner un avis technique sur l’outil C3PO

Cette gouvernance partenariale a permis d’assurer la qualité du modèle, l’appropriation de la démarche par les acteurs du territoire et la légitimité des résultats produits.

Résultats & impacts

Les premières simulations réalisées avec le modèle portent une vocation d’alerte et indiquent une tension croissante sur le système hydrique de la Durance. 

Principaux enseignements issus des simulations :

  • Moindre disponibilité estivale accentuant la tension sur le partage de l’eau
  • Augmentation des restrictions agricoles : 6 à 10 années sur 10 contre 1 aujourd’hui.
  • Diminution du remplissage estival de Serre-Ponçon : niveau de la côte du lac compatible avec le tourisme seulement 4 à 7 années sur 10 selon les le niveau de réchauffement (contre 9 aujourd’hui).
  • Baisse de la production hydroélectrique liée à la réduction des débits exploitables.

Bénéfices du projet :

L’outil favorise la transparence et la communication entre acteurs : il sert à objectiver le partage de l’eau avec des données scientifiques. C3PO permet aujourd’hui :

  • d’offrir une vision claire et partagée des tensions futures,
  • d’orienter les stratégies d’adaptation,
  • d’optimiser la gestion de l’eau sur un bassin aux enjeux majeurs,
  • et de renforcer la résilience hydrique de la région PACA

Enfin, via la mise en place d’une plateforme opérationnelle et multi-acteurs, l’EPTB Durance vise à développer de nouveaux modèles de financement de cette action prospective (ex : collectivités, industriels)

Enseignements

La démarche C3PO a permis de développer une culture du partenariat, renforçant les liens entre institutions, usagers, opérateurs industriels et monde agricole.

Enseignements majeurs :

  • L’anticipation nécessite une modélisation intégrée de la ressource avec la prise en compte des usages et des règles de gestion multi-usages
  •  La co-construction est indispensable pour garantir la confiance et l’appropriation des résultats.
  • L’outil crée une base commune pour une démocratie de l’eau renforcée.
  • L’importance d’un investissement initial ambitieux, largement soutenu par l’Agence de l’eau RMC.

Perspectives :

  •  Construction et test des scénarios d’adaptation (économies, gestion des retenues, répartition des usages)
  • Accélération des travaux de la CLE pour formaliser les orientations stratégiques du futur SAGE Durance.
  •  Intégration progressive d’autres dimensions (qualité de l’eau, biodiversité).
  • Développement d’une plateforme opérationnelle pour pérenniser le modèle économique en mobilisant de nouveaux financements.
Pour en savoir plus :
L'eau en partage

“Préserver l’eau, on s’y met tous” – une démarche de l’EPTB Cèze

  • Climat du Gard : + 1.7° entre 1958 et 2018, + 1.5° en 2050 et + 3° en 2100 (température moyenne annuelle)
  • Baisse des débits de la Cèze (en été) : – 30 % en 2050 et – 50% en 2100
  • Concertation : 100 participants usagers de l’eau sur 2 séries de 3 ateliers

Enjeux

Le bassin de la Cèze connaît actuellement un déficit hydrique moyen de 1,29 million de m³ par an, insuffisant pour répondre aux besoins des usagers et de la faune et flore aquatiques. Ce bassin est régulièrement touché par des sécheresses longues et récurrentes.

Le réchauffement climatique accentue cette situation :

  • Entre 1958 et 2018, la température dans le Gard a augmenté de 1,7°C.
  • Selon l’étude Eau et Climat 3.0 du département du Gard, la température pourrait augmenter de 4°C d’ici 2100 si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas limitées.

Comprendre ces enjeux est essentiel pour anticiper les besoins en eau et protéger les milieux aquatiques et les usages humains.

Déroulé

Pour répondre à ces défis, le Syndicat ABCèze a mis en place une démarche participative structurée autour de la concertation, de la sensibilisation et de l’accompagnement des usager, intitulée « Préserver l’eau, on s’y met tous »

Cette organisation vise à impliquer tous les acteurs du territoire dans la co‑construction de solutions durables. Elle s’articule autour des objectifs suivants :

  1. Concertation : Impliquer tous les usagers de l’eau dans la réflexion sur l’adaptation au changement climatique.
  2. Sensibilisation : Informer habitants et touristes sur les impacts du changement climatique et la nécessité d’économiser l’eau.
  3. Accompagnement : Permettre aux habitants d’acquérir à prix réduit du matériel hydro-économe et des récupérateurs d’eau, et d’exprimer leurs pratiques et besoins.

Résultats et impacts

La démarche a permis de dresser un diagnostic partagé, de mobiliser les usagers et de définir des actions concrètes pour économiser l’eau, adapter les pratiques et renforcer la résilience du bassin face aux sécheresses et au changement climatique. 

>> Diagnostic partagé : le territoire dispose désormais d’un état des lieux du climat, des débits, des usages de l’eau et des tensions sur le bassin.

>> Mobilisation des usagers : l’approche participative a permis une mise autour de la table des acteurs jusqu’alors peu associés (associations, tourisme, industrie).

>> Production de propositions d’actions :

  • Stockage, rétention, infiltration de l’eau
  • Économies d’eau
  • Sensibilisation des habitants et usagers
  • Adaptation des pratiques culturales et des usages collectifs.

>> Pour les collectivités et particuliers : initiation d’équipements hydro‑économes, récupération d’eau de pluie, diagnostics de consommation. Sept communes du bassin ont réalisé une étude de diagnostic de leur consommation en eau avec la mise en place de travaux d’économies d’eau.

À terme, ces actions renforcent la résilience du bassin : capacité accrue à faire face aux sécheresses, meilleure gestion des ressources, mobilisation collective.Le point de vigilance : malgré la concertation, la démarche ne s’est pas encore traduite par un plan d’action formalisé indépendant — ce plan sera intégré à la révision révision du PGRE par la mise en place par l’EPTB d’un PTGE.

Enseignements

La démarche participative sur le bassin de la Cèze a permis de capitaliser plusieurs enseignements clés pour la gestion de l’eau dans un contexte de changement climatique : 

  1. La concertation est efficace : impliquer l’ensemble des usagers, y compris ceux moins directement concernés (tourisme, industries, associations), favorise l’adhésion et la co‑construction de solutions adaptées.
  2. La sensibilisation est indispensable : les habitants et usagers réagissent positivement aux actions concrètes et aux informations claires sur l’état de la ressource et les gestes économes.
  3. L’accompagnement matériel et financier facilite l’action : le prêt ou la subvention de matériels hydro‑économes et de récupérateurs d’eau accélère l’adoption de bonnes pratiques.
  4. Les diagnostics partagés renforcent la résilience : disposer d’un état des lieux précis des usages, des débits et des projections climatiques permet de prioriser les actions et de mieux anticiper les tensions futures.

L’intégration dans le cadre réglementaire est essentielle : les propositions et actions co‑construites doivent ensuite être intégrées dans le PGRE pour assurer un suivi et une pérennité sur le long terme.

Pour en savoir plus :

Le guide “Ressources en eau et Changement climatique : solutions d’adaptation”

Un guide opérationnel pour accompagner les territoires du bassin de la Vienne dans l’adaptation au changement climatique

Enjeux

Dans le cadre du projet européen LIFE Eau & Climat, l’EPTB Vienne a conduit une réflexion approfondie sur les effets du changement climatique sur la ressource en eau du bassin de la Vienne. Cette démarche s’est appuyée sur une étude prospective (2021–2022) révélant des évolutions importantes : hausse des températures, modification du climat régional et baisses marquées de débits, notamment sur les têtes de bassin.

Face à ces constats, un besoin fort d’outils d’aide à la décision pour les communes et intercommunalités s’est exprimé sur le territoire.

  • Comprendre les impacts du changement climatique sur la ressource en eau à l’échelle du bassin.
  • Renforcer la résilience des collectivités face aux sécheresses, tensions quantitatives et évolutions climatiques.
  • Fournir un appui technique et méthodologique aux élus et gestionnaires de l’eau.
  • Mettre à disposition des solutions d’adaptation concrètes, reproductibles et adaptées aux contextes locaux (urbains, ruraux, périurbains).
  • Inscrire l’action de l’EPTB Vienne dans une dynamique nationale (LIFE Eau & Climat) et territoriale (partenaires locaux, séminaires, conférences).

Déroulé

L’EPTB Vienne, partenaire du projet LIFE Eau & Climat, a assuré la maîtrise d’ouvrage de :

  1. L’étude prospective climat–eau, menée sur 12 mois à l’échelle du bassin versant de la Vienne (2021–2022), analysant :
    • les tendances climatiques,
    • les impacts sur les débits,
    • les évolutions hydrologiques à horizon 2030–2050 et au-delà.
  2. La conception du guide « Ressources en eau et changement climatique », structuré en deux parties :
    • analyse des effets du changement climatique sur les sous-bassins,
    • fiches actions d’adaptation prêtes à l’emploi pour les collectivités.

Le projet s’est appuyé sur une forte dynamique de partage : séminaires, conférences, publications, échanges avec les opérateurs locaux et nationaux.

Résultats & impacts

Un guide structurant et opérationnel

Le guide apporte :

  • une vision claire des impacts du changement climatique sur les ressources en eau du bassin ;
  • une boîte à outils d’actions d’adaptation (techniques, organisationnelles, aménagements, gestion, sensibilisation) ;
  • un support pédagogique permettant aux collectivités de comprendre les enjeux et d’agir concrètement ;
  • une cohérence territoriale renforcée, en harmonisant la compréhension et les réponses aux enjeux climatiques.

Un apport majeur de connaissance

L’étude prospective a mis en évidence des tendances fortes :

  • réchauffement marqué,
  • évolution vers un climat plus sec,
  • diminution significative des débits en période d’étiage.

Ces résultats sont aujourd’hui une référence structurante pour les politiques locales de gestion de l’eau.

Des retombées pour les acteurs

  • Meilleure appropriation des enjeux par les élus.
  • Diffusion d’actions reproductibles par les professionnels et particuliers.
  • Renforcement des collaborations entre opérateurs du bassin et à l’échelle nationale via le LIFE.

Enseignements

La production d’un outil clair et illustré facilite grandement l’appropriation des enjeux climatiques par les collectivités.

Une approche prospective à l’échelle du bassin est indispensable pour anticiper les tensions futures et orienter les stratégies locales.

Le travail partenarial (séminaires, partages d’expertise, co-construction) est un levier essentiel pour garantir l’acceptation et l’utilisation du guide.L’adaptation au changement climatique nécessite une vision transversale : eau, aménagement, biodiversité, usages, gouvernance.

Pour en savoir plus :