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Études prospectives hydrologie, climat et eau potable

Bassin concerné

La démarche portée par l’EPTB Vienne couvre l’ensemble du bassin versant de la Vienne, incluant ses principaux sous-bassins tels que le Clain, la Creuse, la Vienne ou la Vienne Tourangelle, dans le périmètre Loire-Bretagne.

Enjeux

Les travaux conduits par l’EPTB Vienne mettent en évidence plusieurs défis structurants pour le territoire. Le premier concerne la sécurisation durable de la ressource en eau face à la hausse des températures et à l’augmentation de l’évapotranspiration, dans un contexte de précipitations qui n’augmente pas de manière significative. Le second enjeu porte sur la densité très importante des plans d’eau sur le bassin, dont l’impact cumulé renforce les phénomènes d’évaporation et fragilise les équilibres hydrologiques naturels. Enfin, l’augmentation des demandes en eau, liée aux usages domestiques, agricoles et industriels, impose une réflexion collective sur la hiérarchisation des usages et l’adaptation des modes de consommation.

Articulation avec la planification et les politiques territoriales

Les résultats issus de la prospective et des études HMUC alimentent directement la stratégie d’adaptation de l’EPTB Vienne, les SAGE, ainsi que les documents de planification territoriale tels que les PLU et les politiques intercommunales de l’eau. En 2024, l’EPTB a publié un guide d’adaptation au changement climatique à destination des collectivités, visant à traduire les diagnostics en actions concrètes : sobriété, gestion des milieux, aménagement du territoire, protection des captages, organisation de la gestion de crise.

Valeur ajoutée de l’approche bassin

Le portage à l’échelle du bassin constitue un choix stratégique fort. Il permet d’intégrer les solidarités amont-aval, d’éviter des réponses strictement locales à des problématiques globales, et de construire une vision partagée de la ressource. L’EPTB Vienne joue ainsi un rôle d’ensemblier, en mutualisant les connaissances, en structurant le dialogue entre acteurs et en donnant de la lisibilité aux décisions à prendre pour faire face aux défis climatiques.

Déroulé et gouvernance

L’EPTB Vienne est le maître d’ouvrage de cette démarche prospective, réalisée dans le cadre du projet LIFE Eau&Climat avec l’appui d’un bureau d’études spécialisé. La gouvernance repose sur une mobilisation large des collectivités, des services de l’État, des gestionnaires de réseaux, des acteurs socio-économiques et des usagers afin de garantir l’appropriation des résultats et leur traduction dans les politiques publiques locales. Cette logique de partenariat permet d’inscrire les connaissances produites dans une dynamique opérationnelle, directement utilisable par les communes et les intercommunalités.

Une stratégie structurée dès 2019

Dès 2019, l’EPTB Vienne a formalisé une stratégie d’adaptation au changement climatique fondée sur une double ambition : renforcer la connaissance scientifique et accompagner le passage à l’action. Cette stratégie repose d’une part sur le développement d’études prospectives territoriales capables de qualifier les évolutions à venir du climat et de la ressource, et d’autre part sur le déploiement d’actions concrètes sur le terrain, notamment en matière d’économies d’eau, de préservation des milieux et d’accompagnement des collectivités.

L’étude prospective menée entre 2021 et 2022 s’applique à l’ensemble de ce territoire afin d’analyser les impacts du changement climatique sur la ressource en eau, en intégrant à la fois les évolutions climatiques, hydrologiques, piézométriques, les usages et le fonctionnement des milieux aquatiques. L’objectif est d’anticiper les tensions à venir sur la ressource, en particulier pour l’alimentation en eau potable, dans un contexte de changement global affectant durablement les équilibres naturels.

Résultats

L’étude prospective conduite entre 2021 et 2022 a permis d’analyser l’évolution passée des températures, des précipitations et de l’évapotranspiration, de modéliser les dynamiques hydrologiques futures et d’évaluer la vulnérabilité des nappes et des cours d’eau face au changement climatique. Les résultats montrent une augmentation moyenne des températures de près de +1,9°C depuis les années 1950, avec une augmentation projetée d’environ +2°C à l’horizon 2050. Dans certains secteurs, en particulier en tête de bassin, les simulations hydrologiques font apparaître des baisses potentielles de débits pouvant atteindre jusqu’à 50 %, entraînant un risque accru de tension sur la ressource, aussi bien pour les usages humains que pour les milieux aquatiques.

Afin de rendre ces résultats accessibles, l’EPTB Vienne a produit 22 fiches synthétiques permettant aux élus et techniciens de s’approprier les enjeux liés à la ressource en eau dans un contexte de réchauffement climatique. Ces supports pédagogiques constituent désormais un socle commun de compréhension à l’échelle du bassin.

Les études HMUC : déclinaison territoriale et opérationnelle de la prospective

En parallèle de cette étude globale, l’EPTB Vienne déploie des études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) à l’échelle de plusieurs sous-bassins, dont le bassin du Clain. Menée entre 2019 et 2024, cette étude spécifique a mobilisé plus de 30 partenaires autour d’un objectif commun : caractériser les ressources disponibles, analyser les usages et définir des règles de gestion partagées.

Sur le bassin du Clain, l’étude HMUC a permis d’objectiver les déséquilibres existants, d’établir des volumes prélevables compatibles avec la préservation des milieux aquatiques et de définir des seuils de gestion adaptés aux situations de tension. Les résultats constituent aujourd’hui la base technique des futures orientations du SAGE Clain, en structurant à la fois la gestion de long terme et les dispositifs de gestion de crise. Les résultats obtenus constituent un appui direct pour adapter la gestion de l’eau et améliorer la résilience du bassin, avec plusieurs bénéfices immédiats :

  • Définition de volumes prélevables compatibles avec le maintien des milieux aquatiques.
  • Proposition de seuils de gestion de crise (sécheresse) pour anticiper les situations tendues.
  • Meilleure connaissance des usages : répartition des prélèvements entre AEP, irrigation, industrie, etc.
  • Identification des lacunes de connaissances : hydrologiques, pression usages, suivi piézométrique.
  • Outil de gouvernance : la base technique issue de l’étude servira à orienter les décisions du SAGE Clain et des CLE.

Enseignements

La démarche prospective menée par l’EPTB Vienne dote le territoire d’un socle scientifique robuste pour éclairer la décision publique. En objectivant les évolutions futures du climat, de l’hydrologie et des usages, elle renforce la capacité collective à anticiper les crises, à planifier les usages et à préserver les milieux aquatiques. Elle marque un changement de posture majeur : passer d’une gestion fondée sur l’urgence à une stratégie de résilience de long terme, indispensable pour sécuriser durablement l’alimentation en eau potable et préserver la ressource pour les générations futures.

Les travaux conduits dans le cadre des études HMUC montrent que seule une approche intégrée, combinant hydrologie, milieux, usages et climat, permet de comprendre finement les mécanismes à l’œuvre et d’identifier les leviers d’action pertinents. La croisée des volets scientifiques offre une lecture globale des tensions et permet d’éviter des décisions sectorielles déconnectées de la réalité hydrologique.

La large association des acteurs du territoire (collectivités, services de l’État, usagers) constitue un facteur clé de réussite. Elle renforce la légitimité des analyses, favorise l’appropriation des résultats et facilite leur traduction dans les politiques locales. Cette gouvernance partagée est déterminante pour construire des trajectoires d’adaptation acceptées et réalistes.

Enfin, la définition de volumes prélevables et de seuils de gestion constitue un outil structurant pour la gouvernance de l’eau. Elle permet d’anticiper les situations de tension, d’organiser la répartition des usages sur des bases objectivées et de passer d’une gestion réactive à une gestion préventive et structurée, capable d’intégrer les incertitudes climatiques dans la planification territoriale.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Sources

« Le projet LIFE Eau&Climat » : page de description de l’étude prospective du bassin de la Vienne sur le site EPTB Vienne :https://eptb-vienne.fr/ameliorer-la-connaissance

 « Stratégie d’adaptation au changement climatique » : présentation de la stratégie d’EPTB Vienne (réchauffement observé, baisse des débits, piliers d’action) :https://eptb-vienne.fr/adaptation-au-changement-climatique

Le guide « Ressources en eau et changement climatique : solutions d’adaptation » (2024), destiné aux communes et intercommunalités du bassin de la Vienne. https://eptb-vienne.fr/wp-content/uploads/2024/02/Guide-adaptation-chgt-climatique_web-150dpi.pdf

Rapport / fiche « Scénario tendanciel » (2024) : document de modélisation des effets du changement climatique sur le bassin de la Vienne (hausse des températures, projections, etc.) https://eptb-vienne.fr/wp-content/uploads/2024/02/Scenario_tendanciel_VF.pdf

Information relative aux études HMUC (Hydrologie, Milieux, Usages, Climat) : rapport du bassin du Clain, pour la connaissance fine du fonctionnement hydro-géologique, des usages, des milieux et des projections climatiques.https://www.vienne.gouv.fr/Actualites/Le-rapport-HMUC-Hydrologie-Milieux-Usages-Climat-du-bassin-du-Clain

Page “Actions opérationnelles” de l’EPTB Vienne : mention des services d’accompagnement à la sobriété de l’eau, guides économies d’eau, adaptation, etc.https://eptb-vienne.fr/actions-operationnelles

Actualité “Vidéo didactique de l’EPTB Vienne révélant l’impact quantitatif des plans d’eau sur la ressource en eau”, met en lumière la pression des plans d’eau sur la ressource (près de 24 500 plans d’eau recensés) et les enjeux associés. https://www.gesteau.fr/actualite/video-didactique-de-leptb-vienne-revelant-limpact-quantitatif-des-plans-deau-sur-la

Annonce des séminaires “Changement climatique et ressource en eau sur le bassin de la Vienne” (2021, 2022, 2024) comme temps de restitution et de diffusion des connaissances auprès des acteurs du territoire. https://eptb-vienne.fr/seminaires-eau-et-climat

Article sur le projet global LIFE Eau&Climat : guide d’analyse et de recommandations à l’échelle nationale, montrant le cadre institutionnel plus large dont l’étude du bassin fait partie. https://www.oieau.org/actualites/projet-life-eau-climat-mobilisation-des-acteurs-publication-d-un-guide-d-analyse-et-de-recommandations

lot2050

Lot 2050 : prospective pour une gestion concertée et résiliente de l’eau sur le bassin du Lot

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet Lot 2050 concerne l’ensemble du bassin versant de la rivière Lot, territoire transversal des départements de la Lozère, du Cantal, de l’Aveyron, du Lot et du Lot-et-Garonne, structuré autour d’enjeux hydriques complexes entre usages humains, agriculture, biodiversité et risques climatiques.

Structures porteuses

Lot 2050 est porté par le Syndicat Mixte du bassin du Lot (SMBL ou EPTB Lot).

Infos clés

Le projet se décline en une étude prospective des impacts du changement climatique sur les besoins en eau, les ressources et les milieux aquatiques, avec l’objectif de construire une stratégie d’adaptation et un programme d’actions à l’échelle du bassin du Lot d’ici 2050. La mission mobilise des expertises pour analyser l’évolution des usages et de la biodiversité afin d’orienter des réponses territoriales.

Enjeux et contexte

Le projet répond au besoin d’anticiper les effets du changement climatique sur les ressources en eau et les besoins du territoire (agriculture, eau potable, milieux aquatiques, etc.). Dans un contexte où les saisons sont plus contrastées et les tensions sur la ressource plus fréquentes, Lot 2050 cherche à poser les bases d’une gouvernance de l’eau adaptée au long terme, capable d’équilibrer les usages, de préserver les écosystèmes et de soutenir la résilience territoriale.

  • Lien Stratégie / planification / programmation de Bassin

L’étude s’inscrit dans une logique de planification à long terme nécessaire pour répondre aux orientations du Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE) du bassin Adour-Garonne et à la nécessité de renforcer les démarches prospectives dans la gestion de l’eau. En associant diagnostic, prévisions climatiques et orientations stratégiques, Lot 2050 alimente les réflexions stratégiques des acteurs du bassin.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par l’EPTB Lot garantit une approche intégrée, amont-aval, rassemblant l’ensemble des acteurs du territoire (collectivités, usagers, services de l’État, Agence de l’eau) autour d’un diagnostic partagé et d’une vision commune pour l’avenir de l’eau. Ce cadre transversal facilite l’élaboration de solutions cohérentes aux défis hydriques, en dépassant les cloisonnements administratifs.

Déroulé et gouvernance

La démarche Lot 2050 se construit à partir d’un diagnostic prospectif, reposant sur l’analyse des évolutions des usages et de la biodiversité sous l’effet du changement climatique. Cette analyse doit être alimentée par des scénarios climatiques sur plusieurs horizons (jusqu’à 2050 et au-delà) afin d’identifier les tendances majeures et leurs conséquences. À partir de ce diagnostic, une stratégie d’adaptation est développée, puis déclinée en programme d’actions structurant pour le bassin.

Bien que les documents publics disponibles soient encore principalement des appels d’offre et des descriptions de mission, l’approche retenue implique concertation et mobilisation multi-acteurs, avec des expertises techniques mobilisées pour dégager des orientations adaptatives.

Résultats & impacts

Lot 2050 est attendu comme un outil stratégique de pilotage à long terme, permettant d’anticiper les évolutions de la ressource et de structurer des réponses adaptées aux défis climatiques. Il doit fournir aux acteurs du bassin des scénarios fiables, des orientations et des programmes d’actions. La feuille de route Gestion quantitative du bassin du Lot ainsi complétée, renforcera la capacité de résilience territoriale face au changement climatique, en soutenant une gestion équilibrée des usages. Bien que les résultats complets ne soient pas encore tous publiés au moment présent, la démarche elle-même constitue une avancée méthodologique importante, orientée vers la planification et la coordination.

Enseignements

L’initiative Lot 2050 illustre l’importance d’une approche prospective intégrée à l’échelle d’un bassin versant, combinant climat, usages et moyens d’adaptation. Elle contribue à renforcer la culture de la planification collective et de la concertation multi-acteurs, indispensables pour répondre aux défis hydriques croissants liés au changement climatique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus  

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Renforcer la connaissance et la gestion des aquifères du bassin des Gardons (2015-2025)

Situation

L’étude concerne l’ensemble du bassin versant des Gardons, qui s’étend des Cévennes lozériennes et gardoises jusqu’à la plaine d’Aramon, traversant les piémonts, la Gardonnenque, les gorges du Gardon, l’Uzège et le Bas Gardon.

Info et chiffres clés

  • Entre 2016 et 2025, l’EPTB Gardons a piloté 6 études sur les nappes souterraines majeures du bassin.
  • Le coût global de cette campagne d’investigations et d’études s’élève à près de 2 millions d’euros.
  • Ces études couvrent plusieurs systèmes aquifères : notamment les karst Hettangien (secteur Alès/La Grand Combe), le karst Urgonien du bassin de Saint Chaptes,  les calcaires du Ludien (priabonien), le système des molasses miocènes du bassin d’Uzès (regroupant les molasses du Burdigalien et le Cénomanien) et le karst urgonien de l’Uzège (Calcaires de la Fontaine d’Eure) et les alluvions du moyen Gardon et des Gardons d’Anduze et d’Alès.
  • L’objectif a inclus la mise en place d’un réseau de piézomètres pour un suivi à long terme et la réalisation d’une synthèse bibliographique mondiale sur les Barrières Physiques Souterraines (BPS).

Partenaires et soutiens

Le partenaire scientifique et technique principal est le BRGM, qui intervient en tant qu’assistant technique ou porteur des études sur les aquifères.

Le financement a été assuré par l’EPTB Gardons, avec un cofinancement de l’Agence de l’Eau et de la Région Occitanie et une participation du BRGM.

Les études sont élaborées en pleine concertation avec la Commission Locale de l’Eau, les collectivités territoriales, l’État, l’Agence de l’Eau, et les gestionnaires d’alimentation en eau potable ou d’irrigation.

Enjeux

Le besoin est multiple : d’une part, faire face à un contexte méditerranéen marqué par une forte variabilité hydrologique (crues, sécheresses), d’autre part, pallier la fragilité des ressources en eau potable et d’irrigation, souvent dépendantes de sources superficielles ou de captages isolés, avec peu de redondance et de résilience.

De plus, la pression sur la ressource souterraine est accentuée par les usages domestiques, agricoles et industriels, tandis que certaines zones présentent des problématiques de qualité (rejets polluants, nitrates, pesticides).

Le projet vise donc à mieux connaître les potentialités des aquifères – jusque-là peu ou mal caractérisés – afin de diversifier les sources, sécuriser l’approvisionnement, anticiper les étiages et prévenir les conflits d’usage, tout en assurant une gestion durable et équitable de la ressource.

–          Lien stratégie / planification / programmation

L’étude s’inscrit dans le cadre plus large de la politique locale de l’eau portée par l’EPTB : le SAGE des Gardons – adopté/révisé en 2015 – et le PGRE des Gardons (plan de gestion de la ressource en eau) validé en 2018.

Le SAGE prévoyait explicitement dans ses dispositions (notamment action A2-1) la réalisation d’études hydrogéologiques sur les karsts (Urgonien et Hettangien) et nappes principales, avec un calendrier prioritaire et des objectifs clairs (bilan hydrique, relation nappe-rivière, volumes prélevables, potentiel d’usage).

Ainsi, l’initiative d’études lancée en 2015 s’inscrit comme une concrétisation des orientations du SAGE et du PGRE, et témoigne de la capacité de l’EPTB Gardons à mobiliser sa compétence « gestion de la ressource en eau » pour anticiper les besoins futurs.

–          Plus-value du portage par un EPTB

Le fait que l’EPTB Gardons soit porteur constitue un atout majeur. D’abord parce qu’il garantit une vision globale et cohérente du territoire au-delà des limites communales ou intercommunales. L’EPTB coordonne les politiques d’eau (qualité, quantité, milieux aquatiques, risque inondation), ce qui permet d’articuler les enjeux d’aquifères avec ceux de la ressource superficielle, des usages, des milieux naturels et de la gestion des crues.

Ensuite, la structure offre un cadre de concertation et de gouvernance, via notamment la Commission Locale de l’Eau des Gardons (CLE), réunissant élus, usagers, associations, services de l’État – ce qui facilite l’acceptabilité sociale, la coordination des acteurs, et la mise en œuvre de décisions collectives. Enfin, en tant que maître d’ouvrage, l’EPTB peut piloter les études, mobiliser des financements, assurer la continuité et le suivi, et garantir la pérennité des actions

Déroulé & Gouvernance

Le projet a été conçu à partir du diagnostic posé par le PGCR (Plan de Gestion Concerté de la Ressource en Eau, 2007-2011) et intégré dans le SAGE (priorisation des karsts et nappes, besoins en eau, vulnérabilité au changement climatique). Le SAGE fixait les orientations et l’EPTB, via la CLE, a validé le lancement des études en 2015-2016.

Le BRGM, partenaire technique et scientifique, a été missionné pour conduire les investigations : assistance technique pour l’élaboration des cahiers des charges et le suivi des études confiées à des prestataires et la réalisation d’étude directement avec campagnes de terrain (jaugeages, piézométrie, traçages, géochimie), cartographies hydrogéologiques, modélisations éventuelles, évaluation du potentiel, proposition de programme d’action pour l’exploitation durable.

Résultats & impacts

Grâce à ces études, la connaissance hydrogéologique du bassin est largement améliorée – les entités aquifères principales sont désormais décrites, cartographiées, leurs limites, leur structure, leurs liens avec les cours d’eau mieux compris.

La mise en place d’un réseau de piézomètres assure un suivi pérenne : cela permettra de surveiller l’évolution des nappes, d’anticiper les périodes critiques (étiages, stress hydrique), de piloter les prélèvements et d’adapter les usages. À terme, cela permettra de sécuriser l’alimentation en eau potable et l’irrigation, en s’appuyant sur une ressource souterraine bien caractérisée – une diversification bienvenue dans un contexte méditerranéen saisonnier. Cela renforce la résilience du territoire face aux sécheresses croissantes attendues.

Les études servent de base à la délimitation des zones de sauvegarde pour l’alimentation en eau potable (réalisées pour certains aquifères et en cours pour d’autres).

Indirectement, cette meilleure connaissance de la ressource souterraine peut contribuer à la protection des milieux aquatiques, à la gestion plus fine des prélèvements, et à la préservation des zones humides en évitant des pompages excessifs ou mal localisés.

–          Contribution à la résilience face au changement climatique

En consolidant les connaissances sur les aquifères, en définissant un réseau de suivi, et en intégrant ces données dans la planification (PGRE, SAGE), l’étude contribue à anticiper les stress hydriques et à sécuriser l’eau en période de sécheresse. Elle offre une base robuste pour adapter les usages, diversifier les sources (surface + souterraine), et favoriser une gestion durable.

Elle permet aussi de mieux équilibrer les prélèvements selon les ressources disponibles, d’éviter la surexploitation, et de préserver les milieux aquatiques – un enjeu accru avec la baisse probable des ressources liées au changement climatique.

Enseignements

Ce projet illustre l’importance d’une gestion collective et planifiée de la ressource en eau à l’échelle d’un bassin, notamment lorsqu’on connaît la variabilité climatique et hydrologique d’un territoire méditerranéen. L’EPTB Gardons montre qu’un syndicat de bassin, doté d’une gouvernance partagée et d’un partenariat scientifique (10 ans de collaboration étroite avec le BRGM « fêtés » en 2025), peut conduire des études techniques ambitieuses pour le bien commun.

Pour en savoir plus

ZEC du SAGE Yèvre-Auron

Exploitation des zones de crues sur le bassin de la Loire et ses affluents

Informations clés
  • Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large du dossier de gestion du risque inondation du bassin, notamment le Plan Loire Grandeur Nature et le Plan de Gestion du Risque Inondation Loire-Bretagne (PGRI).
  • 6 300 zones d’expansion de crues (ZEC) potentielles ont été identifiées à l’échelle du bassin, correspondant à environ 5 700 km².
  • Une étude spécifique sur le bassin du Loir (2019–2021) a montré que, dans ce sous-bassin, environ 7 % de la population vit en zone inondable.

Enjeux et contexte

Le projet vise à réduire le risque d’inondation en tirant parti des zones naturelles d’expansion des crues, afin de diminuer l’impact des crues sur les personnes, les biens, l’économie et les infrastructures.

Contexte : le bassin de la Loire – connu pour ses crues historiques – reste vulnérable malgré digues et barrages.

Le projet tente de répondre à un besoin de gestion intégrée, à l’échelle du bassin, au-delà des logiques communales ou départementales, car le phénomène de crue ne s’arrête pas à ces limites.

–          Lien Stratégie / planification / programmation bassin

La démarche s’insère dans les grands cadres planifiés du bassin : Plan Loire Grandeur Nature pour la gestion intégrée du fleuve, et le PGRI Loire-Bretagne, qui fixe comme priorité la préservation des capacités d’écoulement et des zones d’expansion des crues.

Les ZEC sont considérées comme des « solutions fondées sur la nature », alignées avec les orientations du SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) du bassin.  

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin (EP Loire)

Porter cette démarche à l’échelle de l’ensemble du bassin par EP Loire garantit cohérence hydraulique amont-aval : éviter les effets négatifs d’actions isolées.

L’EP Loire a pu mobiliser des effets leviers : mutualisation de l’expertise, accès à des financements (notamment européens via FEDER), coordination entre nombreux acteurs (collectivités, État, agences de l’eau, associations, usagers).

Cette approche supra-territoriale permet aussi de prioriser les actions sur les sites les plus pertinents – là où le potentiel de stockage et l’exposition au risque sont les plus importants.

Déroulé et Gouvernance

  • Diagnostic global (phase 1) : capitalisation des connaissances existantes (études hydrauliques anciennes, modélisations, PPRI, SAGE, études « 3P » sur l’Allier, etc.).
  • Identification et hiérarchisation des ZEC potentielles (phase 2) : estimation des capacités de stockage, évaluation des enjeux, vulnérabilité, faisabilité – technique, écologique, sociale, financière.
  • Concertation et partenariats : mobilisation des collectivités territoriales, des services de l’État, de l’agence de l’eau, des gestionnaires d’espaces (SAFER, Conservatoires d’espaces naturels, etc.), des SAGE (schémas d’aménagement et de gestion des eaux).
  • Déclinaisons territoriales sur 24 zooms : certains affluents et sous-bassins retenus pour des études plus fines et éventuelles actions opérationnelles.

Résultats et impacts

  • Confirmation que les ZEC fonctionnent comme des tampons naturels : elles permettent de ralentir et d’écrêter les crues, entraînant un débit en aval réduit – ce qui diminue la hauteur d’eau et les dommages potentiels.
  • Sur le Loir, la préservation des ZEC existantes est privilégiée plutôt que la création de nouvelles – les modélisations montrant qu’en l’état, les volumes à stocker lors de crues majeures sont trop importants pour être efficacement gérés via des aménagements ponctuels.
  • Contribution à la réduction de la vulnérabilité des territoires exposés (populations, activités économiques, infrastructures) – notamment en offrant plus de temps d’alerte, en limitant les hauteurs d’eau, et en permettant une gestion plus préventive des crues.
  • Co-bénéfices environnementaux : la préservation / restauration de ces zones favorise les milieux naturels, la biodiversité, la qualité de l’eau, la résilience écologique face aux variations hydrologiques.

En termes d’adaptation au changement climatique, ces ZEC représentent une approche souple et durable : moins dépendantes d’infrastructures lourdes souvent coûteuses, elles s’inscrivent dans une gestion adaptative du risque, capable d’évoluer avec les aléas hydrologiques.

Enseignements et perspectives

  • Toute valorisation des ZEC nécessite une concertation locale fine entre collectivités, usagers, agriculteurs, gestionnaires fonciers.
  • L’efficacité de la démarche dépend de la préservation des sols non artificialisés – l’urbanisation, le remblaiement, la densification en zone péri­urbaine ou en aval peuvent réduire fortement la capacité de stockage naturelle. Ceci souligne l’importance de politiques d’urbanisme cohérentes avec les objectifs de résilience.
  • À l’échelle du bassin, la combinaison des ZEC avec des infrastructures « dures » reste indispensable : le mix digues + ZEC + renaturation + gestion des zones humides offre la meilleure résilience.

Perspectives : densifier les études localisées (zoom territoires), intégrer les ZEC dans les plans d’urbanisme, encourager les solutions fondées sur la nature, développer un réseau « ZEC » à l’échelle du bassin, et renforcer la coordination entre acteurs.

Ces travaux ont également permis d’alimenter plusieurs démarches de programmes d’études préalables à un PAPI comme sur le Cher (affluent de la Loire). Fin 2025, ces actions sont en réflexion et permettrons peut-être d’aboutir à la réalisation de travaux dans le cadre de la mise en œuvre des PAPI correspondants.

En savoir plus
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Étude de la gestion quantitative de la ressource en eau sur le bassin versant de la Moselle française

Structures porteuses
  • EPTB Meurthe-Madon (maître d’ouvrage)
  • Syndicat Mixte Moselle Aval
  • Syndicat Mixte Moselle Amont

Le projet est co-financé notamment par Agence de l’eau Rhin‑Meuse, la Région Grand Est, et avec le concours technique et financier de EDF sur certains volets.

Chiffres clés
  • Montant estimatif de l’étude : environ 573 000 €.
  • Début de l’étude : février 2025.
  • La réunion de lancement (COPIL) a eu lieu en avril 2025.
  • Une journée d’atelier a eu lieu en octobre 2025 dans le cadre de la première phase : collecte de données et état des lieux.

Contexte

Le contexte de ce projet est multiple :

  • La variabilité et la raréfaction croissante de l’eau en période d’étiage, accentuée par le changement climatique ; la nécessité d’assurer une allocation équilibrée entre usages concurrents (eau potable, agriculture, industrie, navigation, énergie, milieux aquatiques…).
  • La volonté de disposer de données fiables et actualisées (ressources, usages, débits de cours d’eau, prélèvements) pour anticiper les tensions et prendre des décisions éclairées.
  • Le besoin d’une gouvernance intégrée, cohérente à l’échelle du bassin complet – amont et aval – pour éviter des disparités, des conflits d’usages, ou des gestions fragmentées de l’eau.
  • Un enjeu international : la Moselle poursuit son cours en Allemagne et conflue avec le Rhin qui constitue la principale ressource en eau des Pays Bas. Il s’agit donc aussi à veiller au respect des accords internationaux tant sur les aspects quantitatifs que qualitatifs.
  • La conformité avec les exigences réglementaires nationales et européennes, notamment via le cycle de gestion défini par la Directive‑Cadre sur l’Eau (DCE) et les schémas de gestion à l’échelle des bassins (SDAGE / PDM).

–          Lien Stratégie / planification / programmation bassin

Ce projet s’inscrit dans le cadre plus large du plan de gestion de l’eau du bassin Rhin-Meuse, et plus particulièrement de la stratégie de gestion globale pour la Moselle.

La gouvernance envisagée repose sur le partenariat entre les syndicats de bassin (amont & aval) et l’EPTB, avec l’appui des collectivités territoriales, de l’État, de l’Agence de l’eau, et de partenaires techniques comme EDF.

Ce cadre permet d’articuler :

  • une démarche de diagnostic et modélisation hydrologique globale ;
  • des concertations locales et territoriales (concertation multi-acteurs) ;
  • l’élaboration d’une stratégie de gestion quantitative (conciliation des usages, arbitrage entre usages, régulation en période de stress).

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le fait que le projet soit porté par un EPTB et des syndicats mixtes (Amont et Aval) garantit une approche cohérente à l’échelle du bassin entier, sans cloisonnement entre territoires amont/aval, ce qui est essentiel pour la gestion de l’eau (ressource commune) et des milieux aquatiques.

Ce portage inter-structurel permet également de mutualiser les compétences, les moyens techniques et financiers, de mobiliser des partenaires variés (État, collectivités, agences de l’eau, opérateurs, usagers) et ainsi d’assurer une vision intégrée et partagée.

Enfin, cela facilite la coordination avec les politiques de gestion des risques (inondation, sécheresse), de qualité de l’eau, d’aménagement du territoire et de développement durable, plutôt que des approches fragmentées.

Déroulé et gouvernance / méthode

L’étude a été conçue suite aux conclusions de l’étude quantitative menée par la Région Grand Est, publiées en 2022, qui mettaient en avant les secteurs en tension, notamment la Meurthe et Moselle Amont.

Un cahier des charges technique a été élaboré avec l’appui de la DREAL, de l’Agence de l’Eau, de la Région et des partenaires (y compris EDF pour le volet technique).

La démarche intègre également une dimension concertation / gouvernance : 5 ateliers territoriaux sont prévus, dont 1 a déjà eu lieu en octobre 2025. Ces ateliers permettront de partager des informations, recueillir des attentes, et échanger avec les différentes parties prenantes concernées.

Résultats & impacts attendus

À terme, cette étude devrait permettre :

  • de disposer d’un état des lieux fiable des usages de l’eau et des ressources disponibles sur l’ensemble du bassin ;
  • d’élaborer des scénarios prospectifs tenant compte du changement climatique (évolution des besoins, des usages, des stress hydriques) ;
  • de définir une stratégie de gestion équilibrée de la ressource, conciliant usages domestiques, agricoles, industriels, écologiques, de navigation, etc. ;
  • d’instaurer une gouvernance partagée entre tous les acteurs, facilitant les arbitrages lors des périodes critiques (sécheresse, étiage, forte demande, etc.) ;
  • d’améliorer la résilience du bassin face aux aléas climatiques et aux tensions sur la ressource, en garantissant la pérennité des usages essentiels (eau potable, agriculture, activités économiques, milieux aquatiques) ;
  • de contribuer à la préservation des milieux aquatiques et de la biodiversité, en optimisant le partage de la ressource sans compromettre les besoins écologiques.

–          Comment ces projets contribuent-ils à la résilience face au changement climatique

En anticipant les évolutions des usages et des ressources, en modélisant les débits et scénarios à venir, l’étude permet de mettre en place une gestion préventive et adaptative : en période de sécheresse ou de stress hydrique, les décisions pourront être prises en connaissance de cause, en concertation, avec des critères partagés entre usagers.

La gouvernance unifiée à l’échelle du bassin garantit aussi que les arbitrages soient cohérents et équilibrés, réduisant le risque de conflits d’usage et les effets négatifs sur les milieux aquatiques.

Enseignements et perspectives

  • La nécessité d’une approche bassin global : la Moselle ne peut pas être gérée en compartiments. La ressource est partagée, les enjeux multiples : un EPTB + syndicats offre un cadre adapté.
  • L’importance de données robustes et actualisées : sans diagnostic quantitatif, il est difficile d’arbitrer entre usages, d’anticiper les crises, ou de planifier des mesures raisonnables.
  • La valeur de la concertation et de la gouvernance partagée : impliquer tous les acteurs (collectivités, usagers, État, agences, opérateurs…) dès le début permet de légitimer les décisions, de favoriser l’acceptabilité, et de construire des stratégies durables.
  • L’intérêt d’articuler la gestion quantitative de l’eau avec les politiques de gestion des risques (étiage, sécheresse, inondation), de milieux aquatiques, et d’aménagement du territoire, pour une vision intégrée.
Pour en savoir plus

Epage HuCA

D’un contrat de rivière à un Projet Territorial de Gestion de l’Eau (PTGE)

Situation

Le bassin versant de l’Huveaune est confronté depuis plusieurs années à une pression croissante sur la ressource en eau. Les sécheresses répétées, autrefois exceptionnelles, sont devenues structurelles, entraînant des arrêtés sécheresse récurrents et durables, provoquant une fragilisation des milieux aquatiques. Dans ce contexte, les outils historiques de gestion globale, notamment le contrat de rivière, montrent leurs limites pour répondre aux enjeux spécifiques de partage quantitatif de l’eau et d’anticipation à long terme.

Le bassin versant de l’Huveaune subit depuis plusieurs années des périodes de sécheresses chroniques, qui sont devenues fréquentes et prolongées au point que les arrêtés sécheresse — autrefois réservés aux événements exceptionnels — deviennent des règles annuelles de gestion et de contrôle.

Cette situation remet en lumière les tensions croissantes, autrefois connues du territoire, entre la disponibilité limitée de la ressource locale très dépendante du climat, les besoins des milieux aquatiques, les usages domestiques, agricoles, industriels, souvent dépendants [les usages] de ressources importées.

 Enjeux et Objectifs

L’approfondissement des travaux sur le volet « ressource en eau » du Contrat de Rivière  via un Projet Territorial de Gestion de l’Eau s’inscrit dans un double constat. D’une part, la ressource disponible diminue sous l’effet du changement climatique, tandis que les usages – eau potable, agriculture, activités économiques, besoins écologiques – restent élevés, ce déséquilibre se faisant au détriment des milieux aquatiques. D’autre part, la gestion de crise par les seules restrictions ne permet plus d’apporter des réponses durables.

L’enjeu majeur du PTGE est de définir et mettre en œuvre une gestion durable, partagée et anticipative de la ressource en eau à l’échelle du bassin de l’Huveaune et de ses affluents. Cette démarche s’inscrit dans la logique des PTGE définis par le SDAGE Rhône-Méditerranée, qui visent à équilibrer les usages humains et les besoins des milieux, notamment dans un contexte de changement climatique et d’incertitudes croissantes sur la disponibilité de l’eau.  Pour se doter d’un tel projet de territoire, l’élaboration passe par plusieurs phases essentielles : établir un diagnostic précis de la ressource et des usages, évaluer les besoins spécifiques des milieux aquatiques constituant la limite à ne pas franchir si l’on veut vivre sur un territoire non désertique, associer les acteurs locaux pour définir des priorités d’actions, élaborer des scénarios prospectifs à moyen et long terme, et surtout bâtir un plan d’actions concerté garantissant une gestion équitable, durable et résiliente de l’eau.

Déroulé et Gouvernance

Le contrat de rivière a permis de structurer pendant plusieurs années l’action locale autour de la qualité des milieux et des aménagements hydrauliques. Toutefois, face à l’intensification des tensions quantitatives, l’EPAGE HuCA a souhaité approfondir le volet « ressource » engagé une transition vers un PTGE, outil plus adapté pour traiter les questions de volumes, de partage de la ressource et d’adaptation au changement climatique.

Cette évolution vise à compléter le travail du contrat de rivière d’un cadre stratégique sur les ressources disponibles et mobilisables partagé, fondé sur un diagnostic commun et des choix collectifs assumés.

L’EPAGE HuCA, en tant que structure porteuse, assure la coordination du PTGE, engage les partenaires et conçoit un cadre structurant pour la concertation et le pilotage. La démarche s’articule autour d’au moins deux grandes phases :

●      Une mise en lumière des tensions entre ressources disponibles et besoins,fondée sur des études techniques, des évaluations de volumes prélevables et une concertation avec les acteurs du territoire ;

●      la construction d’un programme d’actions partagé, qui se traduira par des mesures concrètes adaptées aux enjeux identifiés.  

La gouvernance repose sur un comité de pilotage multi-acteurs réunissant collectivités, services de l’État, acteurs économiques, associations et citoyens, afin d’assurer une représentation équilibrée des usages et perspectives du bassin. À ce cadre s’ajoutent des ateliers thématiques (agriculture, biodiversité, tourisme, etc.) permettant d’ancrer le dialogue et de nourrir les choix avec les attentes de terrain.  La démarche s’accompagne aussi d’un panel citoyen, constituant en quelque sorte une assemblée citoyenne locale, constitué de résidents tirés au sort, qui débat des orientations et propose des pistes d’actions, renforçant ainsi l’appropriation collective du projet.

Résultats et Impacts

Au-delà des actions opérationnelles qui en découleront, le PTGE a d’ores et déjà produit des effets positifs en matière de gouvernance. Il a contribué à renforcer le dialogue entre acteurs, à instaurer un climat de confiance et à faire émerger une culture commune du partage de l’eau à l’échelle du bassin versant. L’expérience menée par l’EPAGE HuCA illustre ainsi comment le passage d’un contrat de rivière à un PTGE peut constituer un levier structurant pour accompagner les territoires dans leur adaptation au changement climatique, en plaçant l’anticipation, la concertation et la solidarité amont-aval au cœur de l’action publique.

Sur le plan opérationnel, le diagnostic initial offre une lecture claire des déséquilibres actuels et des équilibres potentiels, notamment en période de basses eaux. Cette connaissance partagée est une base solide pour la planification des actions, leur priorisation et leur intégration dans les stratégies locales de gestion des eaux et d’aménagement du territoire.  

Enseignements

L’expérience du PTGE de l’Huveaune met en évidence plusieurs enseignements structurants pour la gestion territoriale de l’eau. D’abord, une démarche collective et concertée est indispensable pour aborder des enjeux complexes qui traversent les usages, les secteurs économiques et les perceptions sociales. L’intégration de citoyens dans la réflexion enrichit les perspectives et renforce les engagements locaux.

Ensuite, la combinaison d’études techniques rigoureuses et de dialogues participatifs permet de construire un diagnostic partagé qui dépasse les seules approches réglementaires ou spécialisées, pour intégrer des réalités sociales, économiques et écologiques. Enfin, la gouvernance multi-acteurs, portée par une structure de bassin, garantit la continuité et la cohérence des actions, tout en tenant compte des spécificités locales.

A ce stade plusieurs leviers sont identifiés et font l’objet de point d’attention particuliers :

  • Mieux connaître les prélèvements, notamment en ce qui concerne l’impact des forages particuliers
  • Accompagner les industries dans la diversification de la ressource : études des liens et impacts entre prélèvements dans les eaux souterraines et état des niveaux en surface
  • Connaître et surveiller le karst
  • Mieux prendre en compte les eaux souterraines dans l’aménagement du territoire (notamment les effets de rabattement des nappes)
  • Mieux appréhender le futur point des importations d’eau dans les principes de la solidarité interbassin

Aller plus loin

Le PTGE de l’Huveaune, prévu pour être finalisé courant 2026 et notifié au territoire fin 2026, constitue une étape structurante vers une gestion durable et partagée de la ressource en eau. Il permettra d’alimenter les politiques publiques locales et régionales, d’orienter les documents d’urbanisme et de soutenir les interventions opérationnelles en matière d’économie d’eau, de répartition des prélèvements et d’adaptation au changement climatique.

Sources :