charente 2050

Charente 2050 : une démarche prospective de bassin pour anticiper les tensions sur l’eau et construire une vision partagée 

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet concerne l’ensemble du bassin versant de la Charente. Cette échelle globale permet d’appréhender de façon cohérente les interactions entre amont et aval, entre usages et milieux, et d’intégrer les différents sous-bassins dans une réflexion commune sur l’avenir de la ressource en eau.

Structures porteuses

La démarche Charente 2050 est portée par l’EPTB Charente.

Infos clés

Le projet s’inscrit dans un horizon prospectif à long terme, avec un cap fixé à 2050, permettant d’explorer les évolutions possibles des ressources en eau et des usages dans un contexte de changement climatique.

La démarche s’appuie sur des travaux de diagnostic, de scénarisation et de concertation menés sur plusieurs années, associant un nombre important d’acteurs institutionnels et techniques du bassin.

Elle a abouti à la formalisation d’un plan d’adaptation stratégique, validé collectivement, destiné à éclairer et orienter les politiques publiques locales sans se substituer aux compétences opérationnelles des maîtres d’ouvrage.

Enjeux et contexte

Dans un contexte de changement climatique marqué par des épisodes de sécheresse plus fréquents, une variabilité accrue des débits et une pression croissante sur la ressource, le bassin de la Charente est confronté à des tensions croissantes entre les usages. Le projet Charente 2050 vise à répondre au besoin d’une vision partagée et anticipatrice, permettant de dépasser les approches sectorielles et de préparer collectivement le territoire aux évolutions à venir.

  • Lien avec la stratégie et la planification de bassin

Charente 2050 s’inscrit pleinement dans une logique de planification stratégique de bassin. La démarche a vocation à alimenter, à terme, les documents de planification et les programmes opérationnels portés par les différents acteurs. Les pistes d’adaptation identifiées n’ont pas vocation à être mises en œuvre directement par l’EPTB, mais à être intégrées dans les stratégies et actions des collectivités et des services compétents, notamment dans le domaine de l’eau potable, où plusieurs maîtres d’ouvrage ont engagé leurs propres études prospectives.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par l’EPTB Charente garantit une approche impartiale et transversale, à l’échelle pertinente du bassin versant. Cette position permet de dépasser les logiques institutionnelles ou sectorielles et de faciliter le dialogue entre des acteurs aux intérêts parfois divergents. Le syndicat de bassin joue un rôle clé pour structurer la réflexion collective, assurer la cohérence des messages et renforcer l’appropriation des enjeux climatiques à l’échelle du territoire.

Déroulé et gouvernance

Charente 2050 est une démarche qui vise à anticiper l’avenir du territoire, en croisant des études techniques, des scénarios possibles et de la concertation avec les acteurs locaux. Une première phase de diagnostic a permis de dresser un état des lieux partagé du bassin de la Charente, en croisant les connaissances existantes sur la ressource en eau, les usages, les milieux aquatiques et les dynamiques territoriales, avec les projections liées au changement climatique. Ce socle commun a servi de base à l’élaboration de scénarios prospectifs à l’horizon 2050, visant à explorer différentes trajectoires possibles d’évolution du territoire et de ses équilibres hydrologiques.

La gouvernance du projet repose sur une mobilisation large et progressive des acteurs du bassin. L’EPTB Charente a joué un rôle central d’animation et de coordination, en veillant à associer les collectivités territoriales, les gestionnaires de l’eau potable, les acteurs agricoles, les représentants des usages économiques, les associations, ainsi que les services de l’État et les partenaires institutionnels. Des instances de suivi et des temps d’échanges réguliers ont permis de partager les diagnostics, de débattre des scénarios et de confronter les points de vue, dans une logique de co-construction et d’appropriation collective des enjeux.

La méthode retenue privilégie une approche transversale et intégrée, visant à décloisonner les thématiques habituellement traitées séparément. En articulant gestion quantitative, préservation des milieux aquatiques, usages de l’eau et aménagement du territoire, la démarche a permis de faire émerger une compréhension commune des interdépendances à l’échelle du bassin. L’EPTB Charente a assuré la mise en cohérence des contributions, tout en garantissant une posture neutre et fédératrice, indispensable pour aborder des sujets sensibles tels que les tensions sur la ressource ou les arbitrages entre usages.

Enfin, la démarche a été pensée dès l’origine comme un cadre stratégique d’aide à la décision, et non comme un programme opérationnel. Les travaux menés et les pistes d’adaptation identifiées ont vocation à être reprises et traduites par les acteurs compétents dans leurs propres stratégies, plans et programmes. Cette méthode progressive et partenariale a permis de consolider une dynamique de dialogue à long terme sur le bassin, tout en laissant aux maîtres d’ouvrage la responsabilité de la mise en œuvre opérationnelle.

Résultats et impacts

Le principal résultat de la démarche Charente 2050 réside dans la construction d’une vision partagée et objectivée des enjeux futurs liés à l’eau à l’échelle du bassin. Le projet a permis de dépasser une approche centrée uniquement sur la gestion quantitative ou sur l’eau potable, en abordant de manière transversale un large ensemble de thématiques structurant l’avenir du territoire. La réflexion intègre ainsi les évolutions de la ressource en eau sous l’effet du changement climatique, la disponibilité des eaux superficielles et souterraines, les usages agricoles, industriels et domestiques, la préservation des milieux aquatiques et des zones humides, ainsi que les enjeux liés aux inondations, aux étiages et à la qualité des eaux. D’autres dimensions, telles que l’aménagement du territoire, les dynamiques socio-économiques, les pratiques agricoles ou encore les besoins énergétiques, sont également prises en compte afin de mieux comprendre les interactions entre eau, activités humaines et milieux naturels.

Sur le plan opérationnel, même si Charente 2050 n’a pas vocation à porter directement des actions, la démarche a déjà produit des effets concrets en structurant un cadre commun de réflexion pour l’ensemble de ces thématiques. Elle a notamment contribué à mobiliser les acteurs de l’eau potable, qui ont engagé leurs propres études prospectives afin d’anticiper l’impact du changement climatique sur leurs ressources, leurs capacités de production et la sécurisation de l’alimentation en eau. De la même manière, les pistes d’adaptation identifiées dans les champs de la gestion quantitative, de la préservation des milieux aquatiques ou de l’évolution des usages ont vocation à être reprises et déclinées dans les plans, programmes et stratégies portés par les collectivités, les syndicats et les autres acteurs compétents du territoire.

En termes de résilience territoriale, Charente 2050 renforce la capacité collective du bassin à anticiper les tensions futures sur l’ensemble des usages de l’eau. En partageant des diagnostics communs et des scénarios d’évolution portant à la fois sur la ressource, les usages, les milieux et les dynamiques territoriales, la démarche facilite la prise de décision, limite les risques de conflits d’usage et favorise une meilleure cohérence des politiques publiques. Elle constitue ainsi un socle stratégique pour guider l’adaptation progressive du bassin de la Charente face aux effets du changement climatique, en articulant les enjeux environnementaux, économiques et sociaux autour d’une vision commune à long terme.

Enseignements

L’expérience Charente 2050 montre l’intérêt d’une démarche prospective à l’échelle du bassin pour aborder des enjeux complexes et de long terme. Elle souligne l’importance d’un portage neutre et fédérateur, capable de créer un cadre de dialogue et d’anticipation partagé. Enfin, elle met en évidence que la prospective est un levier efficace pour amorcer des dynamiques opérationnelles chez les acteurs locaux, sans se substituer à leurs compétences propres.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

Isère Amont

Le Projet Isère amont, une démarche intégrée à l’échelle du bassin versant

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet « Isère amont » concerne la vallée de l’Isère située entre Pontcharra et Grenoble, à l’aval du Grésivaudan, dans le département de l’Isère. Il s’inscrit sur le linéaire de la rivière Isère avant son entrée dans l’agglomération grenobloise. Ce secteur constitue un point sensible du bassin versant, historiquement exposé aux crues majeures de l’Isère et fortement artificialisé par des ouvrages de protection successifs depuis le XIXe siècle.

Structures concernées

Le projet est porté par le SYMBHI, syndicat mixte compétent en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations à sur 40% du bassin versant de l’Isère. Il bénéficie du soutien financier de l’État et de l’Agence de l’eau dans le cadre d’un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). De nombreuses collectivités locales (communes et intercommunalités), les services de l’État, le Département de l’Isère, la Chambre d’agriculture de l’Isère ainsi que plusieurs partenaires scientifiques sont associés à la mise en œuvre.

Chiffres clés

Le projet Isère amont représente un investissement total de 135 millions d’euros, financé conjointement par le SYMBHI, l’État et l’Agence de l’eau, dans le cadre du PAPI. Il concerne 29 communes et environ 300 000 habitants à l’échelle du territoire protégé.

Seize champs d’inondation contrôlée ont été aménagés, représentant près de 3 500 hectares, avec une capacité globale de stockage des crues estimée à 35 millions de mètres cubes. Ces aménagements permettent de réduire significativement le pic de crue à l’entrée de l’agglomération grenobloise.

En cas de crue comparable à celle de 1859, les études estiment que les travaux réalisés permettraient d’éviter environ 1 milliard d’euros de dommages matériels.

Enjeux / contexte

Diagnostic initial

Avant les travaux, le territoire cumulait plusieurs fragilités :

  • une exposition très forte au risque d’inondation, avec des dommages potentiels estimés jusqu’à 1 milliard d’euros pour une crue bicentennale ;
  • une artificialisation quasi totale du lit endigué entre Pontcharra et Grenoble, entraînant une rupture des échanges entre la rivière et ses milieux annexes ;
  • des dysfonctionnements morphologiques liés à l’accumulation de sédiments et à l’incision localisée du lit ;
  • une absence de valorisation paysagère des berges, malgré un fort potentiel d’usages de proximité.

Objectifs du projet

Face à ce constat, le projet poursuit trois objectifs principaux :
D’abord, réduire durablement le risque d’inondation en atténuant les débits de pointe à l’aval, grâce à une capacité importante de stockage des crues dans les champs d’inondation contrôlée.
Ensuite, restaurer le fonctionnement écologique de la rivière, en reconnectant les milieux naturels, en rétablissant la continuité piscicole et en reconstituant des forêts alluviales fonctionnelles.
Enfin, renforcer l’attractivité du territoire en développant des aménagements paysagers et récréatifs permettant aux habitants de se réapproprier les berges.

Lien stratégie / planification

Le projet s’inscrit dans le cadre d’un PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations). Il s’appuie également sur les orientations du SDAGE et sur les stratégies locales de gestion des risques d’inondation. Il constitue un projet démonstrateur en matière de gestion intégrée des cours d’eau, associant sécurité, écologie et cadre de vie dans une même logique territoriale.

Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage du projet par le SYMBHI garantit une cohérence d’intervention à l’échelle hydrographique, bien au-delà des limites administratives. Il permet d’articuler la prévention du risque, la restauration écologique et l’aménagement du territoire dans un pilotage unique. Cette organisation favorise également la mobilisation des financements nationaux, la sécurisation foncière et la coordination des multiples partenaires.

Déroulé et gouvernance

La gouvernance du projet repose sur une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs locaux. Un accord-cadre a été conclu avec la Chambre d’agriculture de l’Isère et le Département afin de définir un système d’indemnisation en cas de dommages subis par les exploitations agricoles lors des crues. Les représentants agricoles ont été pleinement intégrés à la conception des champs d’inondation contrôlée.

Le Comité consultatif Isère amont joue un rôle central. Il réunit plus de 80 partenaires (collectivités, services de l’État, experts, associations) et s’est tenu régulièrement jusqu’à la fin des travaux. Cette instance accompagne chaque phase du projet : études, travaux, suivi écologique et bilan annuel.

Résultats et impacts

Le projet a permis une transformation radicale du fonctionnement fluvial :

  • 14,3 km de digues ont été effacés et 6 km ont été reculés ;
  • plus de 300 hectares de forêts alluviales ont été reconnectées ;
  • trois gravières ont été mises en relation directe avec l’Isère ;
  • quatre bras fluviaux ont été réouverts, représentant 2,5 km de bras en eau courante, 600 m de bras phréatiques et 13 hectares de milieux restaurés.
  • Suivi écologique

Le suivi scientifique met en avant la Petite massette, plante bioindicatrice des rivières alpines. En partenariat avec des équipes de recherche, cinq protocoles de transplantation ont été testés. Les résultats montrent :

  • un triplement des populations entre 2009 et 2018 ;
  • une augmentation de 35 % entre 2021 et 2024 ;
  • une dynamique jugée stable à moyen terme.

Enseignements

Le projet Isère amont incarne un changement de paradigme majeur : accepter de redonner à la rivière des espaces de débordement naturels pour protéger durablement les zones urbaines. Il démontre qu’un projet de prévention des risques peut aussi devenir un projet de restauration écologique et de développement territorial. Il met également en lumière l’importance de la solidarité territoriale, notamment vis-à-vis du monde agricole, grâce à des mécanismes d’indemnisation clairs.

Les prix qui consacrent le projet Isère amont

Le caractère pionnier du projet a été reconnu à l’échelle nationale par plusieurs distinctions majeures :

Grand Prix national du Génie Écologique – 2024
Attribué au projet Isère amont pour la qualité de sa restauration écologique, son exemplarité en matière de solutions fondées sur la nature et l’intégration de la biodiversité dans un projet de gestion des risques.

Grand Prix National de l’Ingénierie – catégorie “Adapter l’existant au changement climatique” – 2025
Récompense l’excellence technique du projet, sa conception innovante et sa capacité à associer protection des populations, écologie et aménagement durable.

Prix Previriq inondations – 2016

Met à l’honneur les meilleurs projets sur le thème de l’intégration des politiques publiques en matière de gestion des risques d’inondation.

Ces prix confirment qu’Isère amont n’est pas seulement un projet local : c’est aujourd’hui une référence nationale.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

Dossier REX du SYMBHI :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2022/10/fiche-synthese-a3-2.pdf
Livre bleu — projet Isère amont :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2023/03/livre-bleu_complet_gravure_2023_page.pdf

EPTB Lot

EPTB Lot : un garant d’une gestion partagée et concertée de l’eau face aux enjeux climatiques et territoriaux

Bassin / Sous-bassin concerné

Le projet s’inscrit sur l’ensemble du bassin versant de la rivière Lot.  

Structures porteuses

L’action est portée par l’Etablissement Public Territorial de Bassin (EPTB) Lot.

Infos clés / chiffres
  • À l’échelle du bassin, environ 380 000 habitants sont concernés.
  • Un territoire d’environ 11 500 – 12 000 km² englobant cinq départements (Lozère, Cantal, Aveyron, Lot et Lot-et-Garonne)
  • Des enjeux hydrologiques, économiques et environnementaux croissants liés au changement climatique.

Enjeux et contexte

Face à une multiplicité d’usages de l’eau (eau potable, agriculture, industrie, navigation, biodiversité, tourisme) et à l’intensification des phénomènes extrêmes liés au changement climatique, la gestion de la ressource devient un enjeu stratégique. L’EPTB vise à concilier ces usages à travers une concertation élargie et une planification partagée, afin d’assurer la sécurisation des usages tout en préservant les milieux aquatiques. L’étude prospective « Lot 2050 » s’inscrit dans ce contexte pour mieux anticiper les évolutions du climat et adapter les stratégies de gestion.

  • Lien Stratégie / planification / programmation de Bassin

Les orientations de l’EPTB s’intègrent dans le cadre du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne, ainsi que dans les démarches de plans et programmes d’action du comité de bassin. Les travaux de prospective tels que Lot 2050 s’inscrivent dans la planification à long terme requise pour répondre aux objectifs du SDAGE et aux besoins d’anticipation du changement climatique.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage de ces démarches par un syndicat de bassin comme l’EPTB Lot permet de rassembler et d’articuler les vision locales et globales des enjeux liés à l’eau. Cette échelle territoriale dépasse les limites administratives des collectivités locales, favorise une concertation multi-acteurs et permet une cohérence dans les décisions, en liant les usages, la connaissance scientifique et la politique d’aménagement. Cette gouvernance intégrée est essentielle pour répondre à des défis transversaux comme l’adaptation au changement climatique ou la gestion équilibrée de la ressource.

Déroulé et gouvernance

Les projets et outils conduits par l’EPTB sont conçus sur la base d’un diagnostic partagé, s’appuyant sur des échanges réguliers entre les acteurs locaux. Par exemple, le plan de gestion des étiages a été élaboré avec l’ensemble des partenaires du bassin (État, collectivités, agences de l’eau, représentants des usages), en s’appuyant sur une concertation large pour intégrer attentes et contraintes locales. L’étude Lot 2050, quant à elle, vise à produire une analyse prospective des impacts du changement climatique avec une méthodologie s’appuyant sur des projections hydro-climatiques territorialisées, afin d’aider les acteurs locaux à comprendre les évolutions futures de la ressource et des besoins.

Les acteurs impliqués dépassent souvent l’EPTB : collectivités territoriales, collectivités de bassin (syndicats de rivière, SAGE), services de l’État, Agence de l’eau, associations locales et usagers sont régulièrement associés à ces démarches.

Résultats & impacts

Le principal résultat tangible de ces démarches est la mise en place d’un cadre partagé de gestion de la ressource hydrique. La convention de soutien des étiages, animée par l’EPTB depuis 1989, a ainsi permis de maintenir les usages sans qu’aucun arrêté de restriction ne soit nécessaire sur l’axe réalimenté, grâce à une concertation des acteurs et au soutien des barrages hydroélectriques.

Les démarches de concertation, comme les rencontres citoyennes ou les ateliers participatifs autour de l’eau, renforcent la compréhension collective des enjeux et permettent d’alimenter les documents stratégiques, tout en aidant à construire une vision commune pour l’avenir de l’eau sur le bassin.

L’étude Lot 2050, en cours de mise en œuvre, devrait produire des scénarios d’adaptation pour renforcer la résilience territoriale face au changement climatique en anticipant les évolutions des débits d’étiage, des besoins et des enjeux hydrologiques à l’horizon 2050.

Enseignements

L’expérience de l’EPTB Lot montre que la concertation élargie et continue est un levier essentiel pour concilier usages divers et objectifs environnementaux sur un territoire complexe. La combinaison d’actions opérationnelles (plans de gestion, soutien d’étiage) et de démarches prospectives (Lot 2050) permet d’ancrer une culture de gestion intégrée de l’eau. En outre, l’échelle bassin s’avère pertinente pour structurer la gouvernance autour d’une ressource partagée, fragile et stratégique, notamment dans un contexte de changement climatique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

lot2050

Lot 2050 : prospective pour une gestion concertée et résiliente de l’eau sur le bassin du Lot

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet Lot 2050 concerne l’ensemble du bassin versant de la rivière Lot, territoire transversal des départements de la Lozère, du Cantal, de l’Aveyron, du Lot et du Lot-et-Garonne, structuré autour d’enjeux hydriques complexes entre usages humains, agriculture, biodiversité et risques climatiques.

Structures porteuses

Lot 2050 est porté par le Syndicat Mixte du bassin du Lot (SMBL ou EPTB Lot).

Infos clés

Le projet se décline en une étude prospective des impacts du changement climatique sur les besoins en eau, les ressources et les milieux aquatiques, avec l’objectif de construire une stratégie d’adaptation et un programme d’actions à l’échelle du bassin du Lot d’ici 2050. La mission mobilise des expertises pour analyser l’évolution des usages et de la biodiversité afin d’orienter des réponses territoriales.

Enjeux et contexte

Le projet répond au besoin d’anticiper les effets du changement climatique sur les ressources en eau et les besoins du territoire (agriculture, eau potable, milieux aquatiques, etc.). Dans un contexte où les saisons sont plus contrastées et les tensions sur la ressource plus fréquentes, Lot 2050 cherche à poser les bases d’une gouvernance de l’eau adaptée au long terme, capable d’équilibrer les usages, de préserver les écosystèmes et de soutenir la résilience territoriale.

  • Lien Stratégie / planification / programmation de Bassin

L’étude s’inscrit dans une logique de planification à long terme nécessaire pour répondre aux orientations du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne et à la nécessité de renforcer les démarches prospectives dans la gestion de l’eau. En associant diagnostic, prévisions climatiques et orientations stratégiques, Lot 2050 alimente les réflexions stratégiques des acteurs du bassin.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par l’EPTB Lot garantit une approche intégrée, amont-aval, rassemblant l’ensemble des acteurs du territoire (collectivités, usagers, services de l’État, Agence de l’eau) autour d’un diagnostic partagé et d’une vision commune pour l’avenir de l’eau. Ce cadre transversal facilite l’élaboration de solutions cohérentes aux défis hydriques, en dépassant les cloisonnements administratifs.

Déroulé et gouvernance

La démarche Lot 2050 se construit à partir d’un diagnostic prospectif, reposant sur l’analyse des évolutions des usages et de la biodiversité sous l’effet du changement climatique. Cette analyse doit être alimentée par des scénarios climatiques sur plusieurs horizons (jusqu’à 2050 et au-delà) afin d’identifier les tendances majeures et leurs conséquences. À partir de ce diagnostic, une stratégie d’adaptation est développée, puis déclinée en programme d’actions structurant pour le bassin.

Bien que les documents publics disponibles soient encore principalement des appels d’offre et des descriptions de mission, l’approche retenue implique concertation et mobilisation multi-acteurs, avec des expertises techniques mobilisées pour dégager des orientations adaptatives.

Résultats & impacts

Lot 2050 est attendu comme un outil stratégique de pilotage à long terme, permettant d’anticiper les évolutions de la ressource et de structurer des réponses adaptées aux défis climatiques. Il doit fournir aux acteurs du bassin des scénarios fiables, des orientations et des programmes d’actions. La feuille de route Gestion quantitative du bassin du Lot ainsi complétée, renforcera la capacité de résilience territoriale face au changement climatique, en soutenant une gestion équilibrée des usages. Bien que les résultats complets ne soient pas encore tous publiés au moment présent, la démarche elle-même constitue une avancée méthodologique importante, orientée vers la planification et la coordination.

Enseignements

L’initiative Lot 2050 illustre l’importance d’une approche prospective intégrée à l’échelle d’un bassin versant, combinant climat, usages et moyens d’adaptation. Elle contribue à renforcer la culture de la planification collective et de la concertation multi-acteurs, indispensables pour répondre aux défis hydriques croissants liés au changement climatique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus  

DRANSE ABONDANCE

Dranse d’Abondance (secteurs Richebourg / Les Ogays) : protection et confortement de berges

Bassin / sous-bassin concerné

Il s’agit du sous-bassin de la Dranse d’Abondance, composante du bassin Dranses-Est lémanique. Les interventions se concentrent sur des secteurs identifiés comme sensibles en aval de la montagne d’Abondance, autour de Richebourg et du pont des Ogays.

Structures porteuses et acteurs

Le maître d’ouvrage technique et opérationnel est le SIAC, agissant dans le cadre du Contrat de rivières. La Communauté de communes Pays d’Évian Vallée d’Abondance (CCPEVA) et le Conseil Départemental de la Haute-Savoie figurent parmi les financeurs locaux. La conduite des travaux a mobilisé des bureaux d’études, des entreprises spécialisées en génie végétal et génie civil, ainsi que les services préfectoraux pour l’autorisation environnementale.

Infos clés
  • Les autorisations préfectorales relatives aux secteurs Miolène, Richebourg et Ogays ont été publiées en 2024 ;
  • le démarrage des interventions sur Richebourg a eu lieu à la fin août / début septembre 2024 ;
  • le chantier lié aux Ogays a été programmé pour l’automne 2025 (interventions ponctuelles et tranches courtes, ordre de grandeur : quelques semaines par tranche) ;
  • le financement est assuré par la CCPEVA et le Département, avec maîtrise d’ouvrage SIAC.

Enjeux et contexte

Les secteurs étudiés présentaient une fragilité des berges, une emprise des chemins et des infrastructures riveraines, ainsi que des pressions liées à l’usage récréatif et au bocage ripisylve fragilisé. L’objectif principal est double : limiter l’érosion menaçant les équipements et les sentiers tout en préservant ou rétablissant des fonctionnalités écologiques (gîtes, continuités biologiques, surfaces de lit en divagation). Ces enjeux sont cohérents avec les constats dressés lors du diagnostic du Contrat de rivières.

  • Lien Stratégie / planification / programmation

Les opérations s’inscrivent dans la programmation opérationnelle du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique et dans la délégation GEMAPI exercée par le SIAC. Les travaux suivent les priorités fixées lors des diagnostics de phases successives du contrat (plans pluriannuels et avenants).

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC a permis d’agréger les besoins de plusieurs communes et de mutualiser les financements et compétences, ce qui a facilité l’obtention des autorisations et des subventions, et la planification de tranches de travaux cohérentes à l’échelle du sous-bassin. Le syndicat assure aussi la continuité d’entretien post-travaux et la coordination avec les chemins de randonnée et les acteurs touristiques locaux.

Déroulé et Gouvernance

Le chantier a été précédé d’une instruction administrative (arrêté préfectoral DDT-2024-0696) et d’un phasage pour limiter les impacts biologiques et d’usage. La méthode combine travaux en berge (enrochements, caissons) et actions de génie végétal ; le phasage évite les périodes sensibles pour la faune. La concertation a impliqué la commune, la CCPEVA, les services de l’État et les gestionnaires de sentiers ; des panneaux et circulations adaptées ont été prévus pour informer les usagers.

Résultats & impacts

À l’issue des tranches réalisées (Richebourg : automne 2024 ; Ogays : travaux programmés et poursuivis en 2025), les bénéfices attendus sont la stabilisation rapide des berges critiques, la réduction des besoins d’entretien urgent, et l’amélioration des continuités écologiques locales. Concrètement, le chantier empiète temporairement sur le sentier mais rétablit des berges plus robustes et végétalisées, ce qui doit diminuer l’érosion récurrente observée auparavant. Les retours terrain et la communication locale indiquent une gêne maîtrisée et une acceptation progressive des aménagements.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En limitant l’érosion et en rétablissant des berges végétalisées, les aménagements renforcent la capacité du cours d’eau à supporter des crues plus fréquentes et intenses et à limiter les pertes de sédiment. L’approche favorise également la régulation locale des écoulements et la fonctionnalité des corridors écologiques, deux leviers essentiels pour l’adaptation territoriale.

Enseignements

La concertation en amont et l’articulation avec les usages (sentiers, pratiques touristiques) sont déterminantes pour la bonne tenue du chantier. Les travaux montrent l’intérêt de solutions mixtes (dure + végétale) quand les enjeux patrimoniaux ou d’accès l’exigent.


Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus
embouchure dranse

Basse Dranse : Restauration hydromorphologique et gestion intégrée des milieux aquatiques

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet concerne le bassin versant des Dranses et de l’Est lémanique, et plus spécifiquement la basse Dranse – entre le pont de la Douceur et le delta de la Dranse, à l’aval.

Structures porteuses et acteurs

Le maître d’ouvrage est le SIAC, qui porte le Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique depuis 2017.
Ce contrat regroupe les intercommunalités du territoire (Thonon Agglomération, Communauté de communes du Haut Chablais – CCHC —, et Communauté de communes Pays d’Évian Vallée d’Abondance – CCPEVA).
L’Etat (services concernés, préfectorat) et des partenaires financiers comme l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ainsi que le Conseil Départemental de la Haute-Savoie participent au financement et à la supervision.
Le projet mobilise également des bureaux d’études, des entreprises pour les travaux, et des associations/usagers via le comité de rivière.

Infos clés
  • Le bassin des Dranses et de l’est lémanique couvre environ 638 km², avec un linéaire cumulé de 210 km de cours d’eau.
  • Le programme initial du Contrat de rivières prévoyait un budget global de 23 millions d’euros.
  • Les travaux de restauration de la basse Dranse ont concerné un linéaire d’environ 4,5 km.
  • Le montant de l’opération a été de l’ordre de 4,3 millions d’euros HT.
  • Les financements proviennent d’environ 50% de l’Agence de l’eau, ~26% du Département, le reste étant autofinancé par les collectivités locales (Thonon Agglo, CCPEVA, etc.).

Enjeux et contexte

Au fil des décennies, notamment depuis les années 1950, l’urbanisation et l’aménagement des berges ont réduit l’espace de divagation naturelle de la Dranse. Le lit s’est rétréci, les bras secondaires se sont progressivement refermés, les bancs de graviers ont été colonisés par des plantes invasives (ex : Renouée du Japon, buddleia, solidage, faux acacia), ce qui a fortement altéré la dynamique sédimentaire et la biodiversité.

La crue de 2015 a révélé la vulnérabilité du secteur aval de la Dranse – le manque de zones d’expansion naturelles des crues augmentait le risque d’inondations.

Ainsi, le projet cherchait à restaurer le fonctionnement naturel de la rivière – mobilité, sédiments, biodiversité – tout en assurant une meilleure protection des biens et des personnes contre les crues.

  • Lien stratégie / planification / programmation bassin

Le projet s’inscrit dans le cadre du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique, signé en 2017, prolongé via un avenant pour 2023-2024 afin d’achever les actions non réalisées dans les délais initiaux.

Ce contrat formalise une gestion intégrée et concertée des milieux aquatiques, de la ressource en eau, de la biodiversité et des risques d’inondation à l’échelle cohérente du bassin versant.

Le SIAC, reconnu EPAGE depuis 2019, est l’animateur et maître d’ouvrage des actions prévues.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC, une structure intercommunale couvrant 62 communes dont 40 sur le bassin versant, permet une vision à l’échelle globale – ce qui est essentiel pour traiter les dynamiques de rivière, sédimentation, continuité écologique et risques d’inondation de façon cohérente.

Grâce à la mutualisation des moyens (techniques, financiers, compétences), le SIAC peut mener des projets de grande ampleur, mobiliser des partenaires variés (collectivités, Etat, Agence de l’eau, associations, bureaux d’études), et coordonner les travaux selon des priorités définies de façon concertée.

La gouvernance via un comité de rivières offre un cadre participatif associant collectivités, usagers, associations, services publics – garant de la robustesse et de l’acceptabilité du projet.

  • Déroulé et Gouvernance

Le projet a été conçu à l’issue d’un diagnostic global du bassin versant, dans le cadre du Contrat de rivières lancé en 2017.
Le comité de rivières, composé de représentants des collectivités, des usagers, des associations, des services publics, a défini les priorités, validé la programmation d’actions, le financement et les modalités de suivi.

Pour les travaux sur la basse Dranse, les interventions ont combiné des méthodes de génie végétal, des terrassements, la suppression de végétation envahissante, la réouverture de chenaux, la remise en mouvement sédimentaire, la reconquête des berges et la reconquête d’un « espace de bon fonctionnement » pour la rivière.

Le SIAC a veillé à minimiser les impacts sur les milieux naturels – par un phasage des travaux hors périodes sensibles, la préservation des habitats, la création de gîtes pour la faune, etc.

Financement et gouvernance financière : l’opération a été co-financée par l’Agence de l’eau, le Département, les collectivités locales, avec autofinancement ; la structure a mis en place un service GEMAPI à plein exercice pour assurer la gestion, le suivi technique, administratif et financier des actions.

Résultats et impacts

L’inauguration des travaux de la basse Dranse a eu lieu le 15 mars 2025, marquant l’achèvement d’un chantier de deux ans et demi.

Parmi les retombées attendues ou déjà constatées : la restauration de la dynamique naturelle de la rivière (transport sédimentaire, diversité des écoulements), la reconquête d’environ 19,7 hectares d’espace de bon fonctionnement pour la rivière, favorisant la biodiversité, la reconquête d’habitats aquatiques et rivulaires, et la lutte contre les espèces invasives (notamment la renouée du Japon).

Sur le plan de la protection des populations et des infrastructures, la renaturation et le réaménagement des berges améliorent la résilience face aux crues – l’ouverture de chenaux secondaires, la restauration des zones d’expansion des crues, la stabilisation des berges diminuent le risque d’inondation et d’érosion.

Ces travaux renforcent la qualité écologique du cours d’eau et sa capacité à absorber les épisodes hydrologiques extrêmes, ce qui constitue un atout face au changement climatique.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En rétablissant les dynamiques naturelles de la rivière (écoulement, sédimentation, zones de divagation), le projet augmente la capacité de la Dranse à absorber et à dissiper l’énergie des crues, à reconstituer des habitats, à favoriser la biodiversité, et à maintenir un bon fonctionnement écologique – des éléments clés pour faire face à des événements extrêmes potentiellement plus fréquents ou intenses.

De plus, la reconquête d’un espace de « respiration » de la rivière, la reconnexion des chenaux secondaires et l’amélioration de la continuité écologique participent à la robustesse du milieu face aux dérèglements hydrologiques.

Enseignements et réflexions

  • Le portage par un syndicat de bassin – avec une gouvernance collective et transversale – permet de dépasser les limites communales et d’agir à l’échelle pertinente du bassin versant, ce qui est indispensable pour les questions hydrologiques, sédimentaires, écologiques et de gestion des crues.
  • L’approche intégrée – prise en compte conjointe de l’hydromorphologie, de la biodiversité, de la gestion des eaux, et des risques – montre qu’on ne peut pas traiter l’eau comme un simple paramètre : il faut restaurer les processus naturels pour garantir la durabilité.
  • La planification à long terme (contrat de rivières, avenants) permet de lisser les financements, d’assurer la continuité des projets, et de mobiliser des acteurs divers autour d’enjeux partagés.
  • Les techniques de génie végétal, la renaturation, la gestion douce des berges, sont des leviers efficaces pour concilier sécurité – inondations, érosion – et préservation écologique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus
DRANSE MORZINE

Gestion intégrée de l’eau à l’échelle du bassin des Dranses

Bassin / sous-bassin concerné

Le retour d’expérience porte sur le bassin versant des Dranses et de l’Est lémanique, territoire de transition entre le massif alpin et le lac Léman. Ce bassin regroupe plusieurs sous-bassins structurants – Dranse de Morzine, Dranse d’Abondance, Dranse de Bellevaux et basse Dranse – aux dynamiques hydro-sédimentaires fortement interconnectées.
Les projets de restauration et de protection menés sur ces différents tronçons traduisent une volonté d’agir à l’échelle hydrologiquement pertinente du bassin versant, et non par interventions ponctuelles isolées.

Structures porteuses

Le Syndicat Intercommunal d’Aménagement du Chablais (SIAC) est la structure porteuse du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique et exerce la compétence GEMAPI pour le compte des intercommunalités membres.
Il fédère les collectivités du territoire (Thonon Agglomération, en délégation de compétence, et CCHC / CCPEVA en transfert de compétence), en lien étroit avec les services de l’État, l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et le Département de la Haute-Savoie.

Infos clés
  • Le bassin des Dranses et de l’Est lémanique représente plusieurs centaines de kilomètres carrés et plus de deux cents kilomètres de cours d’eau.
  • Le Contrat de rivières, signé initialement en 2017 puis prolongé par avenant, mobilise un programme d’actions pluriannuel de plusieurs dizaines de millions d’euros.
  • Le programme d’action inclue restauration hydromorphologique, gestion des risques d’inondation, protection des berges, continuité écologique et lutte contre les espèces invasives.
  • Les opérations menées sur la basse Dranse, la Dranse d’Abondance et la Dranse de Morzine s’inscrivent toutes dans cette enveloppe stratégique et financière commune.

Enjeux et contexte

Le bassin des Dranses a été profondément modifié par l’urbanisation, les infrastructures, les endiguements successifs et l’artificialisation des berges. Ces évolutions ont entraîné un appauvrissement des milieux aquatiques, une altération du transport sédimentaire et une augmentation de la vulnérabilité aux crues, révélée notamment lors d’épisodes récents.
Le défi n’est pas uniquement local : des dysfonctionnements en amont peuvent engendrer des impacts majeurs à l’aval, en particulier sur la basse Dranse et le secteur lémanique.
Les projets visent ainsi à réconcilier sécurité des habitants, fonctionnement naturel des cours d’eau et adaptation au changement climatique, dans une logique de solidarité amont-aval.

  • Lien Stratégie / planification / programmation bassin

Le Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique constitue l’outil central de planification.
Il formalise une feuille de route partagée, issue d’un diagnostic de bassin, intégrant les orientations du SDAGE et les objectifs de bon état des masses d’eau.
Les travaux menés s’inscrivent dans cette programmation, validée par un comité de rivière, et prolongée par avenants pour permettre l’achèvement des opérations structurantes.
La compétence GEMAPI exercée par le SIAC s’appuie directement sur ce cadre contractuel pour prioriser, financer et coordonner les actions.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC permet d’agir à l’échelle pertinente du bassin versant, là où les communes seules ne peuvent traiter ni les dynamiques hydrauliques ni les enjeux sédimentaires globaux.
La mutualisation des moyens financiers et techniques facilite la réalisation de projets lourds, sécurise les financements via des co-financements structurants et garantit une cohérence entre amont et aval.
Le syndicat joue également un rôle d’interface entre élus, services de l’État, financeurs et usagers, favorisant l’acceptabilité locale des projets et leur inscription dans la durée.

Déroulé et gouvernance

Les projets s’appuient sur une gouvernance structurée autour du comité de rivières, réunissant collectivités, services de l’État, partenaires institutionnels, usagers et associations.
Chaque opération découle d’un diagnostic technique et environnemental partagé, suivi d’une phase d’instruction réglementaire et de concertation locale.
Le SIAC assure la maîtrise d’ouvrage, le pilotage technique, la coordination des partenaires et le suivi post-travaux dans le cadre de la GEMAPI. Cette organisation garantit la continuité des actions au-delà des chantiers, notamment sur l’entretien, le suivi morphologique et la gestion adaptative.

Résultats et impacts

À l’échelle du bassin, les projets contribuent à restaurer plusieurs kilomètres de cours d’eau, à sécuriser des secteurs sensibles, et à redonner de l’espace aux rivières.
Les premiers effets observés ou attendus concernent une amélioration de la dynamique fluviale, une réduction de l’érosion localisée, une meilleure capacité d’expansion des crues et une reconquête progressive des habitats aquatiques.
Au-delà des résultats physiques, ces projets ont renforcé une culture commune de gestion intégrée de l’eau sur le territoire.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En privilégiant la restauration des processus naturels plutôt que des protections rigides systématiques, la stratégie de bassin portée par le SIAC améliore la capacité du territoire à faire face aux crues plus intenses, aux étiages sévères et aux évolutions morphologiques liées au changement climatique.
La reconquête des espaces de fonctionnement, la gestion sédimentaire et la continuité écologique constituent des leviers durables d’adaptation.

Enseignements

Ce retour d’expérience montre que :

  • la compétence GEMAPI prend tout son sens lorsqu’elle est exercée à l’échelle du bassin versant ;
  • le Contrat de rivières est un outil structurant, à la fois stratégique, opérationnel et fédérateur ;
  • la gouvernance multi-acteurs et la planification à long terme sont essentielles pour mener des projets complexes et coûteux ;
  • la cohérence amont-aval constitue un facteur clé de réussite, tant pour la sécurité que pour les milieux.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

Ruisseau du Laurenti

Reconnecter rivières, nappes et territoires face aux crues et au changement climatique – EPTB Aude

Info et chiffres clés

Après les événements de 2018, le SMMAR a accéléré une politique d’acquisition foncière et de reconquête d’espaces de mobilité alluviale. Les rapports d’activité et bilans du SMMAR font état d’opérations d’acquisition et de travaux sur plusieurs dizaines d’hectares (ex. opérations commençant dès 2018 avec des tranches d’acquisition et travaux). La stratégie foncière et la programmation des EBF sont cofinancées par l’Agence de l’eau, les départements et la Région.

Enjeux

Le projet vise à contrer l’incision généralisée des lits (par endroits > 1 m d’enfoncement), la perte de charge sédimentaire, la déconnexion nappe/rivière et la dégradation des fonctions écologiques et épuratoires des alluvions. L’objectif est double : diminuer la vulnérabilité aux inondations et restaurer la résilience hydrologique et écologique (connexion nappe/rivière, soutien d’étiage, auto-épuration, habitats piscicoles). La crue d’octobre 2018 a révélé l’insuffisance d’espaces de mobilité et a accéléré la mise en œuvre d’EBF.

Les opérations s’inscrivent dans une logique de contrats de bassin et de plans pluriannuels de gestion, ce qui permet d’accéder à des financements de l’Agence de l’eau et d’articuler l’action à l’échelle des sous-bassins. Le SMMAR travaille aussi à intégrer la stratégie foncière dans les documents de planification et d’aménagement (pour identifier priorités et secteurs à reconquérir). La restauration par EBF est présentée comme complémentaire — voire préférable — à la création ponctuelle de CEC (champs d’expansion de crues) parce qu’elle vise un effet hydromorphologique global difficile à démontrer par modélisation ponctuelle. La restauration des processus fonctionnels de la rivière est plus complet qu’avec une reconnexion simple de CEC

Le portage par le SMMAR permet une approche intégrée à l’échelle du bassin : coordination entre syndicats, mise en œuvre d’une stratégie foncière, négociation collective avec les agriculteurs, mobilisation des financeurs (Agence de l’eau, Département, Région) et mutualisation des études et des compétences techniques. Cette échelle facilite aussi la cohérence des actions — nécessaires pour que la recharge sédimentaire et la restauration soient efficaces — et la capacité à monter des opérations foncières et juridiques (acquisitions, conventions) lourdes.

Déroulé et gouvernance

La conception du projet repose sur un diagnostic hydromorphologique des sous-bassins (identification des secteurs incisés, des barrières à la mobilité, et des zones où la renaturation offre un gain d’expansion de crue sans enjeux urbains). Le SMMAR a mené concertation et négociation avec les propriétaires agricoles, la Chambre d’agriculture, la SAFER et les financeurs pour des acquisitions et des mesures d’accompagnement. Les actions techniques consistent à supprimer ou réduire les protections rigides, à déstructurer localement les berges, à dessoucher des ripisylves stabilisantes quand nécessaire, puis à laisser la dynamique fluviale re-créer une bande active fonctionnelle (ou EBF) par des processus de dépôt et d’érosion. La gouvernance associe collectivités locales, syndicats de rivières, services de l’État et financeurs (Agence de l’eau, Région, Département).

  • Acteurs locaux impliqués et partenariats

Sont intervenus : SMMAR/EPTB Aude (porteur), syndicats de rivières affiliés, Département de l’Aude, Région, Agence de l’eau, Chambre d’agriculture, SAFER, EPF locaux, services de l’État (préfecture / DDT), et acteurs locaux (exploitants agricoles, associations environnementales). Les partenariats avec la SAFER et la Chambre d’agriculture ont été essentiels pour négocier les acquisitions et limiter les conflits d’usage.

Bénéfices observés ou attendus

La politique d’EBF a d’abord produit des résultats très visibles sur le plan foncier et opérationnel. Dès les premières années suivant la crue de 2018, le syndicat a engagé une stratégie d’acquisition ciblée sur des secteurs à fort enjeu hydromorphologique. Cette politique a permis de sanctuariser progressivement des zones riveraines jusque-là exploitées ou fragmentées, afin de rendre possible l’élargissement spontané du lit, la remobilisation sédimentaire et le débordement contrôlé des crues. Ces acquisitions ont souvent été conduites avec l’appui de la Chambre d’agriculture et de la SAFER, permettant d’aboutir à des accords fonciers sans conflictualité majeure, notamment par échanges ou réorganisation du parcellaire agricole.

Sur le plan hydraulique, plusieurs retours d’expérience font état d’une modification sensible des écoulements après travaux. Sur des secteurs autrefois endigués, la suppression de protections de berges et de diguettes a permis aux crues récentes de s’étaler dans les secteurs remis en espace de bon fonctionnement, réduisant localement les hauteurs d’eau dans le lit contraint. Même lorsque l’effet n’est pas immédiatement quantifiable, les équipes techniques soulignent un changement qualitatif important : la rivière retrouve des marges de liberté, les écoulements sont moins concentrés, la dissipation de l’énergie en période de crue est améliorée.

Concernant les nappes alluviales, des effets favorables attendus sont déjà observés. La reconnexion latérale du lit avec son lit majeur permet une meilleure infiltration lors des crues ordinaires, favorisant la recharge des nappes superficielles. Plusieurs secteurs restaurés montrent une humidification durable des sols alluviaux, une extension des zones humides riveraines et, dans certains cas, le retour d’une végétation hygrophile auparavant absente. Ces signes sont interprétés comme les premiers indices d’une restauration progressive des échanges nappe–rivière, ainsi que d’une amélioration de la capacité naturelle de stockage de l’eau.

Sur le soutien d’étiage, les résultats sont plus longs à mesurer mais déjà perceptibles de manière qualitative. Les tronçons restaurés présentent une meilleure variabilité morphologique (radiers, mouilles, zones lentiques), ce qui favorise la rétention d’eau locale et limite l’assèchement brutal des lits en été. Des écoulements résiduels ont été observés plus durablement dans des secteurs autrefois secs en période estivale, notamment après des printemps arrosés, ce qui est interprété comme un effet cumulatif de la recharge des nappes et de la diminution de l’incision du lit.

Les bénéfices écologiques sont également largement documentés. Le retour de bancs de graviers, de bras secondaires temporaires et de zones d’eau peu profonde a permis une recolonisation progressive par la végétation rivulaire et par certaines espèces inféodées aux milieux alluviaux dynamiques. La reconstitution d’habitats piscicoles, la diversification des écoulements et la reprise de processus naturels de tri granulométrique sont également à souligner, ce qui participe à une amélioration globale du fonctionnement biologique des cours d’eau.

Enfin, sur le plan économique et opérationnel, les retours d’expérience mettent en évidence un enseignement important : les EBF, même s’ils nécessitent des efforts fonciers au départ, permettent souvent de limiter à moyen terme les coûts répétitifs de protection de berges et d’interventions lourdes post-crue. Là où des enrochements devaient être régulièrement repris, la rivière, une fois libérée, réorganise seule ses écoulements et ses berges. Le coût initial des acquisitions est compensé par la réduction des dépenses futures de réparation, dans une logique d’investissement structurel plutôt que de gestion de crise permanente.

En résumé, les résultats les plus tangibles portent aujourd’hui sur :

  • la maîtrise foncière effective de secteurs à forts enjeux hydromorphologiques,
  • la diminution locale de la vulnérabilité aux crues,
  • la restauration progressive des connexions hydrauliques et écologiques,
  • les premiers signaux positifs sur la recharge des nappes et le soutien d’étiage,
  • et une amélioration globale de la fonctionnalité écologique des cours d’eau restaurés.

Contribution à la résilience face au changement climatique

En restaurant la mobilité sédimentaire et la connexion nappe/rivière, les EBF favorisent le stockage et la restitution lente de l’eau (soutien d’étiage) et réduisent l’agressivité des crues en dissipant l’énergie par transport solide. Cette double action diminue la vulnérabilité des infrastructures, améliore la disponibilité d’eau en période sèche et restaure des continuités écologiques — autant de leviers de résilience climatique. L’approche EBF représente donc une adaptation structurante, complémentaire aux mesures purement hydrauliques.

Enseignements

Le principal enseignement est que les actions hydromorphologiques efficaces exigent une vision de bassin, des moyens fonciers et des partenariats locaux solides. Le choix d’un EPTB/syndicat de bassin comme porteur permets d’articuler diagnostics, stratégie foncière et financements. On constate la nécessité d’agir à l’échelle du bassin (et non au coup par coup), d’associer les acteurs agricoles dès l’amont des négociations et d’intégrer la dynamique sédimentaire dans les programmes de gestion des risques.

En savoir plus



Pertes du Gardon à Cruviers Lascours

Gestion quantitative de la ressource en eau sur le bassin des Gardons – le rôle central de l’EPTB

Situation

Le projet concerne l’ensemble du bassin versant des Gardons, d’une superficie d’environ 2 000 km², sur 171 communes, depuis les Cévennes (Lozère/Gard) jusqu’à la plaine d’Aramon en aval.

Info et chiffres clés

  • Le bassin :  2 000 km², 171 communes, 203 000 habitants.
  • 6 stations hydrométriques installées par l’EPTB Gardons pour le suivi des étiages, 2 supplémentaires en projet
  • 23 stations piézométriques réparties sur 6 grands systèmes aquifères, pour le suivi des nappes

Partenaires et soutiens

L’initiative est portée par l’EPTB Gardons, syndicat de bassin, regroupant plusieurs intercommunalités (Alès Agglomération, Nîmes Métropole, et 6 communautés de communes).

La démarche s’inscrit dans le cadre d’un plan de gestion initié en 2007 et régulièrement réactualisés, élaboré avec la participation de la CLE des Gardons (Commission Locale de l’Eau).

Contexte, enjeux et objectifs

Le projet vise à résoudre un double problème : d’une part, le manque de connaissance fiable et fine de la ressource – notamment en période d’étiage ou dans les zones karstiques —, ce qui rendait la gestion incertaine. D’autre part, un déséquilibre entre disponibilité de la ressource et demandes croissantes (usages domestiques, agricoles, industriels, milieux aquatiques), particulièrement contraignant en contexte méditerranéen de sécheresse ou de basses eaux.

L’objectif global est d’optimiser la gestion quantitative de l’eau, de garantir les usages (eau potable, irrigation, activités économiques) tout en préservant les milieux aquatiques et la pérennité de la ressource, notamment face au changement climatique. Cela implique une gestion coordonnée, anticipée et adaptative.

–      Lien stratégie / planification / programmation bassin

Le projet s’inscrit dans le cadre du PGRE des Gardons, élaboré entre 2016 et 2018 par la CLE des Gardons assistée de l’EPTB puis validé par le Préfet en décembre 2018.
Le PGRE découpe le bassin en 15 sous-bassins, permet un bilan besoins/ressources pour chacun, et définit des débits-cibles ainsi qu’un volume « prélevable » pour garantir le bon fonctionnement des milieux et des usages.
La stratégie combine surveillance (stations hydrométriques / piézométriques), amélioration des connaissances (eaux souterraines, usages…), et accompagnement des utilisateurs (irrigation, AEP, ), et actions de gestion (optimisation des prélèvements, économies d’eau, suivi des usages).

–      Plus-value du portage par un syndicat de bassinLe fait que ce projet soit piloté par un syndicat de bassin – l’EPTB Gardons – garantit une approche locale, globale et intégrée en pleine concertation avec la Commission Locale de l’Eau dont l’EPTB est porteur : toutes les communes, intercommunalités et usagers du bassin sont réunis autour d’un même projet de gestion, ce qui permet de prendre des décisions collectives, concertées, adaptées au territoire.
Cette gouvernance favorise la cohérence des actions sur l’ensemble du bassin, la mutualisation des moyens (techniques, financiers), le partage des données, et une vision à long terme – conditions indispensables pour répondre aux défis liés au changement climatique.

Déroulé & Gouvernance

Le projet s’est construit d’abord par un diagnostic global (PGCR, puis PGRE) – recueil des données historiques, des usages, des prélèvements, des périodes de basses eaux, des caractéristiques géologiques et hydrogéologiques (karsts, nappes, etc.).
Puis une phase de concertation a été menée via la CLE des Gardons, réunissant collectivités, représentants des usages, associations, acteurs économiques, services de l’État… Ce travail collectif a conduit à un compromis entre les attentes du territoire et les besoins d’actions, et a permis l’adoption du PGRE.

La mise en œuvre technique a consisté à lancer de très nombreuses actions dont la création d’un réseau de suivi hydrologique – 6 stations hydrométriques pour l’étiage, piézomètres pour les nappes souterraines —,en partenariat avec le CNRS pour les eaux superficielles et le BRGM pour les eaux souterraines avec installation, suivi en temps réel, jaugeages, mesures piézométriques, etc.

Des plans locaux de gestion ont été définis sur des sous-bassins prioritaires (Gardon de Saint-Jean, la Salindrenque, Gardon de Mialet, Galeizon), déclinaison opérationnelle du PGCR avec accompagnement des gestionnaires de béals (canaux d’irrigation traditionnels) et plus généralement de préleveurs, accompagnement à la mise en conformité des prises d’eau, comptages, optimisation des prélèvements…

Résultats & impacts

Grâce au suivi et à la gestion mise en place par l’EPTB Gardons :

  • Il est désormais possible d’identifier plus précisément les périodes et secteurs de déficit quantitatif,
  • Le renforcement des données piézométriques et hydrométriques améliore la connaissance de la ressource en eau et plus particulièrement des interactions entre nappes souterraines et cours d’eau, des pertes en karst, des résurgences – base indispensable pour anticiper les tensions et adapter les prélèvements.
  • Ce travail contribue à la préservation des milieux aquatiques, en garantissant des débits-cibles qui permettent de maintenir les habitats aquatiques et la biodiversité, même en période d’étiage.
  • Indirectement, la gestion quantitative s’inscrit dans la réduction des conflits d’usage (irrigation, AEP, environnement)

En outre, ce cadre renforce la résilience du territoire face au changement climatique : en anticipant les faibles pluies, les sécheresses, les pertes liées aux karsts, le bassin dispose d’outils de suivi et de gestion pour améliorer l’adaptation des prélèvements et la régulation des usages, préserver la ressource, et limiter les impacts sur les milieux.

Enseignements

Le cas de l’EPTB Gardons montre qu’une gestion de l’eau intégrée, locale et concertée, fondée sur des données solides et un suivi rigoureux, est possible – même dans un contexte méditerranéen sujet à de fortes variations hydrologiques. C’est un modèle d’anticipation et de gouvernance collective, combinant exigences écologiques et usages humains.

Cela illustre aussi l’importance de la connaissance (suivi, observations, données), on ne peut difficilement gérer ce que l’on connait pas ou mal.. Le réseau hydrométrique et piézométrique constitue une base d’information indispensable pour des décisions éclairées, adaptatives, et partagées.

Pour en savoir plus

pont des roches au domaine de Méréville

SIARJA : une approche intégrée des trames écologiques au service du bassin versant

Le SIARJA a développé une approche opérationnelle et territoriale des trames écologiques pour mieux articuler gestion de l’eau, restauration des milieux et aménagement du territoire.
Le syndicat intervient sur un bassin versant caractérisé par des zones humides nombreuses et des problématiques de ruissellement agricole, renforçant le besoin d’une vision globale.

Le SIARJA structure son action autour de quatre trames :

●        Trame bleue : cours d’eau et annexes hydrauliques, déjà fortement cartographiés.

●        Trame turquoise : réseau de zones humides et mares, interface entre eau et milieux terrestres.

●        Trame verte : boisements alluviaux, bosquets et réseaux de haies, essentiels pour les chemins de l’eau.

●        Trame brune : sols, au cœur des enjeux de ruissellement, d’érosion et d’infiltration.

La modélisation TVB conduite vise à mettre en place une méthode pour la traduction locale du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) à l’échelle du bassin versant, à produire de la connaissance et un outil d’aide à la décision au bénéfice des collectivités pour faciliter :

●        l’intégration des enjeux Trame verte et bleue dans les SCoT et PLU, notamment afin de nourrir les OAP thématiques TVB devenues obligatoires dans les PLU,

●        la cohérence avec les politiques GEMAPI,

●        la mise en œuvre de projets plus compatibles avec le fonctionnement du bassin versant.

Initiée dans le cadre du Contrat de territoire Eau, Climat et TVB de la Juine 2020-2024, cette démarche se poursuit dans la programmation 2026-2030, notamment par une hiérarchisation des enjeux à l’échelle parcellaire – de manière nourrir une réflexion stratégique sur le volet foncier – et par l’approfondissement de la coopération avec les EPCIs dans le cadre de l’élaboration des SCOT. Elle bénéficie du soutien financier de l’Agence de l’eau, du Conseil régional d’Ile-de-France et du Conseil départemental de l’Essonne.

Cette démarche s’inscrit dans une logique de cercle vertueux impulsé par le syndicat : Connaissance du bassin versant et de ses enjeux / Démarches stratégiques et programmatiques autour de la GEMAPI / Intégration dans les démarches de planification du territoire via un appui aux collectivités du bassin versant ( porter à connaissance,  accompagnement, , sensibilisation).
Elle s’étend aujourd’hui à des actions visant à mobiliser plus généralement les acteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’aménagement autour de sols vivants, fonctionnels pour le climat, le cycle de l’eau et la biodiversité.

Pour en savoir plus

Retrouvez la démarche “Trames et Bassin versant du SIARJA” présentée lors de la Webconférence “Inondations, sécheresses – Comment la restauration des milieux humides peut contribuer à réduire les risques” organisée par l’ANEB et le PRMVA le 27 février 2025 (voir la webconférence).

restauration de prairies et forêts inondables - EPTB Saône et Doubs

La démarche conservatoire de l’EPTB Saône et Doubs : l’exemple de la restauration des prairies et forêts alluviales des vallées de la Saône et du Doubs

Chiffres clés
  • Superficie du site acquis : environ 40 ha.
  • Coût d’acquisition : 140 620,00 €.
  • Financement : pour 34 ha, co-financement assuré par l’Agence de l’Eau Rhône‑Méditerranée & Corse (55 %), le Conseil Départemental de la Côte-d’Or (40 %) et l’EPTB (5 %) ; 4 ha sont financés par SNCF Réseau dans le cadre de mesures compensatoires.
  • Période de planification : un plan de gestion 2020–2026 a été établi.

Enjeux / Contexte

Quel problème ou besoin ce projet cherche-t-il à résoudre ?

Le contexte justifiant ce projet est double. D’une part, la régression importante des prairies inondables au profit des cultures et des peupleraies a provoqué la dégradation des milieux ouverts et des zones humides – avec pour conséquence la perte d’habitats naturels essentiels pour la faune et la flore patrimoniales.

D’autre part, face aux défis du dérèglement climatique, la préservation des zones humides apparaît comme un enjeu majeur : elles jouent un rôle clé dans la régulation hydrologique (stockage de l’eau, recharge des nappes captives pour l’eau potable, atténuation des crues), l’épuration naturelle des eaux, ainsi que le maintien de la biodiversité.

Le besoin était donc de réhabiliter ces milieux pour garantir des usages du sol compatibles avec ces enjeux – au-delà de la simple conservation, restaurer un fonctionnement « naturel » et durable.

Lien stratégie / planification bassin – Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le projet s’inscrit dans la stratégie globale de l’EPTB Saône et Doubs, qui coordonne la gestion de nombreux sites de zones humides, prairies, forêts alluviales, cours d’eau et annexes hydrauliques le long des vallées de la Saône et du Doubs.

Ce projet bénéficie d’une vision à l’échelle territoriale et d’une gouvernance solide, capable de mobiliser des financements variés (Agence de l’Eau, conseil départemental,  compensations SNCF-Réseau…), d’assurer le suivi écologique, hydrologique et foncier, et de coordonner les acteurs impliqués (collectivités, associations, services de l’État, usagers). Cela permet d’intégrer restauration écologique, gestion de l’eau et enjeux agricoles/sociaux dans un même projet cohérent.

Déroulé et Gouvernance

Le projet a été lancé après l’acquisition du site en août 2017. Dès l’acquisition, des inventaires naturalistes (végétation, faune, habitats) ont été menés – entre 2017 et 2018 pour les inventaires initiaux, puis des études plus approfondies (chiroptères, invertébrés, fonctions hydriques, suivi piézométrique, etc.) ont suivi en 2021–2022.

Un plan de gestion 2020–2026 encadre l’ensemble des actions de restauration et de gestion conservatoire.

La gouvernance s’appuie sur un comité de gestion du site (réunions annuelles) réunissant les parties prenantes – EPTB, collectivités, associations, services de l’État, financeurs.

Un travail de concertation et de partenariats a permis d’assurer un financement durable, de garantir un portage durable, et de définir les modalités techniques de restauration (remise en eau, limitation du drainage, gestion des prairies et boisements, entretien, suivi environnemental).

Résultats & Impacts / Bénéfices attendus ou observés

Grâce aux travaux, la zone a vu ses anciennes pratiques de drainage annulées : d’anciens drains ont été effacés, favorisant la rétention d’eau dans les sols – restauration d’un fonctionnement hydrologique plus naturel.

Des connexions naturelles entre la zone humide et la Saône ont été rétablies, ce qui favorise la dynamique hydraulique et la biodiversité associée.

Une partie de l’ancienne peupleraie a été reconvertie en prairies de fauche, recréant des milieux ouverts essentiels aux oiseaux de prairie menacés et à une flore spécifique.

À terme, les retombées attendues sont multiples : amélioration de la qualité et de la régulation de l’eau, recharge des nappes captives d’eau potable, atténuation des risques d’inondation, maintien/restauration de la biodiversité, création d’un réservoir écologique pérenne, valorisation paysagère, et éducation à la nature.

Ces actions renforcent également la résilience du territoire face aux aléas liés au changement climatique – en contribuant à la gestion des crues, à la disponibilité en eau et à la préservation des services écosystémiques.

Enseignements

Ce projet montre l’importance du portage territorial par une structure de bassin (EPTB) capable de fédérer des acteurs divers, de mobiliser des financements multiples, et de combiner restauration écologique, hydrologique et foncière dans une vision globale.La démarche – acquisition, inventaire, plan de gestion, travaux, suivi – constitue un modèle reproductible pour d’autres secteurs en cours de dégradation. La restauration des fonctions écologiques des zones humides ne relève pas uniquement d’un intérêt environnemental mais d’un intérêt collectif pour la gestion de l’eau, la prévention des crues, la préservation de la biodiversité et de la ressource en eau potable.

Pour en savoir plus
EPTB Saône et doubs

Cohérence et co-construction dans la gestion des zones humides à l’échelle du bassin

Chiffres clés
  • 20 ans : horizon stratégique du Plan de gestion stratégique des milieux humides de la Vallée de la Saône
  • 82 500 ha de vallée inondable analysée
  • 3 régions, 6 départements, ~33 EPCI concernés
  • Plus de 20 ans d’inventaires ZH existants mobilisés (depuis ~2005)
  • Durée de l’élaboration du plan : à partir de juin 2025, jusqu’à 2026 (1,5 an)
  • Financements : Agence de l’Eau + Plan Rhône-Saône

Enjeux

Le projet répond avant tout au besoin de renforcement de la lisibilité et de la cohérence dans les actions menées sur les milieux humides de la vallée. Jusqu’alors, les interventions étaient dispersées entre de nombreux acteurs (collectivités, associations, départements, CEN, fédérations…), sans priorisation claire à l’échelle du Val de Saône.
Le changement climatique accentue également les tensions sur les milieux (assèchement, déconnexion hydraulique, pression agricole, urbanisation). Le plan stratégique offre donc un outil commun pour :

  • identifier les zones humides les plus stratégiques,
  • définir des priorités d’action (ex. stratégie d’acquisition foncière des ZH ; protection des sols prairiaux ; restauration /préservation, stratégie/proposition de mesures compensatoires ; valorisation/sensibilisation).
  • coordonner les interventions,
  • donner une vision claire et prospective aux élus,
  • et garantir l’accès aux financements de l’Agence de l’Eau, désormais conditionnés à l’existence d’une stratégie milieux humides partagée

Lien avec les stratégies / planification / programmation du bassin

Le plan stratégique s’inscrit directement dans les objectifs du SDAGE RM&C, qui recommande l’élaboration de plans stratégiques des milieux humides. Il articule également ses travaux avec le Plan Rhône–Saône, les SAGE, le PAPI, les études « changement climatique » et « agriculture » du Val de Saône, le plan de gestion des espèces exotiques envahissantes, et les démarches de connaissance telles que Natura 2000 ou les inventaires ZH existants.

Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par l’EPTB est déterminant pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agit de la seule structure couvrant l’intégralité de la vallée, capable de comprendre les interactions amont–aval et de garantir la cohérence territoriale d’ensemble. 

Ensuite, l’EPTB dispose d’équipes techniques spécialisées (GEMAPI, hydrologie, restauration écologique, animation des Natura 2000, animation de bassin) qui en font un acteur légitime pour piloter un document aussi complexe

Enfin, l’EPTB apporte une neutralité institutionnelle, indispensable pour coordonner trois régions, six départements et une trentaine d’EPCI aux intérêts parfois divergents.

Déroulé et gouvernance

Le projet est né de l’impulsion conjointe de l’EPTB et de l’Agence de l’Eau RMC, qui encourage la mise en place de plans stratégiques afin d’assurer une meilleure coordination des actions liées aux milieux humides.
Un cahier des charges a d’abord été co-rédigé par l’EPTB Saône & Doubs et l’Agence de l’Eau, puis partagé en comité technique (COTECH) avec l’ensemble des partenaires avant validation. L’étude est ensuite conduite par un bureau d’études.


La méthode repose sur trois grands volets :

  1. Connaissance et diagnostic (état des lieux, fonctions, pressions, impacts du changement climatique).
  2. Construction de la stratégie (enjeux, hiérarchisation, plan d’action concerté).
  3. Communication (documents synthétiques, valorisation, diffusion sur le portail en ligne).

Difficultés rencontrées et manière dont elles ont été surmontées

La principale difficulté réside dans la coordination d’un nombre très important d’acteurs (plus de 100 personnes mobilisables). Pour y répondre, l’EPTB a structuré la gouvernance en plusieurs cercles : un COTECH restreint pour avancer techniquement, un COTECH élargi incluant les élus des EPCI, puis un COPIL pour la validation politique.

Une autre difficulté concerne l’hétérogénéité des connaissances existantes, issues d’inventaires menés à des dates variées, selon des méthodes et sur des territoires très différents. La réponse a été d’y consacrer une phase entière de l’étude : compilation, harmonisation et analyse critique des données pour constituer un socle partagé.

Le manque d’alignement initial entre acteurs sur les priorités a également été un enjeu. La concertation a donc été conçue comme un processus progressif : présentation d’un scénario “optimum” fondé sur les données scientifiques, puis ajustements successifs selon les réalités de terrain et les objectifs locaux.

Enfin, les enjeux politiques multiples, liés à un territoire réparti sur trois régions et six départements, ont nécessité une forte pédagogie et un portage neutre. L’EPTB a joué un rôle de médiateur, en rappelant la cohérence hydraulique de la vallée et l’importance de raisonner à l’échelle du bassin versant et de dépasser le périmètre administratif.

Résultats et impacts

Le projet a déjà permis de rassembler et d’harmoniser l’intégralité des connaissances disponibles sur les milieux humides du Val de Saône, et d’installer une dynamique de travail commune entre des acteurs qui intervenaient jusqu’alors de manière dispersée.
  À terme, le plan stratégique apportera :

  • une vision partagée de l’avenir des milieux humides,
  • un plan d’action priorisé,
  • une répartition claire des rôles entre acteurs,
  • une meilleure mobilisation des financements,
  • et une cohérence territoriale renforcée, indispensable pour faire face au changement climatique.

Le plan contribuera directement à la résilience du territoire, en ciblant les milieux humides les plus cruciaux pour la régulation des crues, le soutien d’étiage, la qualité de l’eau, la biodiversité ou encore le stockage du carbone.

Enseignements

L’élaboration de ce plan est le résultat d’une mobilisation large et inédite à l’échelle de la vallée. Il permet de passer d’une logique d’inventaires successifs sur un segment du bassin à une véritable stratégie opérationnelle sur l’ensemble du territoire.

Le message à retenir : un plan stratégique de bassin est indispensable pour permettre un co-contruction d’un programme d’actions et donner de la cohérence aux politiques publiques de l’eau et du climat.

Pour en savoir plus
Puyvert - SMAVD

Restaurer la dynamique naturelle d’une rivière méditerranéenne en tresses

  • 20 km de rivière concerné
  • 320 000 m3 de matériaux remis à disposition du transit sédimentaire
  • 3 sites de travaux

Trois sites de recharge successifs :

  • Puyvert (2022) : 100 000 m³
  • Charleval (2022) : 100 000 m³
  • Mallemort – Mérindol (2025) : 120 000 m³Soit 320 000 m³ au total.

Situation

Les grandes crues de 1994 ont mis en lumière l’ampleur des perturbations du fonctionnement sédimentaire de la Durance. La rivière s’est profondément incisée, a perdu sa capacité naturelle de divagation et de tressage, et voit ses habitats perdre en diversité. La dynamique alluviale, essentielle aux milieux méditerranéens, ne parvient plus à s’auto-entretenir. Cette situation résulte principalement des aménagements hydroélectriques qui bloquent le transit des matériaux et ont modifié le régime des crues ou encore des extractions massives de granulats réalisées au XXe siècle.

Enjeux et objectifs

  • L’enjeu majeur est de recréer les conditions d’une Durance vivante, mobile et fonctionnelle. Les objectifs poursuivis par le SMAVD sont multiples :
  • Restaurer une rivière en tresses, plus large, plus mobile et plus riche en habitats.
  • Réactiver le transit sédimentaire en réinjectant les matériaux dont la rivière manque.
  • Réduire l’incision du lit et restaurer les liens avec la nappe alluviale.
  • Renforcer la résilience aux crues, grâce à un lit plus large et moins contraint.
  • Rétablir des habitats rares pour la faune et la flore méditerranéenne.

Expérimenter et démontrer la faisabilité de techniques innovantes basées sur le fonctionnement morpho dynamique des cours d’eau.

Déroulé, gouvernance et méthode

Les travaux s’inscrivent dans une stratégie globale de restauration morphologique pilotée par le SMAVD, et s’appuient sur une compréhension fine des dynamiques amont–aval, essentielle pour anticiper les effets des interventions locales sur l’ensemble du bassin. La méthode développée s’appuie sur l’analyse du fonctionnement physique de la rivière.

Les matériaux sont directement prélevés dans le lit de la Durance, sur des bancs perchés que la rivière ne mobilise plus. Afin d’éviter tout transport routier : les matériaux sont réinjectés à proximité immédiate des zones déficitaires. Les travaux sont réalisés en période d’étiage, hors période de reproduction des espèces et en limitant les risques de crues. Le principe est ensuite de laisser les crues morphogènes redistribuer naturellement les graviers, générant la dynamique recherchée.

Les travaux s’accompagnent de mesures environnementales strictes : zones de mise en défens, gestion des circulations, préservation des poissons, protocole anti-pollution.

En tant que pilote de l’action, le SMAVD a mené un important travail de concertation associant l’État, les communes riveraines, les usagers et les partenaires techniques et acteurs économiques.


Le chantier 2025 intègre une innovation : créer des conditions permettant aux crues de mobiliser directement une partie des matériaux sans manutention mécanique.

Résultats impacts et bénéfices

Bien que les effets les plus significatifs ne puissent être pleinement mesurés qu’après plusieurs crues et un suivi sur le long terme, les premiers résultats sont déjà visibles. Les crues de 2023 à 2025 ont mobilisé une partie des matériaux réinjectés, entraînant l’apparition progressive de nouvelles tresses sur les sites expérimentaux. On observe également la reconnexion de zones de divagation, l’élargissement du lit actif et la réactivation de la nappe alluviale, offrant des conditions plus favorables au développement des ripisylves et au fonctionnement naturel de la rivière.

Les bénéfices écologiques attendus sont majeurs. La recharge sédimentaire doit permettre de restaurer des habitats typiques des rivières en tresses, aujourd’hui rares à l’échelle européenne, et de diversifier les faciès d’écoulement favorables à de nombreuses espèces. En renforçant la mobilité du lit et en restaurant les connexions avec la nappe alluviale, l’opération contribuera également au rafraîchissement naturel du cours d’eau en période estivale, un enjeu essentiel face au changement climatique.

Ces actions expérimentales viennent en complément de nombreuses autres actions visant une amélioration du fonctionnement physique du cours d’eau (recul d’ouvrage ou modalité de gestion des barrages en crue par exemple). Le SMAVD estime que les vingt ans d’actions morphologiques ont abouti à une augmentation de 30 % de tronçons en tresses sur la Durance entre le barrage de l’Escale et le confluent du Rhône.

Les expérimentations confortent la faisabilité de recharges sédimentaires à grande échelle, ouvrant la voie à d’autres chantiers. Une prochaine opération consister à coupler la restauration d’une zone humide (Sanfla) et une réinjection massive de graviers dans la rivière : les matériaux excavés pour restaurer la zone humide seront réemployés pour alimenter la recharge sédimentaire.

Enseignements

Plusieurs éléments ressortent de ce retour d’expérience :

  • La restauration morphologique est possible à grande échelle, même sur une rivière fortement aménagé.
  • La démarche expérimentale, appuyée par un suivi scientifique, est essentielle pour adapter les techniques et les encourager.
  • La concertation est une condition de réussite, compte tenu de l’ampleur des travaux et des enjeux multiples (écologie, risques, agriculture, usages).
  • Les crues sont au cœur de la solution : elles sont les moteurs de la reconfiguration du lit.

La synergie avec d’autres projets renforce la cohérence écologique, optimise les coûts et décuple les aménités positives.

Pour en savoir plus :
Siarja

Réseau Mares du SIARJA – un levier pour restaurer la trame humide et la biodiversité du bassin de la Juine

  • Au cours du contrat 2020–2024, une vingtaine de mares ont été créées ou restaurées.
  • Le Réseau Mares regroupe l’ensemble des données mares : fiches mares, inventaires, localisation, état…

Contexte

En deux mots : biodiversité et régulation du cycle de l’eau.

Depuis plusieurs décennies, de nombreuses mares ont disparu ou se sont dégradées en France, ce qui provoque une perte importante d’habitats pour les amphibiens, les invertébrés, et d’autres espèces liées aux zones humides.

Dans le contexte du bassin de la Juine – marqué par des pressions agricoles, des ruissellements, des risques d’inondation ou d’étiages sévères, aggravés par le dérèglement climatique – maintenir et restaurer un réseau de mares fonctionnel représente un enjeu territorial fort. Le SIARJA entend ainsi contribuer à la résilience hydrologique, à la préservation de la biodiversité, et à la continuité écologique du territoire.

–          Lien stratégie / planification / programmation bassin

Le Réseau Mares s’est inscrit dans le Contrat de Territoire Eau, Climat et Trame verte et bleue 2020–2024 porté par le SIARJA et se poursuit à l’occasion de la prochaine contractualisation 2026-2030. Par ailleurs, la démarche s’appuie sur l’approche « trames » du SIARJA, qui intègre l’eau, les sols, la biodiversité et l’aménagement dans une vision cohérente.

Cette intégration vise à ce que les enjeux liés aux mares (biodiversité, gestion de l’eau, adaptation au climat) soient pris en compte dans les documents de planification (SCoT, PLU), ainsi que dans la mise en œuvre de la compétence GEMAPI.

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Porter ce projet par un syndicat de bassin comme le SIARJA offre une vision globale et cohérente du territoire – non fragmentée par les limites communales ou foncières. Cela permet d’optimiser les interventions : connecter des mares entre elles, hiérarchiser les priorités, agir où le bénéfice écologique ou hydrologique est le plus fort.

De plus, en tant que structure compétente pour la gestion de l’eau (milieux aquatiques et humides, inondations, aménagement du bassin), le SIARJA peut intégrer les mares dans une stratégie globale : continuité écologique, gestion des crues, soutien d’étiage, adaptation au changement climatique – ce qui serait plus difficile pour des acteurs isolés.

Déroulé et gouvernance

Le projet a été conçu à l’issue d’un diagnostic global du bassin et d’une cartographie des trames écologiques conduite par le SIARJA suivant une approche innovante développée par TerrOïko.
Un atlas des réseaux écologiques a été établi, incluant les mares recensées comme « réservoirs de biodiversité ».

Le SIARJA a également collaboré à un second programme de recherche, le projet INTERFACE piloté par le CNRS, sur la connectivité de la trame turquoise.

La gouvernance repose sur le comité syndical du SIARJA (délégués désignés par les EPCI membres pour chaque commune), qui valide les décisions, budgets et travaux. Le SIARJA collabore avec des collectivités, des associations de protection de la nature (par exemple porteuses de programmes de recherche-action comme la SPNP), les services de l’État, et les acteurs agricoles selon les contextes des mares – afin d’assurer restauration ou créationentretien et suivi écologique.

Résultats & impacts

Concrètement, le Réseau Mares a permis la création ou la restauration d’une vingtaine de mares sur le territoire du SIARJA depuis le début du contrat en cours.
Ces mares, une fois fonctionnelles, contribuent à la biodiversité – en particulier pour les amphibiens et autres espèces inféodées aux milieux humides – et renforcent la trame turquoise, essentielle pour la connectivité écologique.

En outre, elles participent à la régulation du cycle de l’eau : stockage des eaux pluviales, soutien d’étiage, lutte contre les îlots de chaleur, atténuation des ruissellements et des inondations.

À terme, ce dispositif améliore la résilience du territoire face au changement climatique – en réaffirmant les zones humides comme des infrastructures naturelles pour la gestion de l’eau et la biodiversité.

Enseignements

Le Réseau Mares du SIARJA illustre concrètement la valeur d’une gestion intégrée à l’échelle d’un bassin versant : mares, cours d’eau, zones humides, sols et biodiversité sont traités comme un tout cohérent. C’est une approche moderne et tournée vers l’avenir, qui conjugue enjeux écologiques, hydrologiques et climatiques.

Cela montre aussi qu’une structure intercommunale peut être force de proposition et d’action pour des milieux fragiles : la coordination, le recul territorial, et la compétence GEMAPI donnent un cadre favorable à des projets durables.

Ce travail peut servir de modèle pour d’autres bassins : préserver ou recréer un réseau de mares est un levier peu coûteux mais efficace pour la biodiversité, la gestion de l’eau, et l’adaptation au climat.

Pour en savoir plus :