Isère Amont

Le Projet Isère amont, une démarche intégrée à l’échelle du bassin versant

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet « Isère amont » concerne la vallée de l’Isère située entre Pontcharra et Grenoble, à l’aval du Grésivaudan, dans le département de l’Isère. Il s’inscrit sur le linéaire de la rivière Isère avant son entrée dans l’agglomération grenobloise. Ce secteur constitue un point sensible du bassin versant, historiquement exposé aux crues majeures de l’Isère et fortement artificialisé par des ouvrages de protection successifs depuis le XIXe siècle.

Structures concernées

Le projet est porté par le SYMBHI, syndicat mixte compétent en matière de gestion des milieux aquatiques et de prévention des inondations à sur 40% du bassin versant de l’Isère. Il bénéficie du soutien financier de l’État et de l’Agence de l’eau dans le cadre d’un Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). De nombreuses collectivités locales (communes et intercommunalités), les services de l’État, le Département de l’Isère, la Chambre d’agriculture de l’Isère ainsi que plusieurs partenaires scientifiques sont associés à la mise en œuvre.

Chiffres clés

Le projet Isère amont représente un investissement total de 135 millions d’euros, financé conjointement par le SYMBHI, l’État et l’Agence de l’eau, dans le cadre du PAPI. Il concerne 29 communes et environ 300 000 habitants à l’échelle du territoire protégé.

Seize champs d’inondation contrôlée ont été aménagés, représentant près de 3 500 hectares, avec une capacité globale de stockage des crues estimée à 35 millions de mètres cubes. Ces aménagements permettent de réduire significativement le pic de crue à l’entrée de l’agglomération grenobloise.

En cas de crue comparable à celle de 1859, les études estiment que les travaux réalisés permettraient d’éviter environ 1 milliard d’euros de dommages matériels.

Enjeux / contexte

Diagnostic initial

Avant les travaux, le territoire cumulait plusieurs fragilités :

  • une exposition très forte au risque d’inondation, avec des dommages potentiels estimés jusqu’à 1 milliard d’euros pour une crue bicentennale ;
  • une artificialisation quasi totale du lit endigué entre Pontcharra et Grenoble, entraînant une rupture des échanges entre la rivière et ses milieux annexes ;
  • des dysfonctionnements morphologiques liés à l’accumulation de sédiments et à l’incision localisée du lit ;
  • une absence de valorisation paysagère des berges, malgré un fort potentiel d’usages de proximité.

Objectifs du projet

Face à ce constat, le projet poursuit trois objectifs principaux :
D’abord, réduire durablement le risque d’inondation en atténuant les débits de pointe à l’aval, grâce à une capacité importante de stockage des crues dans les champs d’inondation contrôlée.
Ensuite, restaurer le fonctionnement écologique de la rivière, en reconnectant les milieux naturels, en rétablissant la continuité piscicole et en reconstituant des forêts alluviales fonctionnelles.
Enfin, renforcer l’attractivité du territoire en développant des aménagements paysagers et récréatifs permettant aux habitants de se réapproprier les berges.

Lien stratégie / planification

Le projet s’inscrit dans le cadre d’un PAPI (Programme d’Actions de Prévention des Inondations). Il s’appuie également sur les orientations du SDAGE et sur les stratégies locales de gestion des risques d’inondation. Il constitue un projet démonstrateur en matière de gestion intégrée des cours d’eau, associant sécurité, écologie et cadre de vie dans une même logique territoriale.

Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage du projet par le SYMBHI garantit une cohérence d’intervention à l’échelle hydrographique, bien au-delà des limites administratives. Il permet d’articuler la prévention du risque, la restauration écologique et l’aménagement du territoire dans un pilotage unique. Cette organisation favorise également la mobilisation des financements nationaux, la sécurisation foncière et la coordination des multiples partenaires.

Déroulé et gouvernance

La gouvernance du projet repose sur une concertation étroite avec l’ensemble des acteurs locaux. Un accord-cadre a été conclu avec la Chambre d’agriculture de l’Isère et le Département afin de définir un système d’indemnisation en cas de dommages subis par les exploitations agricoles lors des crues. Les représentants agricoles ont été pleinement intégrés à la conception des champs d’inondation contrôlée.

Le Comité consultatif Isère amont joue un rôle central. Il réunit plus de 80 partenaires (collectivités, services de l’État, experts, associations) et s’est tenu régulièrement jusqu’à la fin des travaux. Cette instance accompagne chaque phase du projet : études, travaux, suivi écologique et bilan annuel.

Résultats et impacts

Le projet a permis une transformation radicale du fonctionnement fluvial :

  • 14,3 km de digues ont été effacés et 6 km ont été reculés ;
  • plus de 300 hectares de forêts alluviales ont été reconnectées ;
  • trois gravières ont été mises en relation directe avec l’Isère ;
  • quatre bras fluviaux ont été réouverts, représentant 2,5 km de bras en eau courante, 600 m de bras phréatiques et 13 hectares de milieux restaurés.
  • Suivi écologique

Le suivi scientifique met en avant la Petite massette, plante bioindicatrice des rivières alpines. En partenariat avec des équipes de recherche, cinq protocoles de transplantation ont été testés. Les résultats montrent :

  • un triplement des populations entre 2009 et 2018 ;
  • une augmentation de 35 % entre 2021 et 2024 ;
  • une dynamique jugée stable à moyen terme.

Enseignements

Le projet Isère amont incarne un changement de paradigme majeur : accepter de redonner à la rivière des espaces de débordement naturels pour protéger durablement les zones urbaines. Il démontre qu’un projet de prévention des risques peut aussi devenir un projet de restauration écologique et de développement territorial. Il met également en lumière l’importance de la solidarité territoriale, notamment vis-à-vis du monde agricole, grâce à des mécanismes d’indemnisation clairs.

Les prix qui consacrent le projet Isère amont

Le caractère pionnier du projet a été reconnu à l’échelle nationale par plusieurs distinctions majeures :

Grand Prix national du Génie Écologique – 2024
Attribué au projet Isère amont pour la qualité de sa restauration écologique, son exemplarité en matière de solutions fondées sur la nature et l’intégration de la biodiversité dans un projet de gestion des risques.

Grand Prix National de l’Ingénierie – catégorie “Adapter l’existant au changement climatique” – 2025
Récompense l’excellence technique du projet, sa conception innovante et sa capacité à associer protection des populations, écologie et aménagement durable.

Prix Previriq inondations – 2016

Met à l’honneur les meilleurs projets sur le thème de l’intégration des politiques publiques en matière de gestion des risques d’inondation.

Ces prix confirment qu’Isère amont n’est pas seulement un projet local : c’est aujourd’hui une référence nationale.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus

Dossier REX du SYMBHI :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2022/10/fiche-synthese-a3-2.pdf
Livre bleu — projet Isère amont :
https://bassinversant.org/wp-content/uploads/2023/03/livre-bleu_complet_gravure_2023_page.pdf

DRANSE ABONDANCE

Dranse d’Abondance (secteurs Richebourg / Les Ogays) : protection et confortement de berges

Bassin / sous-bassin concerné

Il s’agit du sous-bassin de la Dranse d’Abondance, composante du bassin Dranses-Est lémanique. Les interventions se concentrent sur des secteurs identifiés comme sensibles en aval de la montagne d’Abondance, autour de Richebourg et du pont des Ogays.

Structures porteuses et acteurs

Le maître d’ouvrage technique et opérationnel est le SIAC, agissant dans le cadre du Contrat de rivières. La Communauté de communes Pays d’Évian Vallée d’Abondance (CCPEVA) et le Conseil Départemental de la Haute-Savoie figurent parmi les financeurs locaux. La conduite des travaux a mobilisé des bureaux d’études, des entreprises spécialisées en génie végétal et génie civil, ainsi que les services préfectoraux pour l’autorisation environnementale.

Infos clés
  • Les autorisations préfectorales relatives aux secteurs Miolène, Richebourg et Ogays ont été publiées en 2024 ;
  • le démarrage des interventions sur Richebourg a eu lieu à la fin août / début septembre 2024 ;
  • le chantier lié aux Ogays a été programmé pour l’automne 2025 (interventions ponctuelles et tranches courtes, ordre de grandeur : quelques semaines par tranche) ;
  • le financement est assuré par la CCPEVA et le Département, avec maîtrise d’ouvrage SIAC.

Enjeux et contexte

Les secteurs étudiés présentaient une fragilité des berges, une emprise des chemins et des infrastructures riveraines, ainsi que des pressions liées à l’usage récréatif et au bocage ripisylve fragilisé. L’objectif principal est double : limiter l’érosion menaçant les équipements et les sentiers tout en préservant ou rétablissant des fonctionnalités écologiques (gîtes, continuités biologiques, surfaces de lit en divagation). Ces enjeux sont cohérents avec les constats dressés lors du diagnostic du Contrat de rivières.

  • Lien Stratégie / planification / programmation

Les opérations s’inscrivent dans la programmation opérationnelle du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique et dans la délégation GEMAPI exercée par le SIAC. Les travaux suivent les priorités fixées lors des diagnostics de phases successives du contrat (plans pluriannuels et avenants).

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC a permis d’agréger les besoins de plusieurs communes et de mutualiser les financements et compétences, ce qui a facilité l’obtention des autorisations et des subventions, et la planification de tranches de travaux cohérentes à l’échelle du sous-bassin. Le syndicat assure aussi la continuité d’entretien post-travaux et la coordination avec les chemins de randonnée et les acteurs touristiques locaux.

Déroulé et Gouvernance

Le chantier a été précédé d’une instruction administrative (arrêté préfectoral DDT-2024-0696) et d’un phasage pour limiter les impacts biologiques et d’usage. La méthode combine travaux en berge (enrochements, caissons) et actions de génie végétal ; le phasage évite les périodes sensibles pour la faune. La concertation a impliqué la commune, la CCPEVA, les services de l’État et les gestionnaires de sentiers ; des panneaux et circulations adaptées ont été prévus pour informer les usagers.

Résultats & impacts

À l’issue des tranches réalisées (Richebourg : automne 2024 ; Ogays : travaux programmés et poursuivis en 2025), les bénéfices attendus sont la stabilisation rapide des berges critiques, la réduction des besoins d’entretien urgent, et l’amélioration des continuités écologiques locales. Concrètement, le chantier empiète temporairement sur le sentier mais rétablit des berges plus robustes et végétalisées, ce qui doit diminuer l’érosion récurrente observée auparavant. Les retours terrain et la communication locale indiquent une gêne maîtrisée et une acceptation progressive des aménagements.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En limitant l’érosion et en rétablissant des berges végétalisées, les aménagements renforcent la capacité du cours d’eau à supporter des crues plus fréquentes et intenses et à limiter les pertes de sédiment. L’approche favorise également la régulation locale des écoulements et la fonctionnalité des corridors écologiques, deux leviers essentiels pour l’adaptation territoriale.

Enseignements

La concertation en amont et l’articulation avec les usages (sentiers, pratiques touristiques) sont déterminantes pour la bonne tenue du chantier. Les travaux montrent l’intérêt de solutions mixtes (dure + végétale) quand les enjeux patrimoniaux ou d’accès l’exigent.


Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus
DRANSE DE MORZINE

Dranse de Morzine : Restauration hydromorphologique et prévention des inondations (3 secteurs prioritaires)

Bassin / sous-bassin concerné

La Dranse de Morzine (sous-bassin des Dranses) est la cible de ces travaux. Les interventions concernent trois tronçons identifiés lors des diagnostics du Contrat de rivières comme prioritaires pour restaurer la morphologie, améliorer la continuité sédimentaire et réduire le risque d’impacts sur les communes riveraines.

Structures porteuses et acteurs

Le SIAC assure la maîtrise d’ouvrage et la programmation des travaux dans le cadre de la délégation GEMAPI et du Contrat de rivières. Les communes concernées (Morzine, Montriond, St-Jean-d’Aulps, Essert-Romand, La Baume et Le Biot), les services de l’État (préfecture / DDT), des bureaux d’études spécialisés, des entreprises locales et des financeurs (Agence de l’eau, Département) sont impliqués à différentes étapes. La gouvernance s’appuie sur le comité de rivière pour la concertation.

Infos clés

Le calendrier opérationnel prévu dans les dossiers indique des durées de chantier de l’ordre de 4 à 6 mois par secteur ; la tranche opérationnelle a démarré en septembre 2025. Les principaux travaux se sont achevés à l’automne 2025. La finalisation des derniers ouvrages aura lieu à partir de juin 2026. Les financements sont multi-partenariaux et intégrés à la programmation du Contrat de rivières.

Enjeux et contexte

Les diagnostics ont identifié une mauvaise dynamique alluviale sur certains tronçons, des risques d’érosion menaçant les routes, ouvrages et zones habitées, ainsi qu’un déficit de fonctionnalité écologique. L’objectif est donc de restaurer la morphologie active de la Dranse de Morzine pour réduire l’aléa inondation, restaurer la continuité sédimentaire et améliorer l’état écologique du cours d’eau. Ces enjeux sont accentués par des épisodes hydrologiques intenses et l’augmentation des aléas liés au changement climatique.

  • Lien Stratégie / planification / programmation de Bassin

Le projet s’inscrit dans l’axe opérationnel prioritaire du Contrat de rivières et répond aux orientations de la planification territoriale en matière de gestion des risques et de préservation des milieux aquatiques. L’action est programmée en cohérence avec d’autres mesures sur le bassin pour optimiser les bénéfices à l’échelle hydrographique.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Agir à l’échelle du sous-bassin via le SIAC garantit une approche cohérente des transferts sédimentaires et des dynamiques de cours d’eau – dimension impossible à gérer efficacement au seul niveau communal. Le syndicat facilite le partage des coûts, la priorisation des tronçons et la coordination avec les services de l’État et les financeurs.

Déroulé et Gouvernance

Le dossier a suivi une instruction administrative (rapports et avis disponibles), des diagnostics préalables et une concertation locale. Les travaux ont été phasés pour éviter les périodes de reproduction et limiter les nuisances. Le SIAC a piloté la maîtrise d’œuvre et assuré la coordination des intervenants (entreprises, bureaux d’études, collectivités). Le suivi post-chantier est intégré au périmètre GEMAPI pour garantir l’entretien et la pérennité des aménagements.

Résultats et impacts

Le chantier (saisons 2025) a permis de restaurer des tronçons significatifs, de sécuriser des berges et d’améliorer la capacité d’expansion des crues sur les secteurs traités. Les effets attendus sont une diminution de l’érosion active, un meilleur transit sédimentaire, la création d’habitats et une réduction de la vulnérabilité des infrastructures riveraines. Le bilan de fin de saison (nov. 2025) laisse entrevoir une amélioration notable de la fonctionnalité morphologique sur les tronçons traités.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En restaurant des dynamiques naturelles (divagation, stockage sédimentaire, création de zones tampons), le projet augmente la capacité du territoire à absorber et diffuser les crues, limite l’érosion accélérée et contribue à la continuité écologique – autant de facteurs qui renforcent la résilience territoriale face à des événements hydrologiques de plus forte intensité.

Enseignements

La mise en œuvre a confirmé l’importance d’un diagnostic fin, d’un phasage pour limiter les impacts biologiques et d’un suivi post-travaux pour vérifier la stabilité morphologique. La coordination entre acteurs (SIAC, communes, DDT, entreprises) et la communication locale sont des facteurs clés de succès.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus
embouchure dranse

Basse Dranse : Restauration hydromorphologique et gestion intégrée des milieux aquatiques

Bassin / sous-bassin concerné

Le projet concerne le bassin versant des Dranses et de l’Est lémanique, et plus spécifiquement la basse Dranse – entre le pont de la Douceur et le delta de la Dranse, à l’aval.

Structures porteuses et acteurs

Le maître d’ouvrage est le SIAC, qui porte le Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique depuis 2017.
Ce contrat regroupe les intercommunalités du territoire (Thonon Agglomération, Communauté de communes du Haut Chablais – CCHC —, et Communauté de communes Pays d’Évian Vallée d’Abondance – CCPEVA).
L’Etat (services concernés, préfectorat) et des partenaires financiers comme l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse ainsi que le Conseil Départemental de la Haute-Savoie participent au financement et à la supervision.
Le projet mobilise également des bureaux d’études, des entreprises pour les travaux, et des associations/usagers via le comité de rivière.

Infos clés
  • Le bassin des Dranses et de l’est lémanique couvre environ 638 km², avec un linéaire cumulé de 210 km de cours d’eau.
  • Le programme initial du Contrat de rivières prévoyait un budget global de 23 millions d’euros.
  • Les travaux de restauration de la basse Dranse ont concerné un linéaire d’environ 4,5 km.
  • Le montant de l’opération a été de l’ordre de 4,3 millions d’euros HT.
  • Les financements proviennent d’environ 50% de l’Agence de l’eau, ~26% du Département, le reste étant autofinancé par les collectivités locales (Thonon Agglo, CCPEVA, etc.).

Enjeux et contexte

Au fil des décennies, notamment depuis les années 1950, l’urbanisation et l’aménagement des berges ont réduit l’espace de divagation naturelle de la Dranse. Le lit s’est rétréci, les bras secondaires se sont progressivement refermés, les bancs de graviers ont été colonisés par des plantes invasives (ex : Renouée du Japon, buddleia, solidage, faux acacia), ce qui a fortement altéré la dynamique sédimentaire et la biodiversité.

La crue de 2015 a révélé la vulnérabilité du secteur aval de la Dranse – le manque de zones d’expansion naturelles des crues augmentait le risque d’inondations.

Ainsi, le projet cherchait à restaurer le fonctionnement naturel de la rivière – mobilité, sédiments, biodiversité – tout en assurant une meilleure protection des biens et des personnes contre les crues.

  • Lien stratégie / planification / programmation bassin

Le projet s’inscrit dans le cadre du Contrat de rivières des Dranses et de l’Est lémanique, signé en 2017, prolongé via un avenant pour 2023-2024 afin d’achever les actions non réalisées dans les délais initiaux.

Ce contrat formalise une gestion intégrée et concertée des milieux aquatiques, de la ressource en eau, de la biodiversité et des risques d’inondation à l’échelle cohérente du bassin versant.

Le SIAC, reconnu EPAGE depuis 2019, est l’animateur et maître d’ouvrage des actions prévues.

  • Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le portage par le SIAC, une structure intercommunale couvrant 62 communes dont 40 sur le bassin versant, permet une vision à l’échelle globale – ce qui est essentiel pour traiter les dynamiques de rivière, sédimentation, continuité écologique et risques d’inondation de façon cohérente.

Grâce à la mutualisation des moyens (techniques, financiers, compétences), le SIAC peut mener des projets de grande ampleur, mobiliser des partenaires variés (collectivités, Etat, Agence de l’eau, associations, bureaux d’études), et coordonner les travaux selon des priorités définies de façon concertée.

La gouvernance via un comité de rivières offre un cadre participatif associant collectivités, usagers, associations, services publics – garant de la robustesse et de l’acceptabilité du projet.

  • Déroulé et Gouvernance

Le projet a été conçu à l’issue d’un diagnostic global du bassin versant, dans le cadre du Contrat de rivières lancé en 2017.
Le comité de rivières, composé de représentants des collectivités, des usagers, des associations, des services publics, a défini les priorités, validé la programmation d’actions, le financement et les modalités de suivi.

Pour les travaux sur la basse Dranse, les interventions ont combiné des méthodes de génie végétal, des terrassements, la suppression de végétation envahissante, la réouverture de chenaux, la remise en mouvement sédimentaire, la reconquête des berges et la reconquête d’un « espace de bon fonctionnement » pour la rivière.

Le SIAC a veillé à minimiser les impacts sur les milieux naturels – par un phasage des travaux hors périodes sensibles, la préservation des habitats, la création de gîtes pour la faune, etc.

Financement et gouvernance financière : l’opération a été co-financée par l’Agence de l’eau, le Département, les collectivités locales, avec autofinancement ; la structure a mis en place un service GEMAPI à plein exercice pour assurer la gestion, le suivi technique, administratif et financier des actions.

Résultats et impacts

L’inauguration des travaux de la basse Dranse a eu lieu le 15 mars 2025, marquant l’achèvement d’un chantier de deux ans et demi.

Parmi les retombées attendues ou déjà constatées : la restauration de la dynamique naturelle de la rivière (transport sédimentaire, diversité des écoulements), la reconquête d’environ 19,7 hectares d’espace de bon fonctionnement pour la rivière, favorisant la biodiversité, la reconquête d’habitats aquatiques et rivulaires, et la lutte contre les espèces invasives (notamment la renouée du Japon).

Sur le plan de la protection des populations et des infrastructures, la renaturation et le réaménagement des berges améliorent la résilience face aux crues – l’ouverture de chenaux secondaires, la restauration des zones d’expansion des crues, la stabilisation des berges diminuent le risque d’inondation et d’érosion.

Ces travaux renforcent la qualité écologique du cours d’eau et sa capacité à absorber les épisodes hydrologiques extrêmes, ce qui constitue un atout face au changement climatique.

  • Contribution à la résilience face au changement climatique

En rétablissant les dynamiques naturelles de la rivière (écoulement, sédimentation, zones de divagation), le projet augmente la capacité de la Dranse à absorber et à dissiper l’énergie des crues, à reconstituer des habitats, à favoriser la biodiversité, et à maintenir un bon fonctionnement écologique – des éléments clés pour faire face à des événements extrêmes potentiellement plus fréquents ou intenses.

De plus, la reconquête d’un espace de « respiration » de la rivière, la reconnexion des chenaux secondaires et l’amélioration de la continuité écologique participent à la robustesse du milieu face aux dérèglements hydrologiques.

Enseignements et réflexions

  • Le portage par un syndicat de bassin – avec une gouvernance collective et transversale – permet de dépasser les limites communales et d’agir à l’échelle pertinente du bassin versant, ce qui est indispensable pour les questions hydrologiques, sédimentaires, écologiques et de gestion des crues.
  • L’approche intégrée – prise en compte conjointe de l’hydromorphologie, de la biodiversité, de la gestion des eaux, et des risques – montre qu’on ne peut pas traiter l’eau comme un simple paramètre : il faut restaurer les processus naturels pour garantir la durabilité.
  • La planification à long terme (contrat de rivières, avenants) permet de lisser les financements, d’assurer la continuité des projets, et de mobiliser des acteurs divers autour d’enjeux partagés.
  • Les techniques de génie végétal, la renaturation, la gestion douce des berges, sont des leviers efficaces pour concilier sécurité – inondations, érosion – et préservation écologique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Pour en savoir plus
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Trèbes : d’un projet hydraulique à un projet global d’Aménagement

Info et chiffres clés

Le projet est financé à 2,44 M€ (PAPI 3 de l’Aude) dont :

  • État : 50 %
  • Département : 19,75 %
  • Région : 10,25 %
  • EPTB : 20 %

Situation

Le territoire du SMMAR EPTB Aude s’étend sur :

  • 419 communes
  • 5 départements (11, 09, 34, 66, 81)
  • 16 EPCI ayant transféré intégralement la compétence GEMAPI à l’EPTB et qui lèvent tous la taxe GEMAPI

Le bassin de l’Aude est particulièrement vulnérable aux précipitations méditerranéennes avec 90 % du bassin exposé au risque inondation. Le 15 octobre 2018, le bassin connaît un événement particulièrement dévastateur avec :

  • 350 mm de pluie en moins de 10 h
  • une montée des eaux de 7 mètres en 8 h
  • 15 décès sur le bassin, dont 5 à Trèbes

Cet épisode dramatique déclenche une prise de conscience profonde : la technique seule ne suffit plus face à l’évolution des enjeux. Reconstruire « à l’identique » n’est ni souhaitable, ni durable.

Enjeux et Objectifs

L’enjeu central de l’opération consistait à dépasser une approche strictement hydraulique et technique de la gestion du risque pour engager un véritable projet global d’aménagement, fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique, le développement de nouveaux usages et la reconnexion entre les habitants et le fleuve.

Cette ambition se décline en plusieurs objectifs complémentaires. Le projet visait d’abord à redonner de l’espace au fleuve, condition indispensable pour réduire l’énergie des crues et atténuer leurs effets. Il s’agissait également, par des actions complémentaires portées par la Ville de Trèbes, de recomposer un quartier entier, en prenant pleinement en compte sa vulnérabilité et en repensant et adaptant ses usages. La restauration des continuités écologiques et des fonctions naturelles du lit majeur constituait un autre axe majeur, indispensable à la qualité des milieux et au fonctionnement hydraulique.

L’opération poursuit en parallèle la réduction du risque inondation pour les habitants, tout en créant des espaces publics attractifs et de reconnecter les habitants à leur fleuve. Enfin, l’ensemble de la démarche repose sur la volonté de bâtir un projet partagé, intégré et pérenne, qui englobe une approche de réduction du risque et de recomposition urbaine.

L’enjeu majeur est de passer d’une logique strictement hydraulique de prévention des inondations à un projet global d’aménagement fondé sur la résilience, la renaturation et l’adaptation au changement climatique.

Déroulé et Gouvernance

Le projet se construit sur 7 ans, dans une dynamique entièrement collaborative. Le SMMAR – EPTB Aude joue un rôle moteur, assumant la maîtrise d’ouvrage et orchestrant cette opération en étroite collaboration avec la commune de Trèbes, impliquant élus, services municipaux et habitants à chaque étape.

De nombreux partenaires institutionnels ont contribué à la réussite du projet :

  • Le SMMAR EPTB Aude maître d’ouvrage et la Ville de Trèbes ont coconstruit le projet d’aménagement avec l’appui du maître d’œuvre SCE spécialisé en hydraulique fluviale et aménagement, et avec l’architecte Eric DANIEL-LACOMBE spécialisé dans la résilience inondation.
  • Carcassonne Agglo, le service risques de la DDTM de l’Aude, les services Eau du Département et de la Région Occitanie, ont accompagné le portage du projet via divers comités techniques.
  • L’EPF Occitanie a assuré une maîtrise foncière 100 % amiable.
  • L’Architecte des Bâtiments de France et le CAUE de l’Aude ont apporté leur expertise paysagère.
  • La DDTM (services risques, aménagement, agriculture et biodiversité) ont veillé à la conformité réglementaire.
  • L’Office Français de la Biodiversité, la Fédération de pêche et l’AAPPMA de Trèbes ont été des partenaires clés.
  • D’autres acteurs comme la police municipale, les services technique et urbanisme de la Ville, le SDIS ou encore la chambre d’agriculture ont également ponctuellement contribué au projet.

La démarche repose sur une méthode profondément ancrée dans la concertation. Tout au long du projet, habitants et élus ont été associés, via des temps d’échanges et des phases de définition collective des usages. Cette dynamique participative a permis de décloisonner totalement les approches — hydraulique, urbanisme, écologie, paysage — pour construire une vision commune et cohérente de l’aménagement.

Résultats et Impacts

Après plusieurs années, Trèbes bénéficie d’un véritable espace résilient, où le fleuve retrouve sa place et où les usages urbains se réinventent en harmonie avec le risque et en adéquation avec la nature.

L’acquisition de 13 hectares sur la traversée de Trèbes permet de rendre à l’Aude son espace de bon fonctionnement et de dissiper latéralement son énergie lors des crues.

L’école a été reconstruite en zone inondable, sur pilotis, mais dans des espaces de moindre vulnérabilité, et ce afin de conserver la vie du quartier.

La création d’un espace public de haute qualité a constitué un autre pilier du projet. L’aménagement paysager, conçu en concertation étroite avec les habitants, a fait l’objet d’une attention particulière. L’ambition était de produire un véritable « effet waouh » pour donner envie aux habitants de revenir au bord de la rivière et de se réapproprier ce paysage. Un verger citoyen, accessible en libre cueillette, enrichit ce nouvel ensemble et contribue à renforcer le lien social autour des espaces naturels.

La réussite du projet tient autant à l’aménagement final qu’au chemin parcouru : une profonde évolution des pratiques et des modes de pensée, rendu possible par un engagement politique déterminé.

Résultats techniques

  • Création de lits moyens permettant d’abaisser la ligne d’eau jusqu’à 50 cm en crue,
  • Suppression d’un ancien plan d’eau artificiel permettant d’éviter le prélèvement annuel de dizaines de milliers de mètres cubes d’eau,
  • Aménagement de pentes douces, sols perméables, fossés humides de type noues, dans un souci permanent de perméabilité plutôt que de drainage,
  • Plantation de 250 arbres, création d’une forêt alluviale, avec une végétalisation par des essences méditerranéennes ne nécessitant pas d’arrosage.

Résultats institutionnels

  • Un modèle de recomposition urbaine inspirant et facilement reproductible pour d’autres collectivités,
  • Une opération reconnue : lauréat du Prix national Art Urbain 2025, mention environnement.

Enseignements

Cette opération montre qu’un EPTB est un véritable acteur de l’aménagement du territoire, capable de dépasser la simple gestion du risque pour impulser et coordonner des projets urbains innovants rendus indispensables par le changement climatique.

Parmi les principaux enseignements :

  • la volonté politique et le changement de culture sont déterminants,
  • reconstruire différemment est impératif dans un contexte de changement climatique,
  • décloisonner les pratiques (hydraulique / urbanisme / paysage / écologie) est la clé du succès,
  • la co-construction sur le temps long sécurise, enrichit et légitimise le projet.
Pour en savoir plus :

ZEC du SAGE Yèvre-Auron

Exploitation des zones de crues sur le bassin de la Loire et ses affluents

Informations clés
  • Cette démarche s’inscrit dans le cadre plus large du dossier de gestion du risque inondation du bassin, notamment le Plan Loire Grandeur Nature et le Plan de Gestion du Risque Inondation Loire-Bretagne (PGRI).
  • 6 300 zones d’expansion de crues (ZEC) potentielles ont été identifiées à l’échelle du bassin, correspondant à environ 5 700 km².
  • Une étude spécifique sur le bassin du Loir (2019–2021) a montré que, dans ce sous-bassin, environ 7 % de la population vit en zone inondable.

Enjeux et contexte

Le projet vise à réduire le risque d’inondation en tirant parti des zones naturelles d’expansion des crues, afin de diminuer l’impact des crues sur les personnes, les biens, l’économie et les infrastructures.

Contexte : le bassin de la Loire – connu pour ses crues historiques – reste vulnérable malgré digues et barrages.

Le projet tente de répondre à un besoin de gestion intégrée, à l’échelle du bassin, au-delà des logiques communales ou départementales, car le phénomène de crue ne s’arrête pas à ces limites.

–          Lien Stratégie / planification / programmation bassin

La démarche s’insère dans les grands cadres planifiés du bassin : Plan Loire Grandeur Nature pour la gestion intégrée du fleuve, et le PGRI Loire-Bretagne, qui fixe comme priorité la préservation des capacités d’écoulement et des zones d’expansion des crues.

Les ZEC sont considérées comme des « solutions fondées sur la nature », alignées avec les orientations du SDAGE (schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux) du bassin.  

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin (EP Loire)

Porter cette démarche à l’échelle de l’ensemble du bassin par EP Loire garantit cohérence hydraulique amont-aval : éviter les effets négatifs d’actions isolées.

L’EP Loire a pu mobiliser des effets leviers : mutualisation de l’expertise, accès à des financements (notamment européens via FEDER), coordination entre nombreux acteurs (collectivités, État, agences de l’eau, associations, usagers).

Cette approche supra-territoriale permet aussi de prioriser les actions sur les sites les plus pertinents – là où le potentiel de stockage et l’exposition au risque sont les plus importants.

Déroulé et Gouvernance

  • Diagnostic global (phase 1) : capitalisation des connaissances existantes (études hydrauliques anciennes, modélisations, PPRI, SAGE, études « 3P » sur l’Allier, etc.).
  • Identification et hiérarchisation des ZEC potentielles (phase 2) : estimation des capacités de stockage, évaluation des enjeux, vulnérabilité, faisabilité – technique, écologique, sociale, financière.
  • Concertation et partenariats : mobilisation des collectivités territoriales, des services de l’État, de l’agence de l’eau, des gestionnaires d’espaces (SAFER, Conservatoires d’espaces naturels, etc.), des SAGE (schémas d’aménagement et de gestion des eaux).
  • Déclinaisons territoriales sur 24 zooms : certains affluents et sous-bassins retenus pour des études plus fines et éventuelles actions opérationnelles.

Résultats et impacts

  • Confirmation que les ZEC fonctionnent comme des tampons naturels : elles permettent de ralentir et d’écrêter les crues, entraînant un débit en aval réduit – ce qui diminue la hauteur d’eau et les dommages potentiels.
  • Sur le Loir, la préservation des ZEC existantes est privilégiée plutôt que la création de nouvelles – les modélisations montrant qu’en l’état, les volumes à stocker lors de crues majeures sont trop importants pour être efficacement gérés via des aménagements ponctuels.
  • Contribution à la réduction de la vulnérabilité des territoires exposés (populations, activités économiques, infrastructures) – notamment en offrant plus de temps d’alerte, en limitant les hauteurs d’eau, et en permettant une gestion plus préventive des crues.
  • Co-bénéfices environnementaux : la préservation / restauration de ces zones favorise les milieux naturels, la biodiversité, la qualité de l’eau, la résilience écologique face aux variations hydrologiques.

En termes d’adaptation au changement climatique, ces ZEC représentent une approche souple et durable : moins dépendantes d’infrastructures lourdes souvent coûteuses, elles s’inscrivent dans une gestion adaptative du risque, capable d’évoluer avec les aléas hydrologiques.

Enseignements et perspectives

  • Toute valorisation des ZEC nécessite une concertation locale fine entre collectivités, usagers, agriculteurs, gestionnaires fonciers.
  • L’efficacité de la démarche dépend de la préservation des sols non artificialisés – l’urbanisation, le remblaiement, la densification en zone péri­urbaine ou en aval peuvent réduire fortement la capacité de stockage naturelle. Ceci souligne l’importance de politiques d’urbanisme cohérentes avec les objectifs de résilience.
  • À l’échelle du bassin, la combinaison des ZEC avec des infrastructures « dures » reste indispensable : le mix digues + ZEC + renaturation + gestion des zones humides offre la meilleure résilience.

Perspectives : densifier les études localisées (zoom territoires), intégrer les ZEC dans les plans d’urbanisme, encourager les solutions fondées sur la nature, développer un réseau « ZEC » à l’échelle du bassin, et renforcer la coordination entre acteurs.

Ces travaux ont également permis d’alimenter plusieurs démarches de programmes d’études préalables à un PAPI comme sur le Cher (affluent de la Loire). Fin 2025, ces actions sont en réflexion et permettrons peut-être d’aboutir à la réalisation de travaux dans le cadre de la mise en œuvre des PAPI correspondants.

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Annexe hydraulique de la Justice à Haroué - avril 2023 © EPTB - M. Grosjean

Au cœur de la vie des cours d’eau – l’action de l’EPTB Meurthe-Madon pour la restauration et la résilience des rivières

Chiffres clés
  • L’EPTB couvre 4700 km de cours d’eau sur l’ensemble de ses bassins (Meurthe, Madon, affluents de la Moselle).
  • Le programme initial PAPI Madon (labellisé en 2018, mis en œuvre depuis 2019 et terminé fin 2025) représentait un coût total d’environ 18 millions d’euros HT.
  • Le PAPI incluait à la fois des aménagements hydrauliques (1 Zone de Ralentissement Dynamique de crues, 1 système d’endiguement) mais aussi des opérations mixtes (création d’un chenal de crues), des solutions fondées sur la nature (reméandrage, arasement de seuils, zones d’expansion de crues) et des opérations de renaturation et de reconquête des milieux.
  • Dans le cadre de la restauration du Val d’Arol (affluent rive gauche du Madon) : 14 km restaurés de la source à la confluence.
  • Pour ces travaux : 1 680 mètres linéaires de plantations, 5 855 mètres linéaires de clôtures, 14 descentes d’abreuvement, 3 passages à gué, installation d’une pompe solaire.
  • Pour la restauration du Madon à hauteur du moulin de Bralleville, en accompagnement de l’effondrement d’un seuil, (lit du cours d’eau sur 230 mètres) : 850 arbres et boutures plantés, 5096 m² de berges ensemencées, budget de 123 000 € HT.

Enjeux

Le bassin du Madon est exposé à un risque inondation important, avec des crues récurrentes qui ont causé, notamment en 2006, des dommages significatifs sur les personnes, les biens, les infrastructures, les activités économiques et l’environnement.

Par ailleurs, le bon état écologique du Madon avait été altéré : le lit fluvial était morcelé par des ouvrages, les annexes hydrauliques avaient disparu ou étaient dégradées, la ripisylve affaiblie, ce qui compromettait la biodiversité, la reproduction des poissons (notamment le Brochet, espèce-repère), la continuité écologique, et la capacité du cours d’eau à remplir ses fonctions naturelles de régulation hydraulique.

Ainsi, le projet cherchait à répondre à deux besoins conjoints : restaurer les milieux aquatiques pour la biodiversité et redonner au cours d’eau ses capacités hydrauliques naturelles pour mieux prévenir les inondations.

–          Lien avec stratégie / planification

Le projet s’inscrit dans le cadre du PAPI Madon, labellisé en 2018, mis en œuvre depuis 2019 et terminé fin 2025. L’EPTB, en tant que structure de bassin, pilote une stratégie globale de gestion des risques d’inondation et de restauration des milieux aquatiques.

Les financements proviennent combinés de l’État (fonds Barnier), de l’Agence de l’Eau Rhin-Meuse, de la Région Grand-Est, des fonds européens (FEDER), des collectivités et de l’EPTB. Le budget 2026 de l’EPTB confirme la poursuite des études et des travaux sur le Madon et ses affluents (reméandrage, renaturation, protection contre les crues, restauration écologique) dans les prochaines années.

–          Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le fait de confier le portage à un syndicat de bassin comme l’EPTB Meurthe-Madon présente plusieurs atouts :

  • approche intégrée à l’échelle du bassin versant : inondation, milieux aquatiques, biodiversité – coordination entre communes, départements, région, État, associations, usagers.
  • capacité à mobiliser des financements divers (État, Europe, agence de l’eau, collectivités) pour des projets de grande ampleur.
  • cohérence entre restauration écologique et réduction du risque inondation (et non traitement ponctuel ou morcelé).
  • Mise en œuvre d’une solidarité de bassin par une mutualisation des connaissances, des expertises, des moyens techniques et financiers – plus efficace que des initiatives dispersées commune par commune.

Déroulé et gouvernance

Le projet s’est structuré progressivement :

  • Diagnostic global 2014–2016 (physique du Madon, modélisation hydraulique) pour identifier les zones à risque et le potentiel de restauration.
  • Labellisation du PAPI Madon en 2018, puis concertation des acteurs (collectivités, État, associations, usagers) pour définir les aménagements.
  • Lancement des travaux à partir de 2019 pour les premières annexes (Lemainville, Mattaincourt) puis élargissement aux affluents (Val d’Arol) et au cours principal (Madon, moulin de Bralleville).
  • Suivi, inventaires, restauration de la ripisylve, plantes envahissantes, aménagements hydrauliques, renaturation, replantations – en concertation avec riverains, usagers, collectivités.
  • Pour certaines opérations (ex. zones de rétention des crues) : démarches administratives (dossier loi sur l’eau : plus de  3000 pages et 2,5 ans d’instruction), enquête publique, déclaration d’utilité publique, servitudes – gage de pérennité et d’acceptation.

Résultats et impacts

À l’échelle du bassin : restauration ou création d’annexes hydrauliques – lieux de frayères pour poissons, habitats pour amphibiens, oiseaux, invertébrés, ripisylves – ce qui relance la dynamique écologique, la diversité des milieux, et la résilience des écosystèmes face aux aléas hydrologiques.

Sur le Val d’Arol : 14 km restaurés, plantations, réhabilitation des berges, création de gués, points d’abreuvement – ce qui améliore l’écoulement, la qualité des habitats aquatiques, l’abreuvement du bétail, la sécurité des berges, et la biodiversité.

Sur le Madon – moulin de Bralleville : 230 m de lit renaturé, 850 arbres/boutures plantés, 5 096 m² de berges re-végétalisées ; l’écoulement et la continuité écologique ont été durablement rétablis, la berge stabilisée, la route départementale protégée.

La restauration écologique s’articule avec la réduction du risque inondation : en redonnant un fonctionnement naturel au cours d’eau, en recréant des zones d’expansion, la capacité du territoire à absorber les crues est améliorée – ce qui renforce la sécurité hydrologique et la résilience face aux événements climatiques extrêmes.

Sur le plan institutionnel et de gouvernance, le projet a permis de mobiliser un large panel d’acteurs (fédérations, collectivités, État, agences …), de structurer une stratégie à l’échelle de bassin, et de pérenniser les interventions grâce à des financements stables.

–          Contribution à la résilience du territoire face au changement climatique

En restaurant les annexes hydrauliques, en renaturant les berges, en recréant des zones d’expansion des crues et en améliorant la continuité écologique, le projet renforce la capacité du bassin à absorber les variations d’écoulement – crues comme étiages – et à maintenir des habitats naturels.

Cela favorise une meilleure régulation hydrologique naturelle, renforce la biodiversité (facteur clé de résilience), améliore la qualité de l’eau, stabilise les berges, et réduit la vulnérabilité des territoires et des populations face aux événements extrêmes (pluies intenses, crues, sécheresses).

En cela, l’action de l’EPTB Meurthe-Madon constitue un exemple de gestion intégrée, anticipative et durable des cours d’eau, contribuant à l’adaptation des territoires au changement climatique.

Enseignements

Ce retour d’expérience montre qu’une approche de bassin – coordonnée, partenariale, combinant restauration écologique et gestion du risque – est non seulement possible, mais efficace. Elle permet de concilier objectifs environnementaux (biodiversité, milieux aquatiques) et enjeux humains (sécurité, prévention des inondations).

La restauration du Madon et du Val d’Arol illustre que des interventions concrètes (plantations, renaturation, aménagement hydraulique) peuvent produire des résultats visibles, durables, bénéfiques à la fois pour la nature et les habitants.

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pont des roches au domaine de Méréville

SIARJA : une approche intégrée des trames écologiques au service du bassin versant

Le SIARJA a développé une approche opérationnelle et territoriale des trames écologiques pour mieux articuler gestion de l’eau, restauration des milieux et aménagement du territoire.
Le syndicat intervient sur un bassin versant caractérisé par des zones humides nombreuses et des problématiques de ruissellement agricole, renforçant le besoin d’une vision globale.

Le SIARJA structure son action autour de quatre trames :

●        Trame bleue : cours d’eau et annexes hydrauliques, déjà fortement cartographiés.

●        Trame turquoise : réseau de zones humides et mares, interface entre eau et milieux terrestres.

●        Trame verte : boisements alluviaux, bosquets et réseaux de haies, essentiels pour les chemins de l’eau.

●        Trame brune : sols, au cœur des enjeux de ruissellement, d’érosion et d’infiltration.

La modélisation TVB conduite vise à mettre en place une méthode pour la traduction locale du Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) à l’échelle du bassin versant, à produire de la connaissance et un outil d’aide à la décision au bénéfice des collectivités pour faciliter :

●        l’intégration des enjeux Trame verte et bleue dans les SCoT et PLU, notamment afin de nourrir les OAP thématiques TVB devenues obligatoires dans les PLU,

●        la cohérence avec les politiques GEMAPI,

●        la mise en œuvre de projets plus compatibles avec le fonctionnement du bassin versant.

Initiée dans le cadre du Contrat de territoire Eau, Climat et TVB de la Juine 2020-2024, cette démarche se poursuit dans la programmation 2026-2030, notamment par une hiérarchisation des enjeux à l’échelle parcellaire – de manière nourrir une réflexion stratégique sur le volet foncier – et par l’approfondissement de la coopération avec les EPCIs dans le cadre de l’élaboration des SCOT. Elle bénéficie du soutien financier de l’Agence de l’eau, du Conseil régional d’Ile-de-France et du Conseil départemental de l’Essonne.

Cette démarche s’inscrit dans une logique de cercle vertueux impulsé par le syndicat : Connaissance du bassin versant et de ses enjeux / Démarches stratégiques et programmatiques autour de la GEMAPI / Intégration dans les démarches de planification du territoire via un appui aux collectivités du bassin versant ( porter à connaissance,  accompagnement, , sensibilisation).
Elle s’étend aujourd’hui à des actions visant à mobiliser plus généralement les acteurs de l’eau, de l’agriculture et de l’aménagement autour de sols vivants, fonctionnels pour le climat, le cycle de l’eau et la biodiversité.

Pour en savoir plus

Retrouvez la démarche “Trames et Bassin versant du SIARJA” présentée lors de la Webconférence “Inondations, sécheresses – Comment la restauration des milieux humides peut contribuer à réduire les risques” organisée par l’ANEB et le PRMVA le 27 février 2025 (voir la webconférence).

restauration de prairies et forêts inondables - EPTB Saône et Doubs

La démarche conservatoire de l’EPTB Saône et Doubs : l’exemple de la restauration des prairies et forêts alluviales des vallées de la Saône et du Doubs

Chiffres clés
  • Superficie du site acquis : environ 40 ha.
  • Coût d’acquisition : 140 620,00 €.
  • Financement : pour 34 ha, co-financement assuré par l’Agence de l’Eau Rhône‑Méditerranée & Corse (55 %), le Conseil Départemental de la Côte-d’Or (40 %) et l’EPTB (5 %) ; 4 ha sont financés par SNCF Réseau dans le cadre de mesures compensatoires.
  • Période de planification : un plan de gestion 2020–2026 a été établi.

Enjeux / Contexte

Quel problème ou besoin ce projet cherche-t-il à résoudre ?

Le contexte justifiant ce projet est double. D’une part, la régression importante des prairies inondables au profit des cultures et des peupleraies a provoqué la dégradation des milieux ouverts et des zones humides – avec pour conséquence la perte d’habitats naturels essentiels pour la faune et la flore patrimoniales.

D’autre part, face aux défis du dérèglement climatique, la préservation des zones humides apparaît comme un enjeu majeur : elles jouent un rôle clé dans la régulation hydrologique (stockage de l’eau, recharge des nappes captives pour l’eau potable, atténuation des crues), l’épuration naturelle des eaux, ainsi que le maintien de la biodiversité.

Le besoin était donc de réhabiliter ces milieux pour garantir des usages du sol compatibles avec ces enjeux – au-delà de la simple conservation, restaurer un fonctionnement « naturel » et durable.

Lien stratégie / planification bassin – Plus-value du portage par un syndicat de bassin

Le projet s’inscrit dans la stratégie globale de l’EPTB Saône et Doubs, qui coordonne la gestion de nombreux sites de zones humides, prairies, forêts alluviales, cours d’eau et annexes hydrauliques le long des vallées de la Saône et du Doubs.

Ce projet bénéficie d’une vision à l’échelle territoriale et d’une gouvernance solide, capable de mobiliser des financements variés (Agence de l’Eau, conseil départemental,  compensations SNCF-Réseau…), d’assurer le suivi écologique, hydrologique et foncier, et de coordonner les acteurs impliqués (collectivités, associations, services de l’État, usagers). Cela permet d’intégrer restauration écologique, gestion de l’eau et enjeux agricoles/sociaux dans un même projet cohérent.

Déroulé et Gouvernance

Le projet a été lancé après l’acquisition du site en août 2017. Dès l’acquisition, des inventaires naturalistes (végétation, faune, habitats) ont été menés – entre 2017 et 2018 pour les inventaires initiaux, puis des études plus approfondies (chiroptères, invertébrés, fonctions hydriques, suivi piézométrique, etc.) ont suivi en 2021–2022.

Un plan de gestion 2020–2026 encadre l’ensemble des actions de restauration et de gestion conservatoire.

La gouvernance s’appuie sur un comité de gestion du site (réunions annuelles) réunissant les parties prenantes – EPTB, collectivités, associations, services de l’État, financeurs.

Un travail de concertation et de partenariats a permis d’assurer un financement durable, de garantir un portage durable, et de définir les modalités techniques de restauration (remise en eau, limitation du drainage, gestion des prairies et boisements, entretien, suivi environnemental).

Résultats & Impacts / Bénéfices attendus ou observés

Grâce aux travaux, la zone a vu ses anciennes pratiques de drainage annulées : d’anciens drains ont été effacés, favorisant la rétention d’eau dans les sols – restauration d’un fonctionnement hydrologique plus naturel.

Des connexions naturelles entre la zone humide et la Saône ont été rétablies, ce qui favorise la dynamique hydraulique et la biodiversité associée.

Une partie de l’ancienne peupleraie a été reconvertie en prairies de fauche, recréant des milieux ouverts essentiels aux oiseaux de prairie menacés et à une flore spécifique.

À terme, les retombées attendues sont multiples : amélioration de la qualité et de la régulation de l’eau, recharge des nappes captives d’eau potable, atténuation des risques d’inondation, maintien/restauration de la biodiversité, création d’un réservoir écologique pérenne, valorisation paysagère, et éducation à la nature.

Ces actions renforcent également la résilience du territoire face aux aléas liés au changement climatique – en contribuant à la gestion des crues, à la disponibilité en eau et à la préservation des services écosystémiques.

Enseignements

Ce projet montre l’importance du portage territorial par une structure de bassin (EPTB) capable de fédérer des acteurs divers, de mobiliser des financements multiples, et de combiner restauration écologique, hydrologique et foncière dans une vision globale.La démarche – acquisition, inventaire, plan de gestion, travaux, suivi – constitue un modèle reproductible pour d’autres secteurs en cours de dégradation. La restauration des fonctions écologiques des zones humides ne relève pas uniquement d’un intérêt environnemental mais d’un intérêt collectif pour la gestion de l’eau, la prévention des crues, la préservation de la biodiversité et de la ressource en eau potable.

Pour en savoir plus
Atlas des Zones Inondables - SMAVD

Atlas Dynamique des Zones Inondables (ADZI) sur l’axe Durance : un référentiel partagé pour l’anticipation et la gestion de crise à l’échelle du bassin

Enjeux

L’ADZI vise à combler un écart opérationnel majeur entre la prévision des débits et la compréhension concrète des impacts sur les territoires. Avant le projet, les acteurs de la gestion de crise disposaient de données hydrologiques difficiles à traduire en conséquences spatialisées pour les communes, les infrastructures et les populations. L’objectif du SMAVD était donc de fournir un outil commun, partagé et directement mobilisable, afin d’améliorer l’anticipation des phénomènes d’inondation et la prise de décision en situation de crise, dans un contexte de forte exposition du bassin de la Durance aux crues rapides et potentiellement aggravées par le changement climatique.

Le projet s’inscrit pleinement dans les missions de l’EPTB de la Durance, en matière de prévention des inondations, de coordination des acteurs et de structuration d’une vision cohérente à l’échelle du bassin versant. Les Atlas Dynamiques constituent par ailleurs la donnée d’entrée du projet national Viginonde sur l’axe Durance, positionnant l’ADZI comme un socle technique partagé entre les démarches locales et nationales de prévision et de gestion du risque inondation.

 Le portage par le SMAVD a permis de dépasser une approche fragmentée ou communale du risque pour construire un outil homogène à l’échelle du bassin. En tant qu’EPTB, le SMAVD a garanti la cohérence technique des modèles, leur compatibilité avec les outils nationaux, ainsi que leur appropriation par l’ensemble des acteurs concernés. Cette position de structure neutre et intégratrice a facilité l’émergence d’un référentiel commun, reconnu aussi bien par les services de l’État que par les collectivités locales.

Déroulé et méthode

Le projet a été conçu à partir d’un diagnostic des pratiques et des besoins exprimés par les acteurs de la prévention et de la gestion du risque inondation. Le Service Hydraulique du SMAVD a ensuite réalisé l’ensemble des modélisations hydrauliques en interne, mobilisant le logiciel TELEMAC 2D sur plus de 140 km de linéaire de rivière. L’ADZI a vocation à être utilisé par un large panel d’acteurs impliqués dans la gestion de crise, notamment les préfectures, les services départementaux d’incendie et de secours, les gestionnaires routiers, les communes, les EPCI et autres partenaires institutionnels du bassin.

Résultats, impacts et bénéfices

Les Atlas Dynamiques des Zones Inondables constituent aujourd’hui une référence partagée pour la gestion des crues sur la Durance. En fournissant une lecture spatialisée et directement exploitable des prévisions de crue, l’outil améliore la préparation des acteurs, la coordination interservices et la réactivité en situation de crise. Son intégration au projet national Viginonde témoigne de sa robustesse et de sa reconnaissance à une échelle plus large. À moyen et long termes, l’ADZI contribue à renforcer la résilience du territoire face aux événements extrêmes, dont la fréquence et l’intensité sont appelées à évoluer sous l’effet du changement climatique.

Enseignements

L’expérience de l’ADZI montre l’intérêt de développer des outils opérationnels à l’échelle du bassin, conçus au plus près des besoins des utilisateurs finaux. Elle souligne également la valeur ajoutée d’une expertise technique internalisée au sein d’un EPTB, capable de produire, de faire évoluer et de partager des outils stratégiques au service de l’intérêt général.

Pour en savoir plus :

Gardons Alabri

L’EPTB Gardons, pilote du programme Gardons ALABRI

  • Lancement de la première opération en 2010 – 3ième cycle ALABRI pour le bassin versant
  • Nombre de diagnostics réalisé : 1715
  • Nombre de demandes de financement : 207
  • Nombre de demandes de versement des subventions : 153

Situation

L’EPTB Gardons intervient sur un territoire fortement exposé aux crues rapides et violentes, typiques des épisodes méditerranéens. Les inondations passées ont révélé l’exposition au risque du bâti résidentiel et économique, en particulier dans les communes les plus touchées.

  • Habitat très exposé aux crues rapides 
  • Forte répétition des événements et dommages récurrents.
  • Besoin d’un accompagnement technique pour les habitants et petites entreprises, notamment en lien avec les obligations du PPRI.

Enjeux

Pour répondre à ces vulnérabilités, l’EPTB Gardons a lancé ALABRI en 2010, une démarche innovante visant à réduire l’exposition du bâti grâce à un accompagnement personnalisé.

Le programme répond à plusieurs enjeux stratégiques pour le territoire :

  • Renforcer la prévention en complétant les outils réglementaires (PPRI) par des actions concrètes à l’échelle du bâti.
  • Coordonner les acteurs (communes, intercommunalités, services de l’État, Département, Région, artisans) autour d’une démarche unique et harmonisée.
  • Structurer une offre territoriale d’aide à la réduction de la vulnérabilité.

Accompagner financièrement les habitants et les entreprises pour l’obtention de subvention de la part de l’Etat, du Département et de collectivités (commune et intercommunalité en fonction des territoires).

Déroulé

Le pilotage du programme par l’EPTB Gardons repose sur une organisation claire et un accompagnement continu des communes et des habitants.

Le déroulé d’ALABRI se structure autour d’une gouvernance partenariale et de plusieurs étapes clés :

  • Animation territoriale : mobilisation des communes volontaires, réunions publiques, sensibilisation des habitants.
  • Diagnostic de vulnérabilité : visite du bâti par un expert, étude des points faibles, recommandations techniques.
  • Restitution personnalisée : rapport détaillé remis au propriétaire avec préconisations, priorisation et estimation budgétaire.
  • Accompagnement aux travaux : conseils dans la mise en œuvre, choix de solutions (batardeaux, rehaussements, protections, ventilation…).
  • Accompagnement pour l’obtention et le versement de subventions
  • Évolution constante : extension aux entreprises de moins de 20 salariés, adaptation aux retours terrain.

Résultats & impacts

Des actions qui concourent à la réduction de la vulnérabilité :

1. Mise en place de protections individuelles (batardeaux, clapets anti-retour) sur de nombreuses habitations – Gardons ALABRI

ALABRI a permis d’équiper 153 de logements exposés avec des dispositifs simples mais très efficaces pour empêcher l’eau d’entrer en cas de crue..

2. Création d’espaces refuges dans les maisons les plus vulnérables – Gardons ALABRI

Pour les habitations sujettes à des submersions importantes, des espaces refuges en étage ont été aménagés.

A noter le faible taux de conversion des diagnostics en travaux – point faible de la démarche ALABRI – un aspect plus contraignant de l’obligation de s’équiper permettrait de fortement augmenter le nombre de travaux réalisés et ainsi avoir un impact réel en matière de réduction du risque inondation lors des prochaines crues. Le diagnostic « inondation » obligatoire à la vente des biens serait déjà une première étape importante.

3. Travaux de réduction de vulnérabilité sur des bâtiments publics (écoles, mairies, foyers) – volet spécifiques

À Saint-Géniès-de-Malgoirès, Ners, Brignon, Alès; Comps; Cardet des équipements communaux et communautaires ont été protégés via des batardeaux, rehaussements, clapets ou aménagements internes.

4. Relocalisation de logements très exposés (opération Grabieux) – volet spécifique

Sur le bassin du Grabieux, l’EPTB Gardons a accompagné l’achat, la déconstruction et le relogement de 28 maisons en zone de très forte dangerosité.

Les principaux apports du programme Gardons ALABRI sont les suivants :

  • Près de 1 700 diagnostics réalisés depuis 2010.
  • 150 projets de travaux menés à bien, finançables et adaptés aux enjeux locaux.
  • Diminution réelle de la vulnérabilité des logements et petites entreprises.
  • Montée en compétence des habitants et des communes sur la connaissance du risque.
  • Cadre homogène à l’échelle du bassin, garantissant équité et cohérence.

Enseignements

Au fil des années, ALABRI a démontré l’importance d’un pilotage territorial fort pour réduire efficacement le risque d’inondation.

Plusieurs enseignements clés se dégagent :

  • L’ EPTB coordonne et standardise les démarches de réduction de vulnérabilité.
  • L’accompagnement personnalisé est indispensable pour dépasser les freins techniques et financiers.
  • Le programme crée une culture du risque au sein des communes et des habitants.
  • La démarche est réplicable et s’adapte mécaniquement aux nouveaux publics (entreprises, artisans, autres territoires).
  • Un programme pluriannuel permet de s’inscrire dans une logique d’amélioration continue et d’intégration des évolutions.
Pour en savoir plus :