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Le Pôle Érosion de l’AMEVA : une mission mutualisée pour maîtriser le ruissellement et lutter contre l’érosion des sols

Infos, chiffres clés

  • 82 sous bassins expertisés représentant 54 000 ha à aménager
  • Près de 5000 ouvrages d’hydrauliques douce programmés (haies, fascines, bandes enherbées)

Soutiens

Agence de l’Eau, FEDER, FPRNM

Enjeux et contexte

Le territoire est régulièrement exposé à des épisodes de ruissellement et de coulées de boue, dont la gestion s’avère particulièrement complexe. Les collectivités peinent à agir seules sur un phénomène qui combine à la fois des enjeux hydrauliques, des activités agricoles à forte valeur ajoutée et des contraintes réglementaires. Cette situation rend indispensable un accompagnement structuré, mutualisé et cohérent à l’échelle des bassins versants afin d’apporter une réponse efficace et partagée.

Face à ce constat, l’objectif porté par l’EPTB est de lutter durablement contre le ruissellement et l’érosion des sols en intervenant à des échelles hydrographiques cohérentes, grâce à une expertise mutualisée combinant hydraulique et agronomie. La démarche vise également à accompagner les collectivités dans la conception et le pilotage de leurs programmes, tout en adaptant les stratégies aux effets du changement climatique et à l’intensification des pluies extrêmes. Elle repose enfin sur une meilleure adhésion des propriétaires et des exploitants agricoles, condition essentielle pour assurer l’efficacité et la pérennité des aménagements.

Déroulé, gouvernance et méthode

Mis en place en 2017, le Pôle Érosion repose sur une coopération étroite entre l’AMEVA et SOMEA, permettant d’articuler expertise hydraulique et agronomique au service des collectivités. Le dispositif s’appuie sur un fonctionnement partagé, où l’EPTB pilote l’animation de bassin versant, la coordination des études et l’accompagnement réglementaire, tandis que SOMEA intervient auprès des exploitants pour travailler sur les pratiques agricoles et la mise en place de mesures agronomiques, levier indispensable pour réduire durablement le ruissellement.

Cette gouvernance partagée, structurée autour d’un comité de pilotage réunissant financeurs, partenaires techniques et services de l’État (DDTM, Agence de l’eau…), permet d’assurer une cohérence des actions menées et d’ajuster en continu la stratégie d’intervention selon les enjeux du territoire.

A partir de 2023, le dispositif vise à renforcer son efficacité en engageant une concertation plus précoce avec les agriculteurs, afin de co-construire les programmes et favoriser leur adhésion. Il s’appuie également sur des animations agricoles ciblées sur les bassins prioritaires pour encourager l’évolution des pratiques agronomiques, ainsi que sur une nouvelle priorisation des territoires où le ruissellement impacte fortement les milieux aquatiques. Enfin, il accompagne les collectivités dans l’entretien régulier des ouvrages existants, indispensable pour garantir leur bon fonctionnement.

  • AMEVA (EPTB Somme) : expertise hydraulique, animation territoriale, suivi des ouvrages.
  • SOMEA : expertise agronomique, accompagnement des exploitants, adaptation des pratiques agricoles.

Résultats & impacts

Le Pôle Érosion produit aujourd’hui des résultats concrets et mesurables à l’échelle du bassin. En 2023, 18 programmes sont suivis, couvrant près de 55 000 hectares, ce qui témoigne de l’ampleur de la démarche et de la montée en puissance progressive du dispositif. L’accompagnement a permis l’émergence de maîtrises d’ouvrage publiques désormais actives sur les deux tiers du bassin, condition essentielle pour agir efficacement et durablement à l’échelle des versants.

Cette structuration renforce la cohérence territoriale des interventions et améliore la capacité des collectivités comme des exploitants à comprendre, prévenir et gérer le ruissellement. Le travail étroit mené avec la DDTM contribue également à optimiser les procédures réglementaires, facilitant l’instruction et la mise en œuvre des projets. Par ailleurs, l’entretien régulier et accompagné des ouvrages (noues, fossés, bassins) garantit une meilleure efficacité hydraulique et prolonge la durée de vie des aménagements. Enfin, la nouvelle priorisation des actions engagée avec l’Agence de l’eau permet de concentrer les efforts sur les bassins versants où le ruissellement impacte le plus fortement les milieux aquatiques, renforçant ainsi la portée environnementale du dispositif.

Enseignements

  • La mutualisation AMEVA–SOMEA est un levier essentiel pour agir efficacement sur un phénomène multi-facteur, qui impacte les biens et les personnes (près d’une commune sur deux ayant fait l’objet d’un arrêté CATNAT), mais aussi la fonctionnalité des milieux aquatiques ainsi que le capital sol
  • L’adhésion agricole est une condition clé de réussite : d’où la nécessité d’une concertation plus précoce.
  • Le changement climatique impose de renforcer continuellement animation, priorisation et entretien.
  • Le Pôle Érosion devient progressivement un outil structurant de gestion du territoire, au croisement de l’hydraulique, de l’agriculture et de l’environnement.
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Pour en savoir plus :
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Trèbes : d’un projet hydraulique à un projet global d’Aménagement

Info et chiffres clés

Le projet est financé à 2,44 M€ (PAPI 3 de l’Aude) dont :

  • État : 50 %
  • Département : 19,75 %
  • Région : 10,25 %
  • EPTB : 20 %

Situation

Le territoire du SMMAR EPTB Aude s’étend sur :

  • 419 communes
  • 5 départements (11, 09, 34, 66, 81)
  • 16 EPCI ayant transféré intégralement la compétence GEMAPI à l’EPTB et qui lèvent tous la taxe GEMAPI

Le bassin de l’Aude est particulièrement vulnérable aux précipitations méditerranéennes avec 90 % du bassin exposé au risque inondation. Le 15 octobre 2018, le bassin connaît un événement particulièrement dévastateur avec :

  • 350 mm de pluie en moins de 10 h
  • une montée des eaux de 7 mètres en 8 h
  • 15 décès sur le bassin, dont 5 à Trèbes

Cet épisode dramatique déclenche une prise de conscience profonde : la technique seule ne suffit plus face à l’évolution des enjeux. Reconstruire « à l’identique » n’est ni souhaitable, ni durable.

Enjeux et Objectifs

L’enjeu central de l’opération consistait à dépasser une approche strictement hydraulique et technique de la gestion du risque pour engager un véritable projet global d’aménagement, fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique, le développement de nouveaux usages et la reconnexion entre les habitants et le fleuve.

Cette ambition se décline en plusieurs objectifs complémentaires. Le projet visait d’abord à redonner de l’espace au fleuve, condition indispensable pour réduire l’énergie des crues et atténuer leurs effets. Il s’agissait également, par des actions complémentaires portées par la Ville de Trèbes, de recomposer un quartier entier, en prenant pleinement en compte sa vulnérabilité et en repensant et adaptant ses usages. La restauration des continuités écologiques et des fonctions naturelles du lit majeur constituait un autre axe majeur, indispensable à la qualité des milieux et au fonctionnement hydraulique.

L’opération poursuit en parallèle la réduction du risque inondation pour les habitants, tout en créant des espaces publics attractifs et de reconnecter les habitants à leur fleuve. Enfin, l’ensemble de la démarche repose sur la volonté de bâtir un projet partagé, intégré et pérenne, qui englobe une approche de réduction du risque et de recomposition urbaine.

L’enjeu majeur est de passer d’une logique strictement hydraulique de prévention des inondations à un projet global d’aménagement fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique.

Déroulé et Gouvernance

Le projet se construit sur 7 ans, dans une dynamique entièrement collaborative. Le SMMAR – EPTB Aude joue un rôle moteur, assumant la maîtrise d’ouvrage et orchestrant cette opération en étroite collaboration avec la commune de Trèbes, impliquant élus, services municipaux et habitants à chaque étape.

De nombreux partenaires institutionnels ont contribué à la réussite du projet :

  • Le SMMAR EPTB Aude maître d’ouvrage et la Ville de Trèbes ont coconstruit le projet d’aménagement avec l’appui du maître d’œuvre SCE spécialisé en hydraulique fluviale et aménagement, et avec l’architecte Eric DANIEL-LACOMBE spécialisé dans la résilience inondation.
  • Carcassonne Agglo, le service risques de la DDTM de l’Aude, les services Eau du Département et de la Région Occitanie, ont accompagné le portage du projet via divers comités techniques.
  • L’EPF Occitanie a assuré une maîtrise foncière 100 % amiable.
  • L’Architecte des Bâtiments de France et le CAUE de l’Aude ont apporté leur expertise paysagère.
  • La DDTM (services risques, aménagement, agriculture et biodiversité) ont veillé à la conformité réglementaire.
  • L’Office Français de la Biodiversité, la Fédération de pêche et l’AAPPMA de Trèbes ont été des partenaires clés.
  • D’autres acteurs comme la police municipale, les services technique et urbanisme de la Ville, le SDIS ou encore la chambre d’agriculture ont également ponctuellement contribué au projet.

La démarche repose sur une méthode profondément ancrée dans la concertation. Tout au long du projet, habitants et élus ont été associés, via des temps d’échanges et des phases de définition collective des usages. Cette dynamique participative a permis de décloisonner totalement les approches — hydraulique, urbanisme, écologie, paysage — pour construire une vision commune et cohérente de l’aménagement.

Résultats et Impacts

Après plusieurs années, Trèbes bénéficie d’un véritable espace résilient, où le fleuve retrouve sa place et où les usages urbains se réinventent en harmonie avec le risque et en adéquation avec la nature.

L’acquisition de 13 hectares sur la traversée de Trèbes permet de rendre à l’Aude son espace de bon fonctionnement et de dissiper latéralement son énergie lors des crues.

L’école a été reconstruite en zone inondable, sur pilotis, mais dans des espaces de moindre vulnérabilité, et ce afin de conserver la vie du quartier.

La création d’un espace public de haute qualité a constitué un autre pilier du projet. L’aménagement paysager, conçu en concertation étroite avec les habitants, a fait l’objet d’une attention particulière. L’ambition était de produire un véritable « effet waouh » pour donner envie aux habitants de revenir au bord de la rivière et de se réapproprier ce paysage. Un verger citoyen, accessible en libre cueillette, enrichit ce nouvel ensemble et contribue à renforcer le lien social autour des espaces naturels.

La réussite du projet tient autant à l’aménagement final qu’au chemin parcouru : une profonde évolution des pratiques et des modes de pensée, rendu possible par un engagement politique déterminé.

Résultats techniques

  • Création de lits moyens permettant d’abaisser la ligne d’eau jusqu’à 50 cm en crue,
  • Suppression d’un ancien plan d’eau artificiel permettant d’éviter le prélèvement annuel de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau,
  • Aménagement de pentes douces, sols perméables, fossés humides de type noues, dans un souci permanent de perméabilité plutôt que de drainage,
  • Plantation de 250 arbres, création d’une forêt alluviale, avec une végétalisation par des essences méditerranéennes ne nécessitant pas d’arrosage.

Résultats institutionnels

  • Un modèle de recomposition urbaine inspirant et facilement reproductible pour d’autres collectivités,
  • Une opération reconnue : lauréat du Prix national Art Urbain 2025, mention environnement.

Enseignements

Cette opération montre qu’un EPTB est un véritable acteur de l’aménagement du territoire, capable de dépasser la simple gestion du risque pour impulser et coordonner des projets urbains innovants rendus indispensables par le changement climatique.

Parmi les principaux enseignements :

  • la volonté politique et le changement de culture sont déterminants,
  • reconstruire différemment est impératif dans un contexte de changement climatique,
  • décloisonner les pratiques (hydraulique / urbanisme / paysage / écologie) est la clé du succès,
  • la co-construction sur le temps long sécurise, enrichit et légitimise le projet.
Pour en savoir plus :

ZEC du SAGE Yèvre-Auron

Exploitation des zones de crues sur le bassin de la Loire et ses affluents

Informations clés
  • Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large du dossier de gestion du risque inondation du bassin, notamment le Plan Loire Grandeur Nature et le Plan de Gestion du Risque Inondation Loire-Bretagne (PGRI).
  • 6 300 zones d’expansion de crues (ZEC) potentielles ont été identifiées à l’échelle du bassin, correspondant à environ 5 700 km².
  • Une étude spécifique sur le bassin du Loir (2019–2021) a montré que, dans ce sous-bassin, environ 7 % de la population vit en zone inondable.

Enjeux et contexte

Le projet vise à réduire le risque d’inondation en tirant parti des zones naturelles d’expansion des crues, afin de diminuer l’impact des crues sur les personnes, les biens, l’économie et les infrastructures.

Contexte : le bassin de la Loire – connu pour ses crues historiques – reste vulnérable malgré digues et barrages.

Le projet tente de répondre à un besoin de gestion intégrée, à l’échelle du bassin, au-delà des logiques communales ou départementales, car le phénomène de crue ne s’arrête pas à ces limites.

–          Lien Stratégie / planification / programmation bassin

La démarche s’insère dans les grands cadres planifiés du bassin : Plan Loire Grandeur Nature pour la gestion intégrée du fleuve, et le PGRI Loire-Bretagne, qui fixe comme priorité la préservation des capacités d’écoulement et des zones d’expansion des crues.

Les ZEC sont considérées comme des « solutions fondées sur la nature », alignées avec les orientations du SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) du bassin.  

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin (EP Loire)

Porter cette démarche à l’échelle de l’ensemble du bassin par EP Loire garantit cohérence hydraulique amont-aval : éviter les effets négatifs d’actions isolées.

L’EP Loire a pu mobiliser des effets leviers : mutualisation de l’expertise, accès à des financements (notamment européens via FEDER), coordination entre nombreux acteurs (collectivités, État, agences de l’eau, associations, usagers).

Cette approche supra-territoriale permet aussi de prioriser les actions sur les sites les plus pertinents – là où le potentiel de stockage et l’exposition au risque sont les plus importants.

Déroulé et Gouvernance

  • Diagnostic global (phase 1) : capitalisation des connaissances existantes (études hydrauliques anciennes, modélisations, PPRI, SAGE, études « 3P » sur l’Allier, etc.).
  • Identification et hiérarchisation des ZEC potentielles (phase 2) : estimation des capacités de stockage, évaluation des enjeux, vulnérabilité, faisabilité – technique, écologique, sociale, financière.
  • Concertation et partenariats : mobilisation des collectivités territoriales, des services de l’État, de l’agence de l’eau, des gestionnaires d’espaces (SAFER, Conservatoires d’espaces naturels, etc.), des SAGE (schémas d’aménagement et de gestion des eaux).
  • Déclinaisons territoriales sur 24 zooms : certains affluents et sous-bassins retenus pour des études plus fines et éventuelles actions opérationnelles.

Résultats et impacts

  • Confirmation que les ZEC fonctionnent comme des tampons naturels : elles permettent de ralentir et d’écrêter les crues, entraînant un débit en aval réduit – ce qui diminue la hauteur d’eau et les dommages potentiels.
  • Sur le Loir, la préservation des ZEC existantes est privilégiée plutôt que la création de nouvelles – les modélisations montrant qu’en l’état, les volumes à stocker lors de crues majeures sont trop importants pour être efficacement gérés via des aménagements ponctuels.
  • Contribution à la réduction de la vulnérabilité des territoires exposés (populations, activités économiques, infrastructures) – notamment en offrant plus de temps d’alerte, en limitant les hauteurs d’eau, et en permettant une gestion plus préventive des crues.
  • Co-bénéfices environnementaux : la préservation / restauration de ces zones favorise les milieux naturels, la biodiversité, la qualité de l’eau, la résilience écologique face aux variations hydrologiques.

En termes d’adaptation au changement climatique, ces ZEC représentent une approche souple et durable : moins dépendantes d’infrastructures lourdes souvent coûteuses, elles s’inscrivent dans une gestion adaptative du risque, capable d’évoluer avec les aléas hydrologiques.

Enseignements et perspectives

  • Toute valorisation des ZEC nécessite une concertation locale fine entre collectivités, usagers, agriculteurs, gestionnaires fonciers.
  • L’efficacité de la démarche dépend de la préservation des sols non artificialisés – l’urbanisation, le remblaiement, la densification en zone péri­urbaine ou en aval peuvent réduire fortement la capacité de stockage naturelle. Ceci souligne l’importance de politiques d’urbanisme cohérentes avec les objectifs de résilience.
  • À l’échelle du bassin, la combinaison des ZEC avec des infrastructures « dures » reste indispensable : le mix digues + ZEC + renaturation + gestion des zones humides offre la meilleure résilience.

Perspectives : densifier les études localisées (zoom territoires), intégrer les ZEC dans les plans d’urbanisme, encourager les solutions fondées sur la nature, développer un réseau « ZEC » à l’échelle du bassin, et renforcer la coordination entre acteurs.

Ces travaux ont également permis d’alimenter plusieurs démarches de programmes d’études préalables à un PAPI comme sur le Cher (affluent de la Loire). Fin 2025, ces actions sont en réflexion et permettrons peut-être d’aboutir à la réalisation de travaux dans le cadre de la mise en œuvre des PAPI correspondants.

En savoir plus
EP Garonne

AG’EAU : intégrer l’eau au cœur de l’aménagement

Chiffre clé : + de 10 ans de données consolidées (inventaires, pressions, fonctionnalités) intégrées dans un outil interactif pour sécuriser et orienter les projets d’aménagement.

observatoire eptb sevre nantaise

Suivi des étiages sur la Sèvre Nantaise : un dispositif open source pour une meilleure gestion de l’eau à l’échelle du bassin versant

Enjeux

Sur le bassin versant de la Sèvre Nantaise, la gestion des étiages constitue un enjeu majeur pour préserver les milieux aquatiques et anticiper les tensions sur la ressource en eau.
Avec le changement climatique, les périodes de basses eaux deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses, affectant directement la biodiversité et les usages de l’eau.

Face à ce constat, l’EPTB de la Sèvre Nantaise a souhaité améliorer le partage d’informations et la coordination entre acteurs locaux en s’appuyant sur ses outils informatiques open source et mutualisés.

Les objectifs principaux étaient :

  • Valoriser les suivis d’écoulements réalisés par plusieurs structures partenaires ;
  • Faciliter l’accès aux données pour tous les acteurs de la gestion de l’eau et le grand public.

Déroulé et Gouvernance

Un diagnostic partagé et des partenariats renforcés

Tout au long de la période d’étiage, les observations visuelles sont réalisées par les agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), les techniciens de la Fédération de Pêche de Vendée et ceux de l’EPTB Sèvre Nantaise. Ces suivis concernent les petits cours d’eau du bassin versant, souvent les plus sensibles aux variations hydrologiques.

Jusqu’à présent, ces réseaux de suivi existaient, mais les données étaient dispersées et peu accessibles.
Le projet a donc consisté à centraliser, structurer et valoriser ces informations dans une base commune, grâce à deux outils open source développés par l’EPTB :

  • Sysma, pour la collecte des informations sur le terrain ;
  • OBS, pour la centralisation et la publication des données

La démarche a été conduite en concertation avec :

  • L’OFB,
  • La Fédération de Pêche de Vendée (Fédé 85),
  • L’EPTB Sèvre Nantaise,
  • Et en lien avec Téo – Observatoire Régional de l’Eau des Pays de la Loire.

Une attention particulière a été portée à la traçabilité et la distinction de l’origine des données, garantissant transparence et fiabilité.

Résultats & impacts

Des résultats concrets et mesurables

  • 68 stations de suivi ont été observées durant tout l’étiage.
  • Les écoulements ont été classés selon une typologie standardisée :
    1. Écoulement visible acceptable : continu et visible à l’œil nu ;
    2. Écoulement visible faible : courant faible, écoulement présent mais vulnérable ;
    3. Écoulement non visible : lit encore en eau, mais sans débit ;
    4. Assec : absence totale d’eau sur plus de 50 % de la station ;
    5. Observation impossible.

Ces observations, complétées par des photographies et métadonnées, alimentent une base de données publique et consultable sur le site de l’EPTB.

Des retombées positives pour le territoire

  • Facilitation de l’accès à la donnée pour les acteurs locaux, scientifiques et citoyens ;
  • Sensibilisation accrue du grand public à la fragilité des petits cours d’eau ;
  • Amélioration de la connaissance hydrologique, grâce à la constitution de chroniques de données d’étiage ;
  • Outil d’aide à la décision pour orienter les actions de préservation et de gestion de crise ;
  • Contribution à la résilience territoriale, par une meilleure anticipation des tensions sur la ressource.

Enseignements

Ce projet illustre la capacité d’innovation et d’adaptation des acteurs de la Sèvre Nantaise face aux enjeux climatiques.
  Mis en place rapidement à partir d’outils existants, le dispositif s’avère simple à déployer et réplicable sur d’autres bassins versants.

En s’appuyant sur des technologies libres et mutualisées, l’EPTB favorise la coopération, optimise les moyens et renforce l’efficacité collective dans la gestion de l’eau.
  Les outils Sysma et OBS sont aujourd’hui utilisés sur plus de 20 bassins versants en France, démontrant leur robustesse et leur intérêt à l’échelle nationale.

Les efforts de suivi et les observations de terrain sont ainsi valorisés, donnant une dimension concrète et visuelle à la problématique des étiages.

Pour en savoir plus
SMAVD

Fédérer les acteurs autour de la démarche prospective C3PO

  • BV 14.000 km2
  • 3.7 millions d’habitants desservis en eau potable
  • 110 000 hectares de terres irriguées (90% de PACA)
  • 2 GW de puissance hydroélectrique

Situation

La Durance et son bassin versant se caractérisent par un espace rivière et des milieux naturels remarquables à protéger et à reconquérir, mais aussi des infrastructures hydrauliques exceptionnelles qui apportent une ressource en eau d’une grande importance pour l’ensemble de la région PACA. En effet, les enjeux liés à gestion la ressource en eau du bassin versant de la Durance sont importants et vont bien au-delà de ses limites géographiques, du fait des grands transferts d’eau existants vers l’extérieur du bassin versant.

La hausse des températures induit une diminution et une fonte plus précoce du manteau neigeux, une intensification des sécheresses en fréquence et en intensité et une augmentation des besoins en eau des milieux et des cultures, mettant sous tension la gestion multi-usages.

Bassin, sous-bassin concerné : Durance + bassin déversant (Sud Vaucluse, Bouches-du-Rhône et Var).

Enjeux

Face aux demandes politiques et aux besoins des acteurs du territoire, l’EPTB Durance s’est doté d’un outil permettant de mettre en débat le partage de l’eau entre les différents usagers à la bonne échelle et de manière objectivée.

Objectifs principaux :

  • Reproduire le parcours de l’eau sur le territoire aménagé de la Durance et notamment prendre en compte l’impact des usages actuels (irrigation, eau potable, industrie, hydroélectricité) du stockage et des transferts d’eau sur la ressource
  • Simuler les effets du changement climatique sur la disponibilité et les usages de l’eau
  • Tester des leviers d’adaptation : économies d’eau, gestion de retenues, modernisation des réseaux…
  • Apporter un appui solide à la Commission Locale de l’Eau (CLE) pour la construction du futur SAGE Durance.

Donner aux élus une prise directe sur les choix stratégiques concernant le partage de l’eau.

Déroulé et Gouvernance

La démarche C3PO a reposé sur deux piliers : un développement technique robuste et une collaboration étroite avec les acteurs du territoire.

Éléments clés du déroulé :

  • Développement interne d’un outil numérique complexe, intégrant 30 ans de données hydrologiques et d’usages.
  • Modélisation du fonctionnement des grands ouvrages, des canaux, de la chaîne hydroélectrique et des usages agricoles et urbains.
  • Intégration des données d’hydrologie future du projet Explore 2
  • Partenariats formalisés avec EDF, les Chambres consulaires, le Canal de Provence, la Métropole Aix-Marseille, pour l’accès aux données et la prospective
  • Animation régulière auprès des acteurs pour les différentes étapes d’élaboration de l’outil (construction, calage, scéanrios) : comités, ateliers, présentations en CLE.
  • Saisine officielle du Conseil Scientifique de la Durance pour donner un avis technique sur l’outil C3PO

Cette gouvernance partenariale a permis d’assurer la qualité du modèle, l’appropriation de la démarche par les acteurs du territoire et la légitimité des résultats produits.

Résultats & impacts

Les premières simulations réalisées avec le modèle portent une vocation d’alerte et indiquent une tension croissante sur le système hydrique de la Durance. 

Principaux enseignements issus des simulations :

  • Moindre disponibilité estivale accentuant la tension sur le partage de l’eau
  • Augmentation des restrictions agricoles : 6 à 10 années sur 10 contre 1 aujourd’hui.
  • Diminution du remplissage estival de Serre-Ponçon : niveau de la côte du lac compatible avec le tourisme seulement 4 à 7 années sur 10 selon les le niveau de réchauffement (contre 9 aujourd’hui).
  • Baisse de la production hydroélectrique liée à la réduction des débits exploitables.

Bénéfices du projet :

L’outil favorise la transparence et la communication entre acteurs : il sert à objectiver le partage de l’eau avec des données scientifiques. C3PO permet aujourd’hui :

  • d’offrir une vision claire et partagée des tensions futures,
  • d’orienter les stratégies d’adaptation,
  • d’optimiser la gestion de l’eau sur un bassin aux enjeux majeurs,
  • et de renforcer la résilience hydrique de la région PACA

Enfin, via la mise en place d’une plateforme opérationnelle et multi-acteurs, l’EPTB Durance vise à développer de nouveaux modèles de financement de cette action prospective (ex : collectivités, industriels)

Enseignements

La démarche C3PO a permis de développer une culture du partenariat, renforçant les liens entre institutions, usagers, opérateurs industriels et monde agricole.

Enseignements majeurs :

  • L’anticipation nécessite une modélisation intégrée de la ressource avec la prise en compte des usages et des règles de gestion multi-usages
  •  La co-construction est indispensable pour garantir la confiance et l’appropriation des résultats.
  • L’outil crée une base commune pour une démocratie de l’eau renforcée.
  • L’importance d’un investissement initial ambitieux, largement soutenu par l’Agence de l’eau RMC.

Perspectives :

  •  Construction et test des scénarios d’adaptation (économies, gestion des retenues, répartition des usages)
  • Accélération des travaux de la CLE pour formaliser les orientations stratégiques du futur SAGE Durance.
  •  Intégration progressive d’autres dimensions (qualité de l’eau, biodiversité).
  • Développement d’une plateforme opérationnelle pour pérenniser le modèle économique en mobilisant de nouveaux financements.
Pour en savoir plus :
Atlas des Zones Inondables - SMAVD

Atlas Dynamique des Zones Inondables (ADZI) sur l’axe Durance : un référentiel partagé pour l’anticipation et la gestion de crise à l’échelle du bassin

Enjeux

L’ADZI vise à combler un écart opérationnel majeur entre la prévision des débits et la compréhension concrète des impacts sur les territoires. Avant le projet, les acteurs de la gestion de crise disposaient de données hydrologiques difficiles à traduire en conséquences spatialisées pour les communes, les infrastructures et les populations. L’objectif du SMAVD était donc de fournir un outil commun, partagé et directement mobilisable, afin d’améliorer l’anticipation des phénomènes d’inondation et la prise de décision en situation de crise, dans un contexte de forte exposition du bassin de la Durance aux crues rapides et potentiellement aggravées par le changement climatique.

Le projet s’inscrit pleinement dans les missions de l’EPTB de la Durance, en matière de prévention des inondations, de coordination des acteurs et de structuration d’une vision cohérente à l’échelle du bassin versant. Les Atlas Dynamiques constituent par ailleurs la donnée d’entrée du projet national Viginonde sur l’axe Durance, positionnant l’ADZI comme un socle technique partagé entre les démarches locales et nationales de prévision et de gestion du risque inondation.

 Le portage par le SMAVD a permis de dépasser une approche fragmentée ou communale du risque pour construire un outil homogène à l’échelle du bassin. En tant qu’EPTB, le SMAVD a garanti la cohérence technique des modèles, leur compatibilité avec les outils nationaux, ainsi que leur appropriation par l’ensemble des acteurs concernés. Cette position de structure neutre et intégratrice a facilité l’émergence d’un référentiel commun, reconnu aussi bien par les services de l’État que par les collectivités locales.

Déroulé et méthode

Le projet a été conçu à partir d’un diagnostic des pratiques et des besoins exprimés par les acteurs de la prévention et de la gestion du risque inondation. Le Service Hydraulique du SMAVD a ensuite réalisé l’ensemble des modélisations hydrauliques en interne, mobilisant le logiciel TELEMAC 2D sur plus de 140 km de linéaire de rivière. L’ADZI a vocation à être utilisé par un large panel d’acteurs impliqués dans la gestion de crise, notamment les préfectures, les services départementaux d’incendie et de secours, les gestionnaires routiers, les communes, les EPCI et autres partenaires institutionnels du bassin.

Résultats, impacts et bénéfices

Les Atlas Dynamiques des Zones Inondables constituent aujourd’hui une référence partagée pour la gestion des crues sur la Durance. En fournissant une lecture spatialisée et directement exploitable des prévisions de crue, l’outil améliore la préparation des acteurs, la coordination interservices et la réactivité en situation de crise. Son intégration au projet national Viginonde témoigne de sa robustesse et de sa reconnaissance à une échelle plus large. À moyen et long termes, l’ADZI contribue à renforcer la résilience du territoire face aux événements extrêmes, dont la fréquence et l’intensité sont appelées à évoluer sous l’effet du changement climatique.

Enseignements

L’expérience de l’ADZI montre l’intérêt de développer des outils opérationnels à l’échelle du bassin, conçus au plus près des besoins des utilisateurs finaux. Elle souligne également la valeur ajoutée d’une expertise technique internalisée au sein d’un EPTB, capable de produire, de faire évoluer et de partager des outils stratégiques au service de l’intérêt général.

Pour en savoir plus :

Le guide “Ressources en eau et Changement climatique : solutions d’adaptation”

Un guide opérationnel pour accompagner les territoires du bassin de la Vienne dans l’adaptation au changement climatique

Enjeux

Dans le cadre du projet européen LIFE Eau & Climat, l’EPTB Vienne a conduit une réflexion approfondie sur les effets du changement climatique sur la ressource en eau du bassin de la Vienne. Cette démarche s’est appuyée sur une étude prospective (2021–2022) révélant des évolutions importantes : hausse des températures, modification du climat régional et baisses marquées de débits, notamment sur les têtes de bassin.

Face à ces constats, un besoin fort d’outils d’aide à la décision pour les communes et intercommunalités s’est exprimé sur le territoire.

  • Comprendre les impacts du changement climatique sur la ressource en eau à l’échelle du bassin.
  • Renforcer la résilience des collectivités face aux sécheresses, tensions quantitatives et évolutions climatiques.
  • Fournir un appui technique et méthodologique aux élus et gestionnaires de l’eau.
  • Mettre à disposition des solutions d’adaptation concrètes, reproductibles et adaptées aux contextes locaux (urbains, ruraux, périurbains).
  • Inscrire l’action de l’EPTB Vienne dans une dynamique nationale (LIFE Eau & Climat) et territoriale (partenaires locaux, séminaires, conférences).

Déroulé

L’EPTB Vienne, partenaire du projet LIFE Eau & Climat, a assuré la maîtrise d’ouvrage de :

  1. L’étude prospective climat–eau, menée sur 12 mois à l’échelle du bassin versant de la Vienne (2021–2022), analysant :
    • les tendances climatiques,
    • les impacts sur les débits,
    • les évolutions hydrologiques à horizon 2030–2050 et au-delà.
  2. La conception du guide « Ressources en eau et changement climatique », structuré en deux parties :
    • analyse des effets du changement climatique sur les sous-bassins,
    • fiches actions d’adaptation prêtes à l’emploi pour les collectivités.

Le projet s’est appuyé sur une forte dynamique de partage : séminaires, conférences, publications, échanges avec les opérateurs locaux et nationaux.

Résultats & impacts

Un guide structurant et opérationnel

Le guide apporte :

  • une vision claire des impacts du changement climatique sur les ressources en eau du bassin ;
  • une boîte à outils d’actions d’adaptation (techniques, organisationnelles, aménagements, gestion, sensibilisation) ;
  • un support pédagogique permettant aux collectivités de comprendre les enjeux et d’agir concrètement ;
  • une cohérence territoriale renforcée, en harmonisant la compréhension et les réponses aux enjeux climatiques.

Un apport majeur de connaissance

L’étude prospective a mis en évidence des tendances fortes :

  • réchauffement marqué,
  • évolution vers un climat plus sec,
  • diminution significative des débits en période d’étiage.

Ces résultats sont aujourd’hui une référence structurante pour les politiques locales de gestion de l’eau.

Des retombées pour les acteurs

  • Meilleure appropriation des enjeux par les élus.
  • Diffusion d’actions reproductibles par les professionnels et particuliers.
  • Renforcement des collaborations entre opérateurs du bassin et à l’échelle nationale via le LIFE.

Enseignements

La production d’un outil clair et illustré facilite grandement l’appropriation des enjeux climatiques par les collectivités.

Une approche prospective à l’échelle du bassin est indispensable pour anticiper les tensions futures et orienter les stratégies locales.

Le travail partenarial (séminaires, partages d’expertise, co-construction) est un levier essentiel pour garantir l’acceptation et l’utilisation du guide.L’adaptation au changement climatique nécessite une vision transversale : eau, aménagement, biodiversité, usages, gouvernance.

Pour en savoir plus :