Les constats scientifiques dressés à l’échelle internationale par l’IPBES, plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, et à l’échelle nationale par l’observatoire national de la biodiversité, sont sans appel : la dégradation de la biodiversité s’accélère et provoque dès à présent des effets graves sur notre vie quotidienne.
Des changements sont aujourd’hui nécessaires pour inverser cette tendance et garantir le bon fonctionnement de nos territoires et leur habitabilité. La biodiversité joue en effet un rôle crucial dans l’amélioration du cadre de vie, la résilience des territoires face aux risques et au changement climatique, la gestion des ressources en eau, l’alimentation, la santé, etc. Sa prise en compte doit être pensée de manière transversale afin d’intégrer pleinement ses enjeux dans les politiques territoriales. Dans ce contexte, le Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) apparaît comme l’un des
cadres propices pour planifier et coordonner les actions en faveur de la reconquête de la biodiversité à l’échelle locale.
Depuis plusieurs décennies, des législations nationales et européennes prévoient l’intégration de la préservation et de la reconquête de la biodiversité dans la planification et l’urbanisme opérationnel.
Les premières directives européennes telles que la directive Habitats-Faune-Flore en 1992, ont incité les États membres à intégrer les enjeux de biodiversité dans leurs documents d’urbanisme. Puis les lois nationales telles que les lois Grenelle en 2009 et 2010, la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages (loi Biodiversité) en 2016, la loi Climat et Résilience en 2021, en passant par les récentes évolutions réglementaires ont favorisé une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les SCoT (ordonnances de modernisation des SCoT de la loi Élan).
Malgré cet édifice juridique, la mise en œuvre effective de mesures en faveur de la biodiversité reste un défi majeur.
Il est essentiel de mettre en lumière les actions exemplaires réalisées par certains territoires de SCoT afin de les amplifier. Sans fournir une recette unique qui serait inadéquate compte tenu de l’indispensable spécificité des territoires, cette publication, cofinancée par l’Office Français de la Biodiversité (OFB), a l’ambition de partager des retours d’expériences qui contribuent à la richesse et à l’attractivité de nos territoires et de notre pays. En embrassant des enjeux variés tels que le cadre de vie, la santé, l’alimentation et la gestion de l’eau, la biodiversité offre une solution essentielle pour s’adapter au changement climatique, s’inscrivant dans une stratégie écologique territoriale plus vaste.
Dans le cadre de la convention de Ramsar, la France, partie contractante depuis 1986, a élaboré sa deuxième stratégie nationale de communication, d’éducation, de sensibilisation et de participation (CESP) pour les zones humides, qui a pour vision : « En 2030, les Français connaissent la valeur des zones humides et les territoires agissent pour les préserver et les restaurer ».
La stratégie CESP 2030 comporte :
• un cadre national d’accompagnement des acteurs sectoriels et territoriaux et d’évaluation de la stratégie ;
• une nouvelle gouvernance nationale en lien avec les acteurs régionaux et de bassins ;
• 18 objectifs à atteindre pour différents publics cibles ;
• une démarche de mise en œuvre.
Les dernières évolutions institutionnelles et territoriales ont grandement influencé le cadre de l’élaboration de la stratégie CESP. Cette dernière vise à renforcer les collaborations entre les services de l’État et ses établissements publics ainsi qu’avec les collectivités et leurs groupements, mais également avec les différentes parties prenantes, pour agir dans les territoires.
L’apport de l’ingénierie territoriale et les vingt ans d’expérience de la France en matière d’animation de réseaux et de partage des bonnes pratiques en milieux humides permettront d’éviter les écueils dans sa mise en œuvre opérationnelle et de mettre en lumière les acteurs mobilisés pour la préservation et la restauration des milieux humides dans les territoires”.
Cette version 2 de la méthode nationale d’évaluation des fonctions des zones humides permet de vérifier si l’essentiel des principes de la compensation des fonctions et des habitats en zone humide sont respectés. Rapide à mettre en œuvre sur le terrain, elle s’adresse à un public technique (maîtres d’ouvrages, services de l’État, collectivités locales…) en charge de la réalisation, de l’instruction ou de la rédaction d’avis techniques de dossiers « loi sur l’eau » portant sur les zones humides. Le guide permet d’utiliser la méthode pas à pas, et l’application se fait via un tableur et éventuellement une extension QGIS fournis librement.
Auteurs : Patrinat Biotope, Cerema, Office français de la biodiversité (OFB), Centre alpin de recherche sur les réseaux trophiques et les écosystèmes limniques (UMR Carrtel Inrae-USMB), Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), La Tour du Valat, École polytechnique de l’Université François Rabelais et UMR CNRS 7324 – équipe Ipape
Depuis 2013, l’Observatoire national de la biodiversité (ONB) met à disposition de tous des informations fiables et régulièrement actualisées sur l’état et la dynamique de la biodiversité en France, les pressions auxquelles elle est confrontée et les réponses que la société y apporte. Quels constats peut-on dresser en 2023 à partir des indicateurs publiés par l’ONB ? Comment la biodiversité et les menaces qui pèsent sur elle ont-elles évolué ces dix dernières années sur le territoire ?
À l’occasion des dix ans de la mise en ligne des premiers indicateurs, l’Observatoire national de la biodiversité (ONB)retrace les grandes tendances de la biodiversité au niveau national sur la dernière décennie. Cette publication est accompagnée d’un poster présentant quelques chiffres sur l’état de la biodiversité en France.
En continuité des ouvrages précédents*, ce volume 4 rassemble 25 retours inédits d’expériences de gestion dans les milieux aquatiques et terrestres, dont 8 en outre-mer, portant à 111 le nombre de REX publiés avec l’aide de plus de 150 contributeurs et portant sur la gestion de 49 espèces exotiques envahissantes.
*Publiés en 2015, les deux premiers volumes présentaient un état des lieux des connaissances sur les espèces exotiques envahissantes et leur gestion (Vol. 1) ainsi qu’un premier ensemble de retours d’expériences de gestion conduites en France métropolitaine et en Europe (Vol. 2), accompagnés de fiches descriptives des espèces. En 2018, un recueil supplémentaire de retours d’expériences de gestion était publié (Vol. 3).
La restauration de la continuité écologique du fleuve Sélune se traduit par un aménagement actif correspondant à l’arasement de deux grands barrages hydroélectriques (hauteurs de 36 m et 16 m) sans précédent en Europe. Le programme scientifique comprend une analyse de la recolonisation spontanée de l’ancien lac de Vezin (une longueur de 19 km pour une superficie de 160 ha). Des baisses de niveaux successives ont dénoyé progressivement les plages de sédiments de la néo-vallée (2015-2018). Un creusement du lit mineur, un stockage des sédiments par reprofilage localisé des berges (travaux de génie civil) ont permis la prévention du risque érosif (emportement potentiel de 700 000 m3 de sédiments mobilisables). Ces vases exondées, que l’on veut bloquer dans la néo-vallée, constituent des milieux pionniers ouverts à la recolonisation végétale. Les deux années de suivi (2017-2018) visent à observer le patron spatial et la trajectoire des communautés végétales spontanées des points de vue structurel, écologique et taxonomique. Les communautés végétales spontanées des néo-rives du cours principal de la Sélune dans l’ancien lac de barrage (19 km × 2 berges, Ordre de Strahler [OD] de 5) sont différentes de celles des cinq principaux ruisseaux affluents de la néo-vallée (de quelques centaines de mètres chacun au sein de la nouvelle vallée, OD de 1 à 3). Ces petits ruisseaux contribuent au recrutement d’une flore riparienne spontanée différent de celui des 38 km de rives du cours principal de la Sélune. Ces résultats de génie écologique renforcent la possibilité d’une restauration écologique passive des berges de la néo-vallée, avec l’assurance de l’obtention d’une mosaïque d’habitats ripariens.
MOTS CLES : Écologie de la restauration, écologie des communautés végétales, mosaïque d’habitats ripariens, génie écologique
Le projet d’effacement de barrages mené sur le fleuve Sélune en Normandie est exceptionnel par l’importance des ouvrages démantelés, l’ambition du programme scientifique engagé pour quinze ans, et les controverses qu’il a suscité. En s’appuyant sur cette expérience sans précédent, cet ouvrage contribue à diffuser la connaissance sur l’effacement des barrages, les réponses des cours d’eau et de la biodiversité, et les conditions de réussite de ces opérations qui transforment profondément les territoires.
Les protocoles Charli (Caractérisation des habitats des rives et du littoral) et Alber (Altération des berges) proposent une méthode normalisée de caractérisation des habitats littoraux et des modifications d’origine anthropique des berges, prenant en compte leur nature, leur diversité et leur répartition spatiale.
Contexte
La structure et les dynamiques hydromorphologiques des milieux aquatiques sont des éléments essentiels, qui conditionnent les habitats disponibles pour les communautés biologiques, et sont susceptibles d’être altérées par l’action de l’homme. Ces caractéristiques hydromorphologiques représentent, par ailleurs, l’un des éléments de qualité nécessaire à la définition de l’état écologique des masses d’eau lacustres, dans le contexte de mise en oeuvre de la directive cadre sur l’eau (DCE).
Méthode
Il s’agit de cartographier de façon relativement fine (précision métrique) les éléments naturels ou anthropiques liés à l’hydromorphologie sur le pourtour d’un plan d’eau, en procédant à l’acquisition d’informations géoréférencées, issues d’observations effectuées sur le terrain, et s’appuyant sur l’utilisation d’images aériennes orthorectifiées et de référentiels hydrographiques.
Elle se décline en 3 étapes principales :
la préparation de supports cartographiques de saisie,
la prospection in situ du plan d’eau et la retranscription des observations sur les supports,
la saisie et la bancarisation des informations recueillies sous un format numérique géoréférencé.
Les 2 protocoles(Charli et Alber) étant entièrement compatibles et complémentaires, il est recommandé de les appliquer de façon conjointe et simultanée sur un même site, en effectuant les différentes observations de terrain en parallèle. Cela permet d’apprécier l’hydromorphologie des zones rivulaires et littorales dans sa globalité. Il est néanmoins possible, selon le temps imparti et les objectifs, d’appliquer les 2 protocoles de façon indépendante ou de n’en appliquer qu’un seul.
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