L’EPTB Garonne Gascogne et affluents pyrénéens évalue financièrement les services rendus par les zones humides

L’EPTB Garonne Gascogne et affluents pyrénéens mène une étude pionnière (2025–2027) sur sept sites pilotes pour chiffrer la valeur économique des services écosystémiques des zones humides, dans le cadre du SAGE Vallée de la Garonne.

De nombreux services pour l’Homme ont été reconnues aux zones humides depuis plusieurs années.  Ces dernières, définies par le code de l’environnement comme des terrains gorgés d’eau abritant une végétation hygrophile, rendent des services essentiels : biodiversité, régulation hydrologique (recharge des nappes, atténuation des crues), stockage de carbone et épuration de l’eau. Cette étude va au-delà du sens règlementaire des zones humides et prend compte les milieux humides dans leur globalité. Elle vise à quantifier ces bénéfices pour en faire un levier d’action publique. Elle s’appuie sur la disposition IV.8 du SAGE Vallée de la Garonne, qui propose d’évaluer la valeur économique de ces services.

Chiffres clés

L’étude, financée à 70 % par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, couvre un site par département membre de l’EPTB (Ariège, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, Gironde).

Elle identifie 11 services de régulation, 8 services culturels et 3 biens écosystémiques, avec un focus sur la régulation climatique et les aménités paysagères.

Enjeux

Aujourd’hui, 25% des espèces de zones humides sont menacées d’extinction et 50 % des oiseaux en France dépendent de ces milieux (OIEau, FMA, OFB). Les milieux humides, en régression drastique (50 % disparus depuis 1900), sont menacés par le changement climatique et les activités humaines. Leur préservation est cruciale pour l’équilibre écologique, la gestion de l’eau et l’adaptation aux crises climatiques. Pourtant, leur valeur économique reste peu reconnue, ce qui complique leur intégration dans les politiques d’aménagement.

Déroulé

L’étude se déroule en 5 phases : sélection des sites et structuration des données disponibles, inventaire des services, entretiens avec les gestionnaires, analyse monétaire (en cours), et extrapolation des résultats à l’échelle de l’inter-SAGE.

Sept sites pilotes sont étudiés, chacun géré par un acteur local (ex. : Prairie de Pesquié en Ariège par l’ANA-CEN, Méandre de la Hierle en Haute-Garonne par Nature En Occitanie ou encore l’Île de Raymon en Gironde, gérée par la communauté des communes Convergence Garonne). Des enquêtes grand public sont actuellement diffusées pour évaluer les services culturels.

Perspectives

Les résultats, attendus fin 2027, fourniront aux élus des éléments économiques concrets pour mieux intégrer les enjeux liés aux zones humides dans les politiques publiques locales (PLU, contrats de rivière, aménagement du territoire, etc.). Leur diffusion auprès du grand public contribuera également à mieux faire connaître les services rendus par ces milieux, souvent méconnus mais essentiels au fonctionnement des territoires. À terme, l’étude vise à soutenir les actions de préservation et de restauration des zones humides, afin d’enrayer leur disparition progressive et de renforcer leur contribution à la résilience des territoires face au changement climatique.

Ce retour d’expérience a été relu et validé par l’établissement.

Sources

Consulter tous les retours d’expériences :