Actualisation de la Liste rouge des reptiles et amphibiens de France hexagonale

Près d'un amphibien sur cinq et un reptile sur quatre sont désormais menacés de disparition en France hexagonale sont désormais menacés de disparition en France hexagonale. La nouvelle Liste rouge publiée en 2026 confirme une dégradation préoccupante de leur situation et souligne le rôle majeur de l

Le Comité français de l’UICN et PatriNat (OFB, MNHN, CNRS, IRD), en collaboration avec la Société herpétologique de France (SHF), viennent de publier une nouvelle évaluation de la Liste rouge des reptiles et amphibiens de France hexagonale. Elle actualise les précédents états des lieux réalisés en 2008 et 2015.

La Liste rouge est un outil de référence qui permet d’évaluer, selon une méthode scientifique établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le risque de disparition des espèces à une échelle géographique donnée. Elle attribue des catégories allant de « Préoccupation mineure » à « En danger critique », en passant notamment par « Quasi menacée » et « Vulnérable ». L’évaluation croise les meilleures connaissances disponibles sur la répartition, les effectifs, leur évolution et les menaces. Elle permet de suivre la trajectoire de toutes les espèces d’un groupe dans le temps et d’identifier les priorités de conservation.

Les chiffres clés sur les amphibiens 

  • Sur les 37 espèces d’amphibiens, 7 d’entre elles sont menacées de disparition, ce qui représente 19% des espèces.
  • En incluant les espèces quasi menacées, plus d’un amphibien sur deux pourrait être menacé à terme.
  • Au-delà des catégories de menace, l’évolution générale des populations est préoccupante : 70% des espèces évaluées d’amphibiens voient leurs populations diminuer.
Liste rouge reptile amphibien corrigee

Par ailleurs, la situation ne montre aucune amélioration véritable depuis la précédente évaluation de 2015. Les progrès réalisés dans la connaissance des espèces, grâce aux inventaires naturalistes, aux suivis participatifs, aux Plans nationaux d’actions et aux programmes de suivi comme POPAmphibien, ont permis d’améliorer les connaissances pour avoir une meilleure compréhension du risque de disparition et l’évolution de la catégorie de menace de 12 taxons.

La nouveauté de cette liste rouge réévaluée est aussi de mieux distinguer ce qui relève d’une amélioration des connaissances et ce qui traduit une réelle dégradation.

Les causes du déclin

La dégradation et la perte des habitats sont liées à la gestion défavorable des écosystèmes ainsi que l’accentuation de la fréquence et de l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes liées au changement climatique (sécheresses, températures extrêmes…) sont parmi les principales menaces qui affectent le plus grand nombre de reptiles terrestres et d’amphibiens.

D’autres grandes menaces comme les aménagements urbains qui détruisent des espaces naturels favorables aux espèces, les collisions routières et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes sont à l’origine d’un risque élevé de disparition pour les amphibiens.

De façon générale, l’intensité des menaces est liée aux faibles capacités de déplacement, de dispersion et de reconquête des milieux de l’herpétofaune, rendant des espèces d’autant plus vulnérables à toute dégradation de leurs habitats, même localisée. A cela s’ajoute la double dépendance des amphibiens aux milieux aquatiques et terrestres : les menaces de ces deux milieux se cumulent et augmentent les risques lors des migrations inter-milieux (sensibilité aux écrasements, aux cloisonnements, aux infrastructures). 

En savoir plus